« Ça ne baissera pas de sitôt et si ça baisse, ce que je souhaite, c’est que ce soit du sérieux parce que pour le moment c’est du yoyo », a déclaré sur Europe 1 Michel-Edouard Leclerc, alors que les prix du pétrole se sont à nouveau envolés lundi après le regain de tensions entre Washington et Téhéran. « C’est impossible aujourd’hui même pour un opérationnel, pour un distributeur, pour un acheteur d’avoir un plan d’achat », a expliqué le représentant du premier distributeur alimentaire en France, évoquant des « volatilités de 60 centimes quelquefois en une semaine sur un litre ». « On parle d’un litre d’essence, mais en fait, c’est un litre de pétrole dont on fait à la fois du gasoil, du kérosène » et « sur ces marchés secondaires, ça flotte aussi », a-t-il ajouté. Reviendra-t-on sur les prix d’avant la guerre au Moyen-Orient ? « Je ne sens pas le truc là », a répondu M. Leclerc. « Entre tout ce qu’ils ont détruit, les bateaux bloqués (…) on a au moins six mois, peut-être jusqu’à l’hiver prochain, de crise énergétique devant nous ». Il y a dix jours, alors que se profilaient des pourparlers entre les belligérants, M. Leclerc avait entrevu une baisse progressive des prix à la pompe « de dix à 15 centimes d’euros », tout en se montrant prudent. Samedi, le gouvernement a appelé les distributeurs à baisser ces prix après un recul des tarifs du pétrole la semaine dernière, agitant la menace d’un décret de plafonnement des marges. « Ce n’est pas ça qui fera baisser les prix », a estimé M. Leclerc, alors que le gouvernement doit réunir ce lundi les représentants des distributeurs, qui plaident eux pour la suspension des certificats d’économies d’énergie. Cela permettrait de « diminuer le prix de l’essence de l’ordre de 15/17 centimes » dès « demain« , a-t-il assuré. Cette réunion, prévue à 11h à Bercy, « permettra de faire le point sur l’évolution des prix », a précisé le cabinet du ministre des PME Serge Papin. Concernant les produits de grande consommation, « le prix du caddie, dans les semaines qui viennent, n’augmente pas », a insisté M. Leclerc. « Par contre si la crise énergétique vient taper tous nos fournisseurs ligne par ligne sur leur comptabilité il y aura une inflation du double à la fin ou du triple« , a-t-il prévenu.
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