Maine-et-Loire. Manifestations : « Soutenons nos commerces, maintenant ! »
Christophe Béchu, Maire d’Angers, Roch Brancour, Adjoint au Commerce, Matthieu Billiard Président de la CCI 49, Dominique Gazeau Vice-président commerce, Nadège Dekenuydt, Présidente CMA 49, Céline Viale, Présidente UMIH 49, Loic Corbel, Président GHR 49 et Laurice Collin, Présidente Vitrines d’Angers co-signent une tribune dans laquelle ils alertent sur l’impact des manifestations - et dégradations survenues en marge de celles-ci - en ce mois d’octobre sur l’activité économique des commerçants de centre-ville.

« Nos commerces de proximité font vivre nos rues, nos quartiers, nos centres-villes. Ce sont eux qui nous connaissent par notre prénom, qui animent nos places, qui créent du lien et de l’emploi local. Aujourd’hui, beaucoup d’entre eux tournent en mode dégradé. Ils ne pourront pas tenir longtemps. Les manifestations ont beaucoup de motifs compréhensibles. La vie chère impacte tout le monde. Les commerçants et restaurateurs sont les premières victimes. Ils subissent une augmentation continue de leurs charges depuis le covid, une mutation profonde des habitudes de consommation (seconde main, plateformes internet). Le pouvoir d’achat étant également en souffrance il y a moins de consommation… Nos commerçants et restaurateurs connaissent pour la plupart non pas une stagnation, mais une baisse très significative de leurs revenus. Malgré de nombreuses heures de travail et des prises de risques importantes, ils ont pour la plupart du mal à se rémunérer à la hauteur du SMIC, mais ils chérissent la liberté d’entreprendre et aiment contribuer au lien social. Nous observons le nombre de fermetures de commerces et de restaurants ; le plus important depuis plus de 20 ans. Si les manifestations se déroulaient un dimanche, sans doute viendraient-ils garnir le nombre de manifestants. La très grande majorité manifeste paisiblement, mais une minorité de casseurs provoque un climat de crainte dans les centres-villes. Et ceux qui en subissent les conséquences, ce sont les indépendants, les artisans, les salariés qui sont déjà en difficulté.
L’impact économique est particulièrement marqué lors des manifestations des 17 et 24 octobre : 83%* se déclarent fortement impactés et 15% moyennement impactés ; 68 % déclarent une baisse de chiffre d’affaires supérieure à 50 %, et 22 % une baisse comprise entre 30 % et 50 %. Il s’agit d’un effondrement de l’activité commerciale. 29 % ont été dans l’obligation de fermer leur point de vente et 53 % ont dû réduire leurs horaires d’ouverture. En moyenne pour la vingtaine de commerçants touchés, c’est un montant par commerçant de 11 000 € de dégâts.
Ce qu’il faut maintenant, c’est de la solidarité concrète :
- Si des manifestations doivent se renouveler, elles doivent être déclarées avec un parcours respectueux – et respecté – des activités du centre-ville.
- Permettre aux commerces de fonctionner normalement, sans fermer à chaque cortège.
- Protéger les rues commerçantes.
- Continuer d'accompagner rapidement ceux qui ont subi des dégâts.
- Et nous, clients, revenir pousser leur porte...très vite en favorisant d’abord le centre-ville d’Angers.
Si cette situation perdure, ce n’est pas une vitrine qu’on perdra, c’est le commerce de proximité tout entier. Et avec lui, la vie de nos centres-villes. Le moment est critique. Pour beaucoup d’entre eux, 40 % du chiffre d’affaires annuel se joue pendant les fêtes de Noël. Des samedis perdus maintenant, c’est une année entière mise en danger, c'est une vie de commerçants, et celles de leurs équipes, fortement compromise. »
*(Source : enquête CCI de Maine-et-Loire réalisée les 27 et 28 octobre – 130 commerces, cafés, restaurants répondants du centre-ville d’Angers)




