Trump n’est pas sûr d’aller au paradis. Il le sait, tant son parcours de vie ne représente pas un gage acceptable pour amadouer Saint-Pierre. Alors, le président américain aime à penser, et à dire, qu’en architecte majeur de paix il pourrait bien gagner du galon pour s’installer dans le confort béat de la vie éternelle. Les bombes de ses furtifs B2 ne faisant, il est vrai, qu’écorner les reliefs inhospitaliers de territoires hostiles, voire décimer des arbres à poison aux ramifications douteuses. Le Divin jugera. Il avisera, comme pour d’autres prédateurs très enclins à s’arroger des droits de vie ou de mort sur des cibles innocentes. D’autres, en effet, en réflexion, eux aussi, sur ce temps qui passe dont ils aimeraient repousser les limites, pour durer, sévir encore et plus longtemps. Poutine et Xi Jinping, par exemple, surpris par des micros baladeurs à discourir sur les perspectives d’immortalité proposées par la science. Ils en rêvent et se projettent dans une existence d’êtres humains « augmentés », libérés de leurs chaînes biologiques. Ils en rêvent et bâtissent même des villes intelligentes, les « smart cities », où s’exprimeront toutes les technologies de l’artificiel pour piloter l’aménagement urbain, les transports, l’environnement, la santé, l’éducation, la culture, le sport et la sécurité. La surveillance des peuples, exercée partout et à chaque instant de la vie des citoyens. Au sud-est de la Chine, dans une « Silicon Valley asiatique », la ville de Shenzhen est devenue l’un des spots mondiaux essentiels de l’innovation dans lequel, notamment, des investissements majeurs sont consacrés aux biotechnologies, à la biologie, l’étude sur les gènes des organismes vivants pour en modifier… les propriétés. Nous y voilà, dans le rêve caressé par les nouveaux empereurs du monde et partagé par de nouveaux tout-puissants élevés par la noblesse de leur richesse incommensurable. Les élites de la high-tech, milliardaires et consorts en quête d’émancipation des lois terrestres et célestes, sont à la manœuvre du libertarisme. D’un monde leur appartenant où la liberté individuelle est une règle absolue, sans aucune instance ou gouvernance pour brider leur exaltation. Alors, eux aussi, érigent des couronnes, des fiefs pour exercer leur apprentissage du transhumanisme par de nouvelles technologies dédiées à l’accomplissement de leur brûlant désir d’augmenter leurs capacités physiques et intellectuelles.
La mort optionnelle
Avant de dominer le monde, ils se coagulent pour faire masse de leurs moyens dans des villes privées, comme à Prospera, sur l’île hondurienne de Roatán où la mort deviendrait « optionnelle ». De quoi capter et captiver les chercheurs de survivance pour exercer et prolonger leur suprématie sur une Terre privée, sans impôts, sans justice, sans autres lois que celles imposées par la réussite « économique » de leur dessein. Le monde d’Elon Musk et de ses puces implantées dans les cerveaux pour que les hommes deviennent robots et ne soient plus qu’un ! Au Honduras, l’installation de ces colons a fait débat, en regard du potentiel affaiblissement de la souveraineté de l’État et d’une prospérité annoncée qui, bien entendu, échappe complètement à la population. En un temps, d’ailleurs, la Cour suprême du pays avait déclaré ces zones contraires à la constitution mais, depuis l’élection de Nasry Asfura, en 2025, le projet reprend des couleurs. Ouvertement soutenu par un certain Donald Trump, le nouveau président poursuit donc l’édifice entrepris par son ami et ex-dirigeant déchu, Juan Orlando Hernández, emprisonné aux États-Unis depuis 2024, pour purger une peine de quarante-cinq ans, pour trafic de drogue. Comme devrait l’être Maduro, le Vénézuélien, en attente de procès dans une prison de haute sécurité de Brooklyn. Maduro va trinquer, c’est sûr. Hernández aussi, mais bien autrement, pour arroser dignement sa grâce prononcée par le magnanime… Donald Trump. Le grand charitable, incompris, est désormais fâché avec Léon XIV. « Chi mangia papa crepa », qui s’en prend au pape en meurt, dit un vieux proverbe romain. Et, quoiqu’il en pense, Trump n’est pas Jésus. Il est riche, marche sur l’eau, mais ne forcera pas les portes du paradis.
Georges Chabrier
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