
Le 10 mai 2001 était votée à l’unanimité par le Sénat la loi, dite Loi Taubira, par laquelle la France a été le premier pays dans le monde à reconnaître la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité. En 2026, à l’occasion des 25 ans de la Loi, la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, avec le soutien du ministère de la Culture, entend donner un nouvel élan à ce mouvement ainsi qu’une visibilité renforcée à ce texte et aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité qu’il promeut, en faisant appel aux établissements patrimoniaux. L’initiative montre ainsi comment l’esclavage et les combats pour son abolition ont laissé leur empreinte dans tous les territoires, et comment cette empreinte s’est inscrite dans les collections des musées. « Luxe amer » est un dispositif labellisé qui a pour ambition de redonner à voir les collections du Château-Musée de Saumur, notamment les arts décoratifs, au prisme du commerce colonial et esclavagiste qui irrigue l’économie et la société européennes à l’époque moderne. Intégrée au parcours permanent, l’exposition sera inaugurée à l’occasion de la Nuit des musées le 23 mai, journée nationale en hommage aux victimes de l’esclavage, entrée dans la loi en 2017.

« Mondes brodés : Villes flottantes – Forêt universelle » par Cécile Palusinski et Elsa Mroziewicz
Œuvres engagées face aux urgences écologiques, les fresques sonores augmentées de Cécile Palusinski (autrice) & Elsa Mroziewicz (artiste visuelle) déploient une esthétique immersive et poétique, et tissent un lien entre savoirs anciens, technologies actuelles, données scientifiques et narration multiculturelle. Rencontre de l’art contemporain, de l’artisanat, de la poésie et du numérique, l’exposition invite à l’émerveillement mais aussi à la réflexion.
Forêt universelle : Des insectes et des animaux majestueux, menacés par les activités humaines ou les changements climatiques. Cette image d’Épinal donne aux questions de biodiversité une connotation très émotionnelle. On ressent tous de l’empathie pour ces animaux, dans un monde où la déforestation a déjà causé la disparition de 58% des espèces de vertébrés en 40 ans et fait disparaître environ 13 millions d’hectares de bois chaque année. Dans cette œuvre textile sonore en réalité augmentée de « la forêt universelle », il s’agit de redonner une voix à ces espèces en voie d’extinction et de leur redonner vie à travers une expérience immersive et poétique. Le spectateur, muni d’un smartphone ou d’une tablette, peut redonner vie au vivant dans une forêt restée vierge et redécouvrir une mythologie qui trouve sa source dans la nature.
Villes flottantes : Dans un monde confronté à des urgences écologiques et des bouleversements systémiques, Villes flottantes s’affirme comme une œuvre profondément engagée. Chaque ville flottante imaginée puise son inspiration dans des initiatives concrètes pour répondre aux enjeux environnementaux, issues de contextes culturels et géographiques variés. Villes flottantes donne forme et voix à ces alternatives par une esthétique immersive, où réalité augmentée et poésie sonore se répondent, tissent entre elles des correspondances pour mieux transmettre, éveiller, relier. Ici, rien d’abstrait ni de théorique : l’œuvre s’ancre dans les territoires traversés, dans les gestes observés, dans les récits collectés au fil de résidences menées à Taïwan, en Inde, en Tunisie, au Maroc, au Brésil, aux États-Unis et en France. Chaque tableau devient ainsi un fragment du monde, habité par des voix, des mémoires, des solutions ancrées dans le vécu. C’est un art du lien qui se déploie : lien entre savoirs anciens, à travers la broderie, et technologies contemporaines, entre données scientifiques et narration poétique, entre le politique et le sensible. Grâce à l’application mobile Under The Starry Vault, le spectateur est invité à animer les images, à écouter les haïkus sonores et les journaux de bord audio. Il devient alors non plus simple visiteur, mais passeur d’histoires, activant une mémoire vivante où résonnent les voix du monde. Au-delà du dispositif interactif, c’est aussi une réflexion subtile sur le temps qui traverse toute l’œuvre. Le temps presque instantané du numérique entre en tension avec le temps long de la broderie. Réalisées avec des collectifs de brodeurs du Brésil (Bumba Meu Boi da Floresta de Mestre Apolônio, São Luís) et d’Inde (Kalhath Institute, Lucknow), ces broderies donnent corps à l’invisible, aux courants, aux coraux, aux êtres des profondeurs. En choisissant d’unir technologie et artisanat, vitesse et lenteur, Villes flottantes construit un espace d’écoute et de contemplation, où le réenchantement du monde devient possible – non pas comme un retour au passé, mais comme un mouvement vers un avenir habitable, façonné par l’imagination et l’engagement en faveur du vivant.

Infos pratiques :
– Luxe amer 2001-2026, célébration des 25 ans de la Loi Taubira : Du samedi 23 mai 2026 au dimanche 29 novembre 2026. Gratuité pour la Nuit des musées. Médiations flash toute la soirée, 19h-22h. Inclus dans le billet d’entrée aux horaires habituels d’ouverture, du dimanche 24 mai au dimanche 29 novembre 2026.
– « Mondes brodés : Villes flottantes – Forêt universelle » : Du samedi 4 juillet 2026 au dimanche 1er novembre 2026. Grande soirée d’ouverture le samedi 3 juillet à partir de 19h30, entrée libre. DJ set de Yarà, une transe solaire et amazonienne.
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