Au 1er janvier 2024 (dernières données publiées par l’INSEE), la France compte 1 521 000 entreprises artisanales actives dont 60 000 en région Pays de la Loire, soit 23 % de plus qu’en 2019, quand la population n’a progressé que de 2,1 % sur la même période dans la région. La dynamique est particulièrement soutenue dans les grandes villes (+24 %) et les villes moyennes (+24 %), mais aussi dans les petites villes (+23%) et les communes rurales (+23 %). A noter que les entreprises artisanales représentent 27% du total des entreprises actives dans la région, un chiffre semblable à la moyenne nationale, qui place les Pays de la Loire devant l’Île de France. Le tissu entrepreneurial de l’artisanat des Pays de la Loire se décompose de la manière suivante : 17 % dans l’artisanat de Fabrication ; 7 % dans l’artisanat d’Alimentation ; 35 % dans l’artisanat des Services ; 41 % dans l’artisanat du BTP.
Le maillage artisanal progresse même dans les départements qui perdent des habitants
La cartographie de la densité d’entreprises artisanales pour 1000 habitants nous révèle un maillage d’entreprises plutôt homogène dans la région. Le département de la Vendée présente le niveau le plus élevé de la région, avec 21 entreprises artisanales pour 1000 habitants, suivi par la Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire avec 19 entreprises pour 1000 habitants, mais aussi par la Mayenne avec une densité de 18 entreprises. A l’inverse, la Sarthe présente la densité la moins forte avec 16 entreprises pour 1000 habitants. La région affiche des niveaux comparables à ses voisins de bretons et normands. Entre 2019 et 2023, le nombre d’entreprises artisanales progresse dans l’ensemble des départements des Pays de la Loire, avec un taux à 25 % pour la Loire-Atlantique et des taux supérieurs à 20 % dans la Vendée (+ 23 %) ; le Maine-et-Loire (+22,5 %) et la Sarthe (+ 21 %). Seule la Mayenne passe sous la barre des 20 % et enregistre une hausse de 19 % d’entreprises. Fait remarquable, cette croissance bénéficie au Maine-et-Loire (22,5 %) ainsi qu’à la Mayenne (+ 19 %), alors que ces départements ont perdu des habitants sur la même période 2019-2024.
De plus en plus de communes desservies par les services de l’artisanat essentiels au quotidien
La part des communes dotées de services dits « essentiels » de l’artisanat est en constante progression. Il s’agit des services du quotidien comme les travaux de la maison (maçonnerie, menuiserie, plomberie), la réparation automobile ou encore la coiffure. Les métiers liés au secteur du bâtiment sont les plus répandus. 78 % des communes comptent désormais au moins une entreprise de menuiserie, contre 76 % en 2019. Viennent ensuite les maçons (72 %) et les peintres (71 %). L’artisanat des services consolide également son ancrage : la réparation automobile passe de 69 % à 74 % de communes équipées, devant les coiffeurs (70 %), les taxis (32 %) ou les fleuristes (32 %). Les instituts de beauté et ongleries sont les activités qui se répandent le plus, passant de 45 % de communes équipées en 2019 à 58 % en 2024 (+13 points). Les métiers de l’alimentation font toutefois exception. Le nombre de communes disposant d’une boulangerie baisse légèrement (58 % des communes couvertes en 2024 contre 60 % en 2019) tout comme les boucheries-charcuteries : 31 % des communes sont couvertes contre 32 % en 2019.
Un emploi salarié artisanal en progression en Pays de la Loire
Les salariés de l’artisanat représentent 9 % des emplois salariés du secteur marchand en Pays de la Loire. Un poids relativement homogène sur l’ensemble de la région, allant de 7 % en Loire-Atlantique et jusqu’à 12 % en Vendée. L’emploi salarié artisanal (107 690 emplois dans les TPE de moins de 20 salariés fin 2024) a progressé de 5 % entre 2019 et 2024, une évolution identique à la moyenne nationale (5 %). On observe les plus importantes hausses de l’emploi artisanal dans le Maine-et-Loire (+8 %) et la Vendée (+6%), tandis que la dynamique est plus modérée dans la Mayenne (+5 %), la Sarthe et la Loire-Atlantique (+2.5 %). Catherine Elie, Directrice des études ISM conclut : « La géographie de l’artisanat bat en brèche bien des idées reçues. Le nombre d’artisans progresse partout, y compris dans des départements qui perdent des habitants, où l’artisanat joue un rôle d’amortisseur économique et de maintien des services à la population. Pour autant, tous les signaux ne sont pas au vert. Le maillage des métiers de bouche s’étiole avec les bouchers comme les boulangers qui peinent à se maintenir sur ces 5 dernières années. Derrière la vitalité entrepreneuriale, c’est donc la question de la consolidation de ce tissu de très petites entreprises dans les territoires qui se pose. »
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