Saumur. La responsable de la maison de retraite de Saumur, qui traitait ses résidents de « beaufs », conteste sa mise à l’écart

La cour administrative d'appel de Nantes s'est repenchée ce lundi 13 juin 2022 sur la légalité de la suspension conservatoire qui avait été prononcée en 2017 à l'encontre de l'ancienne responsable du foyer-logement "Clair Soleil" et de l'Etablissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) de La Sagesse, à Saumur, accusée de "manquer de respect" à l'égard des familles de résidents et du personnel.
Résidence Clair Soleil de Saumur

Pour rappel, la mesure avait en fait été prise le 5 septembre 2017 pour remédier à « l’attitude et aux propos inappropriés » de la directrice à l’égard des agents de la maison de retraite, de ses partenaires et des familles de résidents. Le président du Centre communal d’action sociale (CCAS) de Saumur, en l’occurrence le maire de Saumur, avait ainsi voulu « apaiser les tensions perceptibles » et « protéger le service et la requérante », avait-il été dit en première instance au tribunal administratif de Nantes. La juridiction avait alors estimé que la suspension dont avait fait l’objet la fonctionnaire était bel et bien légale : la requérante avait d’ailleurs été licenciée à l’issue de l’enquête disciplinaire.

Elle coupait court aux conversations « sans préavis »

La directrice a donc fait appel de la décision : elle estime pour sa part avoir été victime de « harcèlement moral » au sein de la structure et réclame donc la condamnation du Centre communal d’action sociale (CCAS) de Saumur à lui verser 10.000 € en réparation de son préjudice moral. A l’époque, cet « agent non-titulaire » avait en fait fait l’objet de « nombreuses plaintes lors de l’été » de la part de familles, d’usagers, mais aussi du personnel : elle traitait les usagers de l’EHPAD de « beaufs », a ainsi rappelé l’avocat du CCAS de Saumur lors de l’audience devant la cour administrative d’appel de Nantes, ce lundi 13 juin 2022. Les « dysfonctionnements graves » – notamment dans ses « rapports avec les résidents, le personnel et les tiers » et dans « son management » – avaient en effet été invoqués par le CCAS pour justifier cette mesure à caractère temporaire. Les familles avaient ainsi relaté « un manque de courtoisie voire un manque de respect » de la part de l’ancienne responsable : elle était notamment « coutumière du fait de mettre un terme aux conversations sans préavis », a rappelé la magistrate chargée d’émettre des préconisations aux juges administratifs.

Elle avait fait « diminuer l’absentéisme »

Compte tenu des « tensions » et de son « comportement irrespectueux », la « faute grave est caractérisée », d’autant que la procédure résulte d’un « continuum » et n’est pas « intervenue le lendemain d’une crise », a justifié la magistrate. C’est donc « sans erreur de droit, de fait et d’appréciation que le président du CCAS a décidé de la suspendre », en a-t-elle conclu.
L’avocate de la requérante, Me Sandra Jagueux (SELARL CADRAJURIS), a pour sa part fait valoir que « le seul but du CCAS était d’entrer en voie disciplinaire » avec cette suspension pour « faute grave » qui « ne précise en rien en quoi la poursuite de son service serait incompatible avec les impératifs du service ». D’ailleurs, « depuis qu’elle est en fonction, on a observé une diminution de l’absentéisme, ce qui ne peut que démontrer l’amélioration des conditions de travail » du personnel. « S’il y a des divergences pointées du doigt avec certains agents, ce n’est pas une faute grave », a ainsi conclu l’avocate nantaise.

La cour administrative d’appel de Nantes, qui a mis sa décision en délibéré, rendra son arrêt dans un mois environ

Commentaires 28

  1. Chichery says:

    Première observation : les arrêts de la justice administrative ont été anonymisés depuis des années. Citer le nom de cette personne est en retrait par rapport à ce principe. Deuxième observation : les problèmes de direction sont récurrents à la Sagesse depuis des dizaines d’années. La municipalité ne semble pas prendre le problème à sa juste mesure.

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  2. REGARD says:

    Qui a recruté la directrice ? Comment une non titulaire peut-elle commander des titulaires ? Cherchez l’erreur…

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  3. Don Quichotte says:

    le nouveau monde commande l’ancien monde .

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  4. C'est JUSTE says:

    C’est très bien de divulguer le nom des coupables, si cela était fait a chaque individu condamné il y aurait une HONTE qui s’installerai et en ferait réfléchir certains…..

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    • Exactement says:

      De plus, en divulguant le nom des coupables, cela évite aux employeurs de recruter la même personne pour le même poste dans une autre ville.

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  5. Bertrand49 says:

    « Clair-Soleil » ce n’est pas ce foyer ou les résidents n’avaient qu’une douche toutes les 3 semaines ????

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  6. AZEROT-BEGAUD SANDRINE says:

    Cette épreuve fut difficile pour moi, je suis issue d’un milieu défavorisé, j’ai travaillé dur pour apprendre ce métier.En dépit de ma loyauté et mon implication, je me suis retrouvée du jour au lendemain sans emploi pour des faits que j’ai toujours contestés. Je n’ai jamais traité un usager de « beaufs ». 2/3

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  7. AZEROT-BEGAUD SANDRINE says:

    En dépit de ma loyauté et mon implication, je me suis retrouvée du jour au lendemain sans emploi pour des faits que j’ai toujours contestés. Je n’ai jamais traité un usager de « beaufs ». Même si ma voix ne compte pas face à une collectivité, je continuerai à croire en la justice de mon pays. C’était mon 1er poste, j’étais jeune et naïve. Je tire des leçons de cette expérience.

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    • AZEROT-BEGAUD SANDRINE says:

      Avec beaucoup d’efforts, j’ai pu rebondir et poursuivre mes fonctions auprès de personnes compétentes, qualifiées et bienveillantes. Aussi, vous devez savoir que les problèmes de direction dans les établissements cités dans votre article sont fréquents. Sachez que ma conscience est tranquille, je n’ai rien à me reprocher. Je reste debout

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    • AZEROT-BEGAUD SANDRINE says:

      Je continue d’exercer mes missions auprès de collaborateurs compétentes, qualifiés et bienveillantes. Je suis encore debout et je n’ai rien à me reprocher, je suis sereine et je n’ai pas eu à mentir pour me débarrasser de quelqu’un. Merci

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      • @AZEROT-BEGAUD SANDRINE says:

        La jeunesse et vos conditions de vie défavorisées n’excusent en rien des comportements inappropriés comme le témoignent de nombreuses personnes. Maintenant, la justice saura faire la part des choses et c’est à elle seulement que revient la décision.

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        • Sandrine Azerot BEGAUD says:

          Vous parlez du témoignage de « nombreuses personnes », alors qu’il il n’en n’est rien. Je suis une femme noire, je me suis battue pour exercer un métier qui m’a toujours fait écho. Je n’aurais jamais pris le risque de tout perdre en me comportant de la sorte. J’ai subi beaucoup d’injustices sur ce poste. Je n’ai jamais menti à la justice. Je reste debout car ma conscience est libre

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          • Et alors? says:

            Je ne vois pas très bien l’intérêt de préciser que vous êtes une femme noire. On ne juge pas une personne sur la couleur de sa peau mais sur des faits. Ne dérivez pas le sujet.

          • Justement says:

            Réponse à et alors?: justement elle n’a pas été jugée sur des faits réels mais sur des faits fabriqués par un groupe de salariés racistes frustrés d’avoir une femme noire comme directrice et dont sest visiblement servi le ccas pour se débarrasser d’elle.Je travaille dans ehpad je sais de quoi je parle. Je suis choqué par cet article. Ce n’est pas la verite.

  8. lebrun heloise says:

    J’ai travaillé à la sagesse et mes collègues et moi étons consternés par son départ précipité. on a jamais rien compris. Je suis encore plus surprise en lisant cette article. je ne sais pas qui a été témoigné mais Madame azerot n’est pas comme ça. Elle était très humaine, humble et avait de très bonnes relations avec l’équipe et les familles.

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    • heloise lebrun says:

      C’est vrai qu’un petit noyau de salariés la provoquait mais je pense qu’elles étaient jalouses et incompétentes. d’ailleurs je ne suis pas restée longtemps après son départ. ça fait peur de voir ce que les gens sont capables de faire pour casser une bonn personne

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  9. A ce moment-là !!!!? says:

    Madame Azerot peut…. dans ce cas ….. déposé plainte pour diffamation et s’appuyer sur le(s) témoignage (s) des personnes citées a l’intérieur de ces commentaires , si il est reconnu que Me Azerot a agit dans le cadre de ses fonctions….elle en sortira avec les honneurs.

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  10. DAMDAM49 says:

    quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage. cette histoire est montée de toutes pièces, c’est trop gros. J’ai fait des vacations à plusieurs reprises dans cet EHPAD et je ne l’ai jamais vu ni entendu avoir un comportement inadapté. Elle est à l’opposé de tout ça. Je travaille dans plusieurs établissements et je confirme que c’est une directrice très humaine, juste et brillante.

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    • DAMDAM49 says:

      Il n’y a plus de justice dans ce pays. je vous souhaite bon courage madame Azerot. on a besoin de responsable comme vous surtout en cette période Damien l’intérimaire

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  11. Christelle says:

    On a toujours eu des familles insatisfaites comme partout ailleurs qui l l’ont peut-être attaqué alors que le problème vient du contexte difficile des ehpad qui sest encore dégénéré mais aussi de la négligence d’autres salariés ce qui ne peut pas lui être imputable.

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  12. @Justement says:

    Nous y voilà!… Les juges savent faire la part des choses et ils le feront sans aucun doute. .

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  13. @@ Justement says:

    Les juges savent faire la part des choses !!!!!! Laissez moi rire JAUNE…. ne me parler pas de justice dans ce pays !!!! Il n’y en a pas … et c’est de pire en pire !! Les victimes sont devenues les COUPABLES et je sais de quoi de qui je parle. FRANCE = JUSTICE DE M…DE

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  14. Juriste says:

    Une suspension n’est pas une sanction, c’est une mesure a titre conservatoire. Un fait ou un élément peut être vraisemblable (sans pour autant être vrai). Il est donc normal que le juge maintient la suspension puisque le ccas semble avoir fourni une histoire qui paraît croyable (sans pour autant qu’elle soit vraie). Hélas, les mesures de suspension sont très peu encadrées par la loi et l’on constate beaucoup d’abus de pouvoir de la part d’employeurs.

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  15. Juriste says:

    Il est difficilement concevable qu’une personne noire, partie de rien qui accède à un poste à forte responsabilité, adopte un comportement malveillant et perturbant (à ce point!) le fonctionnement des établissements dont elle avait la responsabilité alors même qu’une diminution de l’absentéisme aurait été observée.J’avoue que cette histoire est un peu tirée par les cheveux. J’espère que les Juges feront preuve d’impartialité et seront équitables

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  16. Julie C. says:

    J’ai travaillé à la sagesse en 2015 et le directeur qui était en poste à l’époque était aussi harcelé par le CCAS et certains salariés. Nous avons appeler le SAMU car il avait fait des malaises cardiaques au boulot. il y a beaucoup de négligences dans cet maison de retraite, copinage aussi. quelqu’un qui travaille bien, ne peut pas rester là bas. Au moins cette dame est courageuse de s’être défendue, j’espère qu’elle n’a pas fini sur un brancard comme son prédécesseur

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