Qui se souvient des artistes peintres ? Plus que tout autre, ils sont gens à s’effacer derrière leurs œuvres et il devient alors difficile de parler d’eux. Un facteur complique le travail du biographe : la diffusion des œuvres à l’échelon international. Autrefois, il suffisait de visiter les musées des grandes capitales européennes et le tour était joué. Aujourd’hui, le monde entier est devenu une galerie d’art et les œuvres sont éparpillées dans le vaste monde, à l’exemple de celles de Zdenek Grunt.
Zdenek voit le jour le 5 août 1919, à Kölin, à l’Est de Prague, au lendemain de la première guerre mondiale, quelques mois avant l’effondrement de l’empire Austro-Hongrois. Quand la deuxième guerre mondiale éclate, il a 23 ans, il est arrêté comme résistant et déporté au camp de concentration de Mauthausen où il contractera la tuberculose.
A la Libération, il entre à l’Ecole d’Arts Appliqués de Prague. En 1948, menacé d’arrestation par le régime communiste qui sévit en Tchécoslovaquie, il participe avec des compatriotes au détournement d’un avion pour fuir le pays. C’est la première tentative jamais tentée de dérouter un avion de ligne ! Trois ans plus tard, on le retrouve en France. Il épouse Jacqueline Coutard, fille du sculpteur Marcel Coutard, à Saumur, le 19 juillet 1952. Le couple s’installe à Paris, quartier Pigalle, où se retrouvent entre autres les artistes émigrés des pays de l’Est.
Zdenek Grunt décide alors de vivre de sa peinture. Il se lance avec succès dans la technique néo-impressionniste en s’inspirant du mouvement artistique généré par Nicolas de Staël. Il crée son propre studio de création graphique à Boulogne-sur-Seine. Il participe à la campagne publicitaire du paquebot France.
En 1965, il prend le chemin de l’Amérique. A New-York, il s’installe dans l’ancien atelier de Marcel Duchamp à Greenwich Village. Très vite, il participe à de nombreuses expositions. Il acquiert la nationalité américaine en 1971.
Il revient souvent passer ses vacances en France chez ses beaux-parents. Il peint des paysages inspirés de la nature de la Normandie, de la Bretagne, de la Corse, des courses hippiques de Deauville… A cette période de sa vie, Zdenek décroche facilement des contrats : à la Emile Walter Galleries de Vancouver au Canada, à La Guidhall Art Gallery de Londres, etc. A la Wally Findlay International Gallery de New-York on lui conseille de signer « Grant » plutôt que Grunt.
En 1975, le couple Grunt part à l’assaut de Los Angeles et débarque à Hollywood dans Vineyard Street, mais il semble que Jacqueline ne goûte guère la vie californienne. Elle rentre en France l’année suivante. Malgré les commandes, les expos et les travaux pour les agences publicitaires, la situation financière de l’artiste n’est guère brillante et sa santé se dégrade. Jacqueline s’installe définitivement à la Maumenière à Montsoreau. C’est là que son mari la rejoint en 1984. De sa dernière période, il laisse derrière lui nombre de petits chefs-d’œuvre qui nous montrent les châteaux d’Azay-le-Rideau, de Montreuil-Bellay, le moulin de Val Hulin, le prieuré de Saint-Georges-des-Sept-Voies.
Zdenek Grunt s’éteint à Montsoreau le 15 février 1987.
Bibliographie :
– MENAULT-MIRANDE Véronique, Zdenek Grunt, 1919-1987, Gal’Art Edition, Angers, 2002
– MASSON Fabrice, Dictionnaire des peintres et des sculpteurs de l’Anjou, Geste éditions, La Crèche, 2014
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