L’annonce intervient alors que les fonds 2025 n’ont pas encore été entièrement versés, que l’avance des fonds 2026 n’est pas réalisée, et que les budgets prévisionnels de ces structures sont bouclés. « Une large partie des ressources permettant de réaliser les missions de proximité sont en effet déjà engagées. Aucun signe avant-coureur ne laissait percevoir une baisse brutale et immédiate pour les crédits de l’année en cours », estiment-elles. A noter que les 20 opérateurs sont lauréats dans le cadre d’une convention triennale (novembre 2024- octobre 2027, ou pour les publics jeunes janvier 2026-octobre 2028). Cette convention engage l’État dans les versements aux opérateurs. Les délais de versement des fonds contraignent les associations à une avance de trésorerie de plus d’un an, alors même qu’elles sont déjà fragilisées sur le plan financier. « La notification des services de l’État du 22 mai 2026 met en péril l’avenir des dispositifs et l’accompagnement des usagers. Double peine les opérateurs ne peuvent compenser l’insuffisance de financement sur un premier semestre d’activité exercé alors même que les actions, elles, doivent se poursuivre ; la seule perspective est d’obtenir dans plusieurs mois des fonds amputés », ajoutent-elles. Ces coupes budgétaires interrogent sur le fond : « les associations s’engagent et engagent des moyens avec cette convention triennale. Comment l’État peut-il rompre unilatéralement, et sans préavis, ses engagements initiaux avec l’ensemble des opérateurs ? »
Des opérateurs mobilisés avec « une charge de service public »
Les 1500 bénéficiaires des cinq dispositifs « méritent mieux que d’être considérés comme des variables budgétaires », estiment les opérateurs. Les associations mobilisées sur le terrain doivent répondre à « une charge de service public », comme le souligne justement la Présentation de l’offre de repérage et de remobilisation. « Quelle est la promesse républicaine adressée à ces publics présentés comme « très éloignés », « invisibles » ou encore « vulnérables » ? Les coupes budgétaires éloignent, invisibilisent et fragilisent encore davantage les plus vulnérables. Quel est le message envoyé à l’ensemble des professionnels engagés auprès de ces publics, ainsi qu’aux associations représentantes ? Cette décision précipite des actions à peine lancées non pas dans l’inconnu, mais dans une situation insupportable: celle d’une rupture majeure de la confiance entre l’État et nos organisations. Elle entraîne dans son sillage l’asphyxie à court terme de certaines structures – et ce, sans même envisager 2027 », écrivent-elles dans la tribune.
Structurer durablement les solidarités
« Le secteur associatif et l’Economie Solidaire et Sociale ne connaissent que trop bien l’austérité, la précarité et les difficultés économiques, les efforts à fournir. Nos structures travaillent dans des économies exsangues. Entre la fin 2024 et la fin 2025, le secteur associatif en France a perdu plus de 12 305 postes. Chaque jour, nos professionnels sont engagés auprès de publics qui prennent de front les difficultés économiques. Nos missions font l’objet de rapports d’activité démontrant leur impact dans les bassins de vie où nous sommes déployés. Agir dans les bidonvilles, pour les personnes en situation de handicap, auprès des plus éloignés de l’emploi, des jeunes dits invisibles mais aussi pour les personnes ayant des problèmes de santé, tout ceci structure durablement les solidarités, en concertation avec l’État et les pouvoirs locaux ». C’est pourquoi, ensemble elles alertent sur cette situation « d’urgence sociale ». « Nous interpellons l’État pour une reprise du dialogue. Nous appelons au soutien des élus locaux et de nos représentants face au péril immédiat de l’arrêt des programmes qui participent à soutenir la vie de nos territoires. Nous, associations et membres de l’ESS, restons engagés aux côtés des plus vulnérables. »
*Les 20 associations signataires : Association Intermédiaire des Mauges, ALIA, Anjou Insertion Habitat, Aide Accueil, AFODIL, CDP 49, Centre Social du Chemillois, Centre Social Val Mauges, Centre Socioculturel le Coin de la Rue, Association Initiative Emploi, Centre Social Horizon, Centre Social Pasteur, Centre Social du Planty, FormaCLE, Centre Social K’Leidoscope, CIDFF 49, Habitat Jeunes David d’Angers, IRESA, UDAF 49, VYV 3 PDL.
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