Gino Blandin raconte « ces personnalités passées par Saumur » : Jack Le Goff « le coach au pays des cowboys »

Cette rubrique, orchestrée par Gino Blandin, auteur saumurois et ancien président de la Société des Lettres de Saumur, se propose de brosser le portrait des personnalités qui, au fil du temps, sont venues à Saumur au cours de leur existence. Aujourd’hui : Jack Le Goff « le coach au pays des cowboys » (1931-2009)
©HorseTV

Louis Jean Le Goff naît le 8 avril 1931 à Alençon dans l’Orne. Il est fils d’un officier de cavalerie. La famille vit durant quelques années à Meknès au Maroc où le père est rattaché au 5e Régiment monté de spahis. Il apprend l’arabe. De retour en Europe, c’est en Allemagne, à Berlin, où son père a été nommé directeur du Centre équestre français que Jack Le Goff découvre le cheval. Il débute sa carrière dans des compétitions où il est jockey sur les épreuves de steeple-chase. Il s’engage ensuite dans l’armée française et prépare le concours d’entrée au fameux Cadre Noir de Saumur, dirigé alors par le colonel Margot. Là, Le Goff sera le plus jeune sous-maître de l’histoire de la prestigieuse maison. Il devient écuyer et participe aux reprises.

Son palmarès en compétition est prestigieux En 1956,  il est champion de France de concours complet d’équitation, une manifestation qui regroupe en une seule trois disciplines bien distinctes : le saut d’obstacles, le dressage et le cross-country. Quatre ans plus tard, en 1960, il décroche la médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Rome, en concours complet par équipe, aux côtés de Guy Lefrant et Jehan Le Roy. Il se classe 6ème du concours individuel. Mais cette même année, c’est la guerre d’Algérie ; il rejoint le 23e Régiment monté de spahis algériens. Deux ans plus tard, il revient en France mais ne réintègre pas le Cadre Noir.

Aux Jeux Olympiques de Tokyo, en 1964, il représente à nouveau la France. Il se classe 23ème du concours complet individuel et 8ème au concours par équipe. Il entraîne alors l’équipe française d’équitation qu’il mène aux JO de 1968 de Mexico. Les Américains sont fort impressionnés. Ils le sollicitent. La Fédération Française d’Equitation ne s’aligne pas avec les propositions qui lui sont faites. Le Goff part aux USA. La France perd ainsi le meilleur coach du moment. C’est ainsi qu’en 1970, il devient l’entraîneur de l’équipe d’équitation des Etats-Unis. Pendant les quatorze années suivantes, Jack Le Goff va mener ses cavaliers de main de maître. Ses équipes ne manquent aucun rendez-vous. Elles remportent pas moins de dix-huit médailles en huit championnats internationaux dont l’or aux Jeux Olympiques de 1976 et 1984 ce qui constitue un palmarès éblouissant. Les méthodes novatrices et l’intensité de l’entraînement de Le Goff ont changé pour toujours le concours complet aux Etats-Unis. Par la suite, Jack Le Goff devient le coach de l’équipe nationale d’équitation du Canada. Il est également nommé juge pour la Fédération Equestre Internationale (FEI) pour le dressage et le concours complet.

A l’heure de la retraite, il se retire en Pennsylvanie, en Arizona, puis en France. Il décède le 24 juillet 2009 à Saumur, à l’âge de 78 ans. Pour terminer, nous citerons le témoignage d’un de ses brillants élèves, Tad Coffin : « Jack the winner était un génial meneur d’hommes et un immense connaisseur des chevaux. Il pouvait s’emporter contre les cavaliers mais il était infiniment tendre et doux avec les chevaux. Il était un fin psychologue qui savait instinctivement faire tomber la pression dans les grands moments. Le mot échec ne faisait pas partie de son vocabulaire. C’était notre capitaine-magicien ».

 

Bibliographie :

 

LARUE Romaric, Qui est Jack Le Goff, l’écuyer d’Alençon médaillé aux Jeux olympiques de 1960 ? journal L’Orne hebdo, 2024

 

LE GOFF Jack, Horse came first, second, and last, My Unapologetic Road to Evening Gold, Trafalgar Square books, North Pomfret, Vermont, 2017.

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