Philippe Vendé – qui conduisait la liste « L’Avenir en commun » – avait en effet perdu contre le maire sortant Gilles Bardin et sa liste « Verrie : Ensemble » : il avait recueilli 119 votes contre 178 pour son adversaire. Avec 59,93 % des suffrages exprimés, Gilles Bardin avait donc eu « la majorité absolue« , a rappelé ce mercredi 13 mai 2026 la rapporteuse publique. Mais des « manœuvres diffamatoires » avaient entaché la campagne électorale, selon la tête de tête de liste perdante : son colistier Yohan Guyomard – qui était l’ancien premier adjoint au maire sortant – avait été accusé de « vol aggravé » après avoir été « aperçu par des images de vidéosurveillance » sur « un chantier communal » avec « plusieurs sac de chaux et de sable » d’un « volume important« , a recontextualisé la magistrate. Le maire l’avait ainsi « interpellé en conseil municipal » avant le scrutin pour le sommer de « restituer » ces matériaux. Cela avait été fait dès « le lendemain » de la séance, a poursuivi la rapporteuse publique, mais Philippe Vendé s’était décidé à saisir la justice administrative : Yohan Guyomard n’a « jamais entendu voler » les matériaux en question puisqu’ils ont été pris « en pleine journée » et « avec l’aide d’agents communaux ». Cette « qualification de vol » était donc « diffamatoire ».
L’ancien adjoint accuse d’avoir voulu « revendre » les matériaux « à prix avantageux »
La rapporteuse publique a toutefois préconisé au tribunal administratif de Nantes de rejeter son recours : ces faits ont été évoqués en conseil municipal « plus de quinze jours » avant le scrutin, ce qui « laissait le temps » à sa liste « pour réagir« . « Les faits n’ont pas été mentionnés dans l’article de presse sur le conseil municipal », a-t-elle en outre fait observer aux juges. Philippe Vendé maintient toutefois qu’un « démarchage téléphonique » a eu lieu dans la commune par un autre « adjoint au maire » sortant ; il a produit pour cela une « attestation » d’un administré. Mais ce dernier s’avère être « l’époux d’une colistière » de Philippe Vendée, ce qui vient donc « relativiser » sa « force probante » aux yeux de la magistrate nantaise. Le « photomontage » qui aurait circulé pour laisser à penser que l’ancien premier adjoint aurait voulu « revendre à prix avantageux » les matériaux n’a, quant à lui, « pas eu une diffusion importante ». « Surtout », un « écart important de voix » séparait les deux listes à l’issue du scrutin ; ces manœuvres n’ont donc pas pu « altérer la sincérité » des élections municipales. Philippe Vendé – qui était présent à l’audience à Nantes – n’a pas souhaité prendre la parole mais a préféré « se faire représenter » par son colistier Olivier Moreau. « Dans une commune de moins de 400 électeurs, ce type d’accusation marque et influence : ces faits sont graves et susceptibles de revêtir une qualification pénales« , a-t-il rappelé aux trois juges nantais.
Un impact « nécessairement démultiplié » dans « un tissu social aussi resserré »
Ils ont été « relayés dans des cercles locaux » et « dans un cadre intentionnel« , de telle sorte à ce que « cela ne soit plus une rumeur mais une quasi-vérité » pour les électeurs de cette « commune de très petite taille ». « Dans un tissu social aussi resserré, son impact est nécessairement démultiplié », a insisté Olivier Moreau. « Cela touche des voisins, des connaissances… » Or le retrait des matériaux par Yohan Guyomard s’est fait « en pleine journée », « sans dissimulation » et « en présence d’agents communaux« , a-t-il répété une nouvelle fois. Selon lui, le maire sortant Gilles Bardin « ne conteste pas utilement » l’existence de ces « manœuvres » : il en « atténue » simplement la portée. « Dans ce dossier, tout a été dit, le débat démocratique a bien eu lieu : un porte-à-porte a été fait systématiquement dans tous les foyers de la commune pour permettre aux électeurs de se faire une juste idée de la situation » a réagi le représentant de la liste adverse, qui était lui aussi présent. Il n’y a selon lui « aucune preuve » d’une quelconque « diffusion massive » de documents ou de « SMS ». Le tribunal administratif de Nantes, qui a mis son jugement en délibéré, rendra sa décision sur une éventuelle annulation du scrutin dans les prochaines semaines.
Avec PressPepper
S'inscrire gratuitement à la newsletter
Nous contacter
Lettre d'infos
écrire
communiquer Copyright © IGNIS Communication Tous droits réservés
