Doué-en-Anjou. Le Bioparc s’apprête à accueillir un rhinocéros noir en provenance d’un parc animalier d’Angleterre

Le Bioparc de Doué-la-Fontaine s’apprête à accueillir mercredi 22 avril, Jumaane, un jeune rhinocéros noir mâle de plus d’une tonne, en provenance du Zoo de Chester, non loin de Liverpool au nord-ouest de l’Angleterre. Classée en danger critique d’extinction par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), cette espèce compte aujourd’hui seulement 6 800 individus à l’état sauvage, majoritairement à cause du braconnage. Ce transfert international de 2 jours, réalisé dans le cadre d’un programme de reproduction européen, permettra au mâle de rejoindre les deux femelles, Tisa et Kinna, de la Vallée des Rhinocéros du parc, réaménagée début 2026, avec l’espoir de favoriser la reproduction au sein du parc et ainsi la conservation de cette espèce emblématique.
Jumaane rejoindra les deux femelles rhinocéros noirs du Bioparc Tisa et Kinna ©Bioparc de Doué-la-Fontaine

Le 22 avril prochain, le Bioparc accueillera Jumaane, un mâle rhinocéros noir né en 2018 au Zoo de Chester en Angleterre. Son arrivée s’inscrit dans un programme européen de reproduction, coordonné par l’Association européenne des zoos et aquariums (EAZA), visant à protéger cette espèce hautement menacée, en danger critique d’extinction selon l’UICN. Il prendra ses quartiers dans les 2 hectares de la Vallée des Rhinocéros, un espace fraîchement rénové qu’il partagera avec deux femelles. « Ce transfert, comme l’ensemble des échanges entre parcs, s’inscrit dans un objectif de conservation. Aujourd’hui, environ 6 800 rhinocéros noirs subsistent à l’état sauvage, dans les savanes africaines, avec une progression d’environ 5 % depuis 2023, notamment grâce au renforcement de la lutte contre le braconnage et à la protection accrue des habitats. L’enjeu sera désormais de favoriser la reproduction de cette espèce au cœur du parc, une mission essentielle pour contribuer activement à la sauvegarde du rhinocéros noir » explique François Gay, directeur du Bioparc de Doué-la-Fontaine.

La Vallée des rhinocéros réaménagée début 2026 ©Bioparc de Doué-la-Fontaine

Le délicat transfert d’un animal de plus d’une tonne, de l’Angleterre au Bioparc

Le voyage de Jumaane débutera au petit matin : deux jours d’expédition entre le Zoo de Chester, au nord-ouest de l’Angleterre, et Doué-la-Fontaine dans le Maine-et-Loire. Pour traverser la Manche, en ferry, l’animal prendra place dans une caisse de transport sur mesure spécialement conçue pour son gabarit. Ce transfert international est encadré par des équipes spécialisées dans ce type de convoi dont la mission est d’assurer un confort optimal au rhinocéros jusqu’à son arrivée au Bioparc. Une fois arrivé à Doué-la-Fontaine, Jumaane sera ensuite isolé une à deux journées afin de contrôler son état de santé et lui permettre de s’adapter progressivement à son nouvel environnement, sous la surveillance des équipes animalières, avant une mise en contact progressive avec les deux femelles. « L’objectif à long terme est que Jumaane s’accouple avec les deux femelles résidentes du parc afin de maintenir une population captive viable génétiquement et démographiquement » précise François Gay. À bientôt 8 ans, Jumaane est un jeune mâle qui s’apprête à vivre sa première expérience de reproducteur. Il rejoint le duo de femelles du parc composé d’une mère, Tisa, encore fertile pour quelques années, et de sa fille Kinna, qui n’a pas encore eu de descendance.

6 800 rhinocéros noirs à l’état sauvage : une espèce en danger critique d’extinction

Les deux femelles rhinocéros noirs du Bioparc Tisa et Kinna ©Bioparc de Doué-la-Fontaine 2

Au-delà de l’événement, cette arrivée rappelle la fragilité persistante de l’espèce. Le rhinocéros noir ne compte plus que 6 800 individus à l’état sauvage, victime d’un braconnage intensif alimenté par le trafic de cornes et la destruction de son habitat. Grâce à des campagnes anti-braconnage et à la création de réserves, ses effectifs ont pu augmenter de près de 5 % depuis 2023. Une progression encore précaire, rendue possible par la coopération entre pays et le travail de terrain en Afrique, que les parcs zoologiques contribuent aujourd’hui à prolonger grâce aux différents programmes de conservation. Cet engagement se traduit concrètement par le soutien du Bioparc à la Solio Game Reserve au Kenya. Créé en 1973, ce sanctuaire de 24 300 hectares est le plus ancien site privé dédié à la reproduction des rhinocéros noirs dans le pays. En 2025, près de 10 000 € ont été versés par le Bioparc et son fonds de dotation, Bioparc Conservation, afin d’améliorer le quotidien des rangers sur le terrain. Cette somme a notamment permis de financer la construction d’une cuisine et l’achat de 50 uniformes. Au regard de son chiffre d’affaires, le Bioparc s’impose comme le premier parc animalier de France pour son engagement financier en faveur de la biodiversité. En 2025, le parc a atteint un record historique avec 622 930 € versés, soit plus de 5 millions d’euros depuis 2001, soutenant ainsi 40 « Projets Nature » de conservation à travers le monde dédiés à la sauvegarde des espèces menacées. Plus d’infos : https://www.bioparc-zoo.fr/nos-actions-nature/projets-nature/

Les commentaires sont limités à 500 caractères.
Le Kiosque renforce sa veille : Les commentaires ne seront pas corrigés. Ceux comportant des mots grossiers ou portant atteinte à l'intégrité des individus n'étant pas publics ne seront pas publiés. La courtoisie n'empêche pas la libre expression, nous vous rappelons aussi que le débat s'enrichit d'idées et non de critiques aux personnes. Vous pouvez aussi nous adresser un article, une réflexion, une pensée,... que nous publierons en courrier du lecteur.
Are you sure want to unlock this post?
Unlock left : 0
Are you sure want to cancel subscription?