Les habitués et clients de la pharmacie du Chemin Vert pourront découvrir, à partir de ce lundi, un nouveau logo sur la façade de celle-ci. Cette affiche indique, en effet, que le commerce est ambassadeur pour le don d’organes. « Nous sommes devenus pharmacie ambassadrice du don d’organes sur Saumur grâce à l’association ADOT49 qui soutient l’ensemble des actions autour du don. Ma préparatrice Aurélie Pantall étant elle-même greffée rénale depuis plusieurs années a souhaité que l’on puisse relayer auprès de nos patients l’importance de parler du don d’organes autour de soi et auprès de nos proches. Pour ma part j’ai réalisé ma thèse d’exercice sur les patients dialysés et en attente de greffe, j’ai pu voir l’importance pour ces patients de voir leur quotidien changer par une annonce de don. Notre mission est d’informer les patients sur l’importance de dire son souhait d’être donneur en cas d’accident de la vie », explique Caroline David, gérante de la pharmacie. Comme elle, plusieurs sites ou villes en Maine-et-Loire sont ambassadeurs, notamment des commerces (salons de coiffure, pharmacies…), mais aussi des établissements scolaires à l’image du lycée Sadi Carnot – Jean Bertin qui le deviendra prochainement.
Alléger la prise de décision pour les proches
Rémy Léridon, président de France ADOT 49 explique, en effet, qu’il est « essentiel » de communiquer sur le sujet. « En France, tout le monde est donneur présumé, sauf s’il fait les démarches pour signifier qu’il ne veut pas donner ses organes. Toutefois, la décision finale revient aux proches, car il n’est pas possible de formaliser les choses de son vivant. Il convient donc d’en discuter avec ses proches et de leur confier ses volontés sur le sujet. » Une situation qu’il connait bien pour l’avoir vécu, comme nombre de membres de l’association qui sont des greffés ou des familles de donneurs : « J’ai perdu subitement ma femme d’un AVC. Heureusement, nous avions parlé du sujet bien avant et lorsque l’on m’a demandé ce que je souhaitais faire, je savais ce qu’elle voulait. Cela a été un poids en moins, parce qu’en plus de la nouvelle de la mort d’un proche, vous devez prendre une lourde décision. Ainsi, ma femme a permis de sauver 5 à 7 personnes et je trouve le symbole formidable. Si le don est anonyme, nous avons malgré tout la possibilité de savoir comment vont les greffés. Et aujourd’hui, tous sont en bonne santé », relate-t-il.
Des donneurs rares
Pour mémoire, les donneurs sont rares puisque seules les personnes décédées, en mort encéphalique à l’hôpital, avec le corps toujours oxygéné, peuvent être donneurs. Cela ne représente que moins de 1% des décès à l’hôpital. Par ailleurs, les organes doivent être greffés dans un laps de temps très court de 4h durant lesquelles il faut organiser toute la chaîne logistique et trouver le receveur compatible. « En 2025, il y a eu 6 100 greffés en France. Ce chiffre augmente légèrement chaque année, mais les demandes de greffe également avec 25 000 personnes sur liste d’attente dont 8 000 nouvelles inscrites l’an dernier. Il y a donc un delta entre les demandes et les donneurs qui ne fait qu’accroître la demande », explique Rémy Léridon. Il précise également que ces greffes fonctionnent durablement puisque l’association départementale compte de nombreux greffés qui fêteront leurs 5, 10, 15 ou 20 ans de greffe. L’objectif de l’association est de réduire le taux de refus, actuellement de 37%, alors que la population française est favorable au don d’organes à plus de 80%. « L’objectif est qu’il ne reste plus que des refus d’opposition », conclut le président.
Une ambassadrice de choix
Au sein de la pharmacie du Chemin Vert – en cohérence totale avec le symbole du don d’organes fait d’un ruban vert – cette mission de sensibilisation est d’autant plus porteuse de sens que l’une des préparatrices en pharmacie, Aurélie Pantall, a elle-même été greffée. Elle raconte : « En 2013 j’ai eu un début de septicémie qui a occasionné une maladie créant une dégradation de mes reins. J’ai rapidement été sur liste d’attente. J’y suis restée durant un an et demi, période pendant laquelle je faisais des dialyses régulières. Puis, il y a 11 ans maintenant, j’ai reçu un appel à 11h le matin alors que j’étais justement en dialyse. On m’indiquait que j’étais 3e sur liste d’attente et qu’il fallait que je me prépare en cas de contre-indications des deux personnes avant moi. Je suis rentrée chez moi, à 1h30 de route de l’hôpital, où j’ai reçu un second appel. J’allais être greffée ! Je suis retournée à l’hôpital, où j’ai fait de nombreux tests (radiologies, prises de sang…) pour s’assurer de ma compatibilité. A 20h, je descendais en salle d’opération pour être greffée. Je suis restée 10 jours en service de réanimation puis j’ai eu un suivi régulier, 3 fois par semaine, pour s’assurer que la greffe prenait bien. Aujourd’hui je suis encore suivi tous les trois mois et je prends quotidiennement un traitement antirejet. Après cela, c’est notre vie qui compte. On ne vit pas, on revit ! Je remercie encore le donneur et sa famille car aujourd’hui je peux profiter de la mienne grâce à eux. Si je ne sais pas, et ne veux pas savoir qui est mon donneur car pour moi seul ce dernier geste compte réellement, j’envoie chaque année une lettre à sa famille (via l’hôpital) pour dire que je vais bien et que je prends soin de ce cadeau formidable ».
Infos pratiques : L’association France ADOT 49 intervient dans des établissements comme les lycées, collèges… pour réaliser des conférences et des temps d’échange sur le don d’organes. Pour plus de renseignements sur ces interventions, sur l’association ou le don d’organes, contactez-la au 07 49 37 48 18 ou à adot49@adot49.fr. Retrouvez également toutes les informations sur le site de l’association nationale https://www.france-adot.org/.
S'inscrire gratuitement à la newsletter
Nous contacter
Lettre d'infos
écrire
communiquer Copyright © IGNIS Communication Tous droits réservés
