La rubrique diététique. Journée mondiale du lait : faut-il encore boire du lait ?

Anne Manteau, diététicienne nutritionniste installée à Saumur et Avoine, nous prodigue chaque mercredi quelques conseils. Chaque année, le 1er juin marque la Journée mondiale du lait. Longtemps présenté comme un aliment incontournable, le lait est aujourd'hui au cœur de nombreux débats. Certains le considèrent comme indispensable à la santé osseuse, tandis que d'autres l'accusent de favoriser l'inflammation, les troubles digestifs ou certaines maladies chroniques.

Comme souvent en nutrition, les débats opposant les « pour » et les « contre » sont rarement les plus utiles. Mon objectif n’est pas de vous convaincre de boire du lait ou de l’éviter, mais de vous donner des repères pour faire des choix éclairés et adaptés à vos besoins. Un aliment naturellement riche en nutriments Le lait possède une densité nutritionnelle intéressante. Il apporte des protéines de bonne qualité biologique, contenant l’ensemble des acides aminés indispensables à notre organisme. Ces protéines participent notamment au maintien de la masse musculaire, à la satiété et au renouvellement des tissus. Le lait est également l’une des principales sources de calcium de notre alimentation. Ce minéral est indispensable à la solidité des os et des dents, mais aussi au bon fonctionnement des muscles, du système nerveux et du cœur. Un verre de lait couvre environ un quart des besoins quotidiens d’un adulte. Il fournit également du phosphore, du potassium, de l’iode et de la vitamine B12, un nutriment essentiel au fonctionnement du système nerveux et à la fabrication des globules rouges. Les produits laitiers fermentés, comme les yaourts, les fromages ou le kéfir, présentent un intérêt supplémentaire grâce aux ferments lactiques qui contribuent à la diversité du microbiote intestinal.

Le lait est-il inflammatoire ?

C’est probablement l’une des critiques les plus fréquentes aujourd’hui. Pourtant, les études scientifiques ne montrent pas que les produits laitiers soient inflammatoires pour la majorité de la population. Chez certaines personnes, notamment en cas d’allergie aux protéines du lait ou d’intolérance au lactose, leur consommation peut provoquer des troubles digestifs, des douleurs abdominales, des ballonnements ou une aggravation de certains symptômes. Dans ces situations, il est logique d’adapter ou de limiter leur consommation. En revanche, chez les personnes qui les tolèrent bien, les recherches ne mettent pas en évidence d’augmentation de l’inflammation. Certaines études suggèrent même que les produits laitiers fermentés pourraient avoir un effet favorable sur certains marqueurs inflammatoires grâce à leur impact positif sur le microbiote. La mauvaise réputation du lait provient souvent d’une confusion entre une sensibilité individuelle bien réelle et un effet supposé chez l’ensemble de la population.

Un intérêt pour le poids et la santé métabolique

Riches en protéines, les produits laitiers favorisent la satiété et contribuent au maintien de la masse musculaire. Plusieurs études suggèrent également qu’une consommation régulière de produits laitiers, notamment fermentés, est associée à un risque plus faible de diabète de type 2. Ils peuvent ainsi participer à une alimentation favorable à la santé métabolique.

Tous les laits se valent-ils ?

Comme pour de nombreux aliments, la qualité du produit dépend en partie de son mode de production. L’alimentation de la vache, son état de santé, son accès au pâturage et les pratiques d’élevage influencent la composition nutritionnelle du lait. Les vaches nourries principalement à l’herbe produisent généralement un lait plus riche en oméga-3 et en certains composés antioxydants que celles recevant une alimentation majoritairement composée d’aliments concentrés. Les traitements antibiotiques sont parfois nécessaires pour préserver la santé des animaux. La réglementation impose toutefois des contrôles stricts et des délais avant la commercialisation du lait afin d’éviter la présence de résidus. Le véritable enjeu concerne donc davantage la qualité globale de l’élevage, l’alimentation des animaux et le respect de leur bien-être. Sans être indispensable, privilégier lorsque cela est possible des produits issus de filières de qualité, biologiques ou valorisant le pâturage, permet souvent de bénéficier d’un produit dont la composition nutritionnelle est plus favorable. Finalement, la question n’est peut-être pas tant « faut-il boire du lait ? » que « quel lait choisissons-nous de consommer ? ».

Peut-on se passer des produits laitiers ?

La réponse est oui. Les produits laitiers ne sont pas indispensables et certaines personnes choisissent de les limiter ou de les supprimer pour des raisons digestives, éthiques ou environnementales. Cependant, leur éviction demande de veiller aux nutriments qu’ils apportaient. Le premier point de vigilance concerne le calcium. Les produits laitiers constituent l’une des principales sources de calcium facilement assimilable dans l’alimentation française. Lorsqu’ils sont supprimés, il devient nécessaire de trouver d’autres sources régulières : eaux minérales riches en calcium, sardines consommées avec leurs arêtes, petits poissons en conserve, amandes, graines de sésame, légumes verts comme les choux ou certaines boissons végétales enrichies. Le second point concerne les protéines. Contrairement à une idée répandue, la plupart des boissons végétales ne sont pas équivalentes au lait. Les boissons à base d’amande, de riz ou d’avoine contiennent généralement peu de protéines. Seules les boissons au soja présentent des teneurs comparables. Par ailleurs, certaines boissons végétales peuvent contenir des sucres ajoutés, des arômes, des épaississants ou des additifs destinés à améliorer leur texture. Parmi eux, les carraghénanes ou certains émulsifiants font régulièrement l’objet de discussions quant à leur impact potentiel sur le microbiote intestinal chez les personnes les plus sensibles. Réduire sa consommation de produits laitiers ou animaux ne pose généralement pas de difficulté lorsqu’on prend le temps de végétaliser son alimentation de façon progressive et équilibrée, en veillant notamment aux apports en protéines et en calcium. Au final, plus que la présence ou l’absence de lait dans l’alimentation, c’est la qualité globale de l’assiette qui compte. L’objectif reste de faire des choix adaptés à ses besoins pour remettre du sens dans l’assiette, en prenant soin de sa santé tout en préservant le plaisir de manger.

La recette de la semaine : Tarte concombre et thon

Ingrédients pour 1 tarte : 1 pâte brisée (de préférence à base de farine T80 ou T 110) / 240 g thon au naturel / 3 càs fromage frais / 800 g concombre / 1/2 oignon rouge / 1/2 citron jaune / ciboulette / facultatif 3 càc graines de sésame

Préchauffez le four à 180°C. Déroulez la pâte et disposez-la sur un plat à tarte bien beurré retourné (le nôtre fait 25 cm de diamètre). Rabattez les bords et coupez l’excédent de pâte.

Badigeonnez légèrement la pâte d’huile d’olive, puis parsemez-la de graines de sésame. Piquez la pâte à l’aide d’une fourchette, puis enfournez 20 minutes à 180°C Pendant ce temps, épluchez puis émincez finement les oignons. Lavez puis ciselez la ciboulette. Lavez puis coupez le concombre en fines rondelles.

Préparez les rillettes de thon. Dans un bol, mélangez : le thon préalablement égoutté, le fromage frais, les oignons, le zeste et jus de citron, la ciboulette et quelques baies roses, si vous en avez. Salez et poivrez.

Une fois bien dorée : sortez la pâte à tarte du four et enlevez-la délicatement du plat à tarte.

Garnissez le fond de tarte avec la moitié des rillettes de thon en les étalant bien. Disposez les rondelles de concombre en rosace sur le dessus, puis répétez l’opération une seconde fois.

Parsemez la tarte de ciboulette ciselée, de zeste de citron, d’un filet d’huile d’olive et de quelques graines de sésame, s’il vous en reste. Re-assaisonnez selon vos goûts, c’est prêt !

Et cette semaine, je vous invite à tester également Salade de carottes, sauce miso, orange et gingembre.

 

 

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