L’école de la vie n’a point de vacances*. En ce sens, il serait donc saugrenu de parler de rentrée. Sinon en référence à la marque d’un signet ou d’un post délibérément déposée sur nos agendas pour nous ramener à la raison. Finis les loisirs, les devoirs nous appellent, à l’école, aux champs, à l’usine ou au bureau. Au quotidien de nos existences dans une vie continue parsemée d’aléas qui assombrissent et percutent nos légitimes bonheurs. Nous aimerions tant ne plus souffrir du bruit des bombes, des supplices de nos forêts, de l’agonie de leur faune, de la détresse d’habitants dépouillés de leur passé, du malaise de mal logés accablés par la chaleur de canicules durables. Ou, encore, au lointain de nos émotions, du roulement sourd de coulées boueuses dans une vallée enclavée et mortifère du Népal. Comme les orages, le malheur gronde au-dessus de nos têtes, nourri par la cupidité et la folie d’hommes en déni total avec des réalités qui, violemment, s’imposent. Le dérèglement climatique est là, n’en déplaise aux masses endoctrinées et galvanisées par un gourou yankee au panache orange. Avec nos incendies, des millions de tonnes de CO2 ont été lâchées dans l’atmosphère, ajoutant ainsi aux dangers de l’activité effrénée des humains.
Polluer pour peindre en « vert »
On s’en émeut, mais on continue, drapé dans un rideau d’hypocrisie, à l’instar de la Chine, leader mondial des énergies renouvelables, des véhicules électriques, mais aussi et surtout des émissions de gaz à effet de serre ! Chez nous, aussi, on potine, on disserte, on polémique sur ce qui n’a pas, peu ou mal été fait. La nature nous donne des leçons dont on ne tient pas compte, absorbés par des postures politiques aux effets délétères sur des enjeux communs pourtant supérieurs. Le défi est colossal mais, pour autant, peu prioritaire chez nombre de candidats supposés ou déclarés à la succession d’Emmanuel Macron. La campagne est ouverte et le marketing électoral s’ingénie à adapter l’offre à la clientèle disputée autour de thèmes ou de diversions plus populaires. Le pouvoir d’achat, la sécurité, les services publics, l’immigration et la dette comptent, à juste titre, au rang des attentes des Français. Puis vient enfin la préoccupation de l’environnement, pourtant promue comme essentielle lors de la crise du Covid-19. Malgré les soubresauts répétés de la nature, l’écologie ne fait toujours pas recette. Peut-être faudra-t-il attendre, comme le craignait Abraracourcix, que le ciel nous tombe sur la tête, ou l’avènement surnaturel d’un nouveau chef gaulois, habile, intelligent et très courageux.
Georges Chabrier
* proverbe français
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