Ils, elles sont passé(e)s par Saumur. Chronique de Gino Blandin : Aubin Bonnemère « Le héros de la Bastille » (1753- ? )

Cette rubrique bi-mensuelle du dimanche, orchestrée par Gino Blandin, auteur saumurois et président de la Société des Lettres de Saumur, se propose de brosser le portrait des personnalités qui, au fil du temps, sont venues à Saumur au cours de leur existence. Aujourd’hui, Aubin Bonnemère, dont il reste aujourd'hui encore une rue à Saumur. Mais qui est-il ?
Aubin Bonnemère est récompensé d’une couronne civique par mademoiselle de Monsigny et d’un sabre par le général La Fayette devant le maire Bailly, le 5 février 1790 Illustration de Markl - 1884

Aubin Bonnemère naît à Saumur le 19 janvier 1753. Il est le fils de Simon Bonnemère, marinier de profession, et d’Anne Aurois. On connaît même le nom de son parrain, Aubin Fièvre, dont il hérita du prénom, et de sa marraine Catherine Vulliot. On ne sait pas grand-chose de son parcours. D’après Paul Ratouis, il commença par une carrière militaire au service du roi dans un régiment d’infanterie le royal Comtois. Comment se retrouve-t-il mêlé à l’insurrection du 14 juillet 1789 ? Nous l’ignorons, mais apparemment il est à la tête d’un groupe d’une quarantaine d’hommes quand éclate la prise de la Bastille. Cette forteresse en plein Paris était devenue une prison, considérée comme le symbole du despotisme monarchique. Toujours d’après notre historien, à 10 heures du matin, lui et son équipe coupèrent les chaînes du pont levis permettant d’entrer à l’intérieur de la forteresse. Au cours de l’insurrection, il sauva une jeune femme, mademoiselle de Monsigny, les assaillants l’avaient prise pour mademoiselle de Launay, la fille du gouverneur. Ce dernier était haï par les prisonniers car il n’hésitait pas à durcir leurs conditions de détention à son profit. Par exemple, contre rétribution, il avait loué les jardins de la Bastille à un jardinier qui les exploitait et vendait les légumes et les fruits, alors que les détenus auraient dû en bénéficier. Aubin Bonnemère se distingua à nouveau et de la même façon en sortant d’affaire monsieur Thuriot de la Rozière, président du district de la Culture Sainte-Catherine dans le Marais. Ce monsieur était venu négocier la reddition de la Bastille auprès du gouverneur, les assaillants l’ayant pris pour Launay. Bonnemère le protégea de son corps, paraît-il.

Le 4 février 1790, à l’Hôtel de ville de Paris, mademoiselle de Monsigny lui remit la « couronne civique » pour lui avoir sauvé la vie. Il reçut ce même jour des mains du général La Fayette le « sabre d’honneur » en présence du maire Jean Sylvain Bailly. La même année, l’assemblée des représentants de la commune de Paris offrit à notre homme une pierre de la Bastille. Il en fit cadeau à son tour à la ville de Saumur. Ce fut Jean-Etienne Cigongne, député à l’Assemblée Nationale, qui la réceptionna. Sur cette pierre, on grava les armes de la ville de Paris et de la ville de Saumur. On ne sait rien de la fin d’Aubin Bonnemère. La pierre a été scellée sur la façade de la mairie en 1880 sous la mandature de James Combier. On a donné à la rue de la Mairie le nom de rue Bonnemère en 1894.

Bibliographie :
– RATOUIS Paul, Une pierre de la Bastille et le volontaire saumurois, in L’Echo Saumurois, n° 71, Saumur, 1866
– ROLLE Commandant, Un Saumurois : Aubin Bonnemère, in bulletin de la Société des Lettres, Sciences et Arts du Saumurois, n° 33, Saumur, 1923

 

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