Angers. Une manifestation de 5 000 personnes marquée par des tensions et au moins 20 interpellations
Après les violences et dégradations survenues lors des rassemblements des 17 et 24 octobre, la préfecture de Maine-et-Loire avait pris de nouvelles mesures de sécurité pour encadrer la journée du samedi 31 octobre à Angers. Malgré l'interdiction des rassemblements dans une partie du centre-ville, une manifestation réunissant environ 5 000 personnes s'est déroulée dans l'après-midi. Si la majorité des participants a manifesté pacifiquement, des affrontements entre plusieurs centaines d'individus et les forces de l'ordre ont ponctué la journée.

La préfecture de Maine-et-Loire avait anticipé les risques de nouveaux débordements. Dans un arrêté publié le vendredi 30 octobre, le préfet François Pesneau avait ainsi interdit les rassemblements, cortèges, défilés et attroupements dans une partie du centre-ville d'Angers, du samedi 31 octobre au dimanche 1er novembre à 7 heures. Cette décision faisait suite aux événements des 17 et 24 octobre, marqués par de graves violences et dégradations. Des groupes de casseurs avaient notamment pénétré dans plusieurs bâtiments publics, dont la mairie, la préfecture et la gare. Des commerces et des agences avaient également été dégradés. Les affrontements du 17 octobre avaient par ailleurs occasionné 21 blessés parmi les forces de l'ordre. De nouveaux appels à manifester circulant sur les réseaux sociaux pour le 31 octobre, sans déclaration préalable auprès de la préfecture, avaient conduit les services de l'État à renforcer les mesures de prévention. Outre l'interdiction des rassemblements dans le périmètre concerné, le port et le transport d'armes ou d'objets pouvant être utilisés comme tels, d'articles pyrotechniques, de produits inflammables ou corrosifs, ainsi que d'équipements destinés à faire obstacle aux moyens des forces de l'ordre étaient interdits sur l'ensemble de la ville. Le port de sacs à dos était également prohibé dans certains secteurs, tout comme les déguisements dissimulant le visage.
5 000 manifestants, dont une majorité pacifique
Malgré ce dispositif, une manifestation a réuni environ 5 000 personnes à partir de 14 heures, sous la forme d'une déambulation autour de l'hyper-centre angevin. Selon la préfecture, l'immense majorité des participants a exprimé ses revendications de manière visible et pacifique. La journée a toutefois été marquée par plusieurs épisodes de tension. Plusieurs centaines de personnes vêtues de noir ont tenté, pendant plusieurs heures, de contourner le dispositif de sécurité mis en place pour protéger le centre-ville, les commerces et leurs clients. Ces individus sont régulièrement venus au contact des policiers et des gendarmes, les prenant pour cible avec des projectiles et, dans certains cas, des tirs de mortiers d'artifices. Ces attaques ont conduit les forces de l'ordre à répliquer à plusieurs reprises. Les services de secours ont notamment pris en charge deux mineurs de plus de 15 ans, qui ont indiqué avoir été blessés par des projections provenant d'un moyen de défense utilisé par les forces de l'ordre et ayant explosé au sol. L'un présentait une plaie à un doigt et a été transporté à la clinique de l'Anjou. Le second, blessé au genou, a été conduit au centre hospitalier universitaire d'Angers. Tous deux ont été pris en charge en urgence relative.
Des tensions jusqu'en début de soirée
Les tensions se sont poursuivies aux abords immédiats du centre-ville jusqu'en début de soirée. Des individus au comportement violent, qualifiés de casseurs par la préfecture, ont finalement été dispersés par les forces de l'ordre, qui ont maintenu leur présence afin de sécuriser la soirée, traditionnellement festive à cette période. Au moins 20 personnes avaient été interpellées au moment de la publication du bilan préfectoral. Présent au poste de commandement dès le début de la manifestation, le préfet François Pesneau a salué la coordination et la mobilisation des différents services engagés : policiers nationaux, policiers municipaux, gendarmes départementaux et gendarmes mobiles venus en renfort.
A Saumur, une centaine de personnes se sont rassemblées dans le calme pour faire entendre leurs revendications. Une mobilisation qui se maintien au fil des semaines, malgré une baisse progressive de la participation.




