L’association AuGuRA va présenter le film « d’Espoir et de Patience » réalisé par Pascal Bonnelle, retraçant les trois années de fouilles archéologiques réalisées sur la commune de Gennes Val de Loire, de 2022 à 2024. Le parti pris du réalisateur a été de suivre pas à pas les travaux scientifiques sur le terrain et de ne pas ajouter de commentaire. Les avancées sont décrites sous forme d’interviews des participants. Cet évènement met en perspective une facette de la dynamique du Gennois autour de son patrimoine local. Cette projection est proposée aux personnes intéressées, le samedi 3 octobre prochain, elle se déroulera Salle André Courtiaud à Gennes à partir de 20 h. Elle sera suivie d’un échange avec le réalisateur et des participants lors d’un moment convivial. L’entrée est gratuite (participation volontaire possible).
Trois sites antiques exceptionnels
Laure Déodat, responsable scientifique de l’association AuGuRa et archéologue au CNRS a mené ce programme de recherche qui a réuni une vingtaine de professionnels (archéologues, étudiants et géologues) à Gennes durant trois années de fouilles. « Gennes est un territoire riche sur le plan patrimonial avec des datant du néolithique au Moyen-âge. Nous souhaitions explorer la ville et plus particulièrement trois sites datant du 1er au 8e siècle après JC avec comme fil conducteur « l’agglomération antique et son devenir au Moyen-âge » », explique-t-elle. Ainsi, en se basant sur des sources et des archives, ils ont porté leur attention sur un nymphée, une sorte de fontaine monumentale de 4 mètres de haut datant du 2e siècle et se trouvant chez des propriétaires privés, une nécropole à sarcophages du 6/7e siècle ainsi qu’un aqueduc d’une longueur de 1km. « Ces sites étaient connus, mais n’avaient pas été étudiés, ou depuis très longtemps pour certains. Le nymphée a été étudié en 1870 et heureusement, les propriétaires actuels sont les descendants de ceux qui ont découvert et étudié le site et celui-ci a été parfaitement conservé. C’est une chance. La Nécropole était connue depuis les années 60 mais n’avait pas vraiment fait l’objet de fouilles approfondies. Pour l’aqueduc, nous savions qu’il existait puisqu’une sortie débouchait sur l’amphithéâtre. Nous avons étudié la topographie et avons réalisé des sondages pour en découvrir quelques tronçons », précise l’archéologue. C’est chantiers sont d’autant plus exceptionnels qu’il s’agit d’un programme de recherche et non de fouilles préventives liées à un chantier.
Un regard unique sur l’archéologie
S’il avait déjà réalisé plusieurs documentaires par le passé, le réalisateur Pascal Bonnelle ne connaissait pour autant pas le travail d’archéologie. « Par un ami commun, je suis venu lors du repérage des fouilles avec une caméra. L’idée était alors simplement de capturer quelques instants pour témoigner de ces recherches. Petit à petit, l’idée est venue de faire un documentaire et c’est alors que j’ai suivi les trois ans du programme de recherche. L’idée était de proposer un témoignage, de raconter le quotidien du travail des archéologues. J’avais visionné beaucoup de documentaires sur le sujet, et à chaque fois on y parlait beaucoup des recherches en elles-mêmes, mais peu du travail réalisé. J’ai essayé de capturer les moments de joie, de perplexité, de doute… », relate-t-il. Finalement, c’est un regard assez unique dans le milieu du film archéologique que Pascal Bonnelle a proposé. En effet, son documentaire a remporté un prix au fameux festival du film archéologique d’Amiens en avril dernier face à des centaines d’autres films en compétition. « Je n’y croyais pas du tout au vu de la qualité technique des autres documentaires. Je crois que c’est aussi justement parce que mon film s’est démarqué et allait à l’opposé du consensus qu’il a été sélectionné et a étonné. Il est probablement plus spontané et plus proche du réel », commente-t-il.
Transmettre
Bien évidemment, l’objectif premier de ce film n’était pas là, mais cela a été pour le réalisateur et l’équipe ayant œuvré à Gennes une véritable reconnaissance. « Je trouve que cela permet de voir les choses autrement. Notre métier a une grande part de transmission : envers nos étudiants, envers nos pairs et grâce à ce film envers le grand public », commente Laure Déodat. Montrant la vraie réalité du terrain, il continuera notamment de vivre auprès des scolaires et des étudiants pour illustrer le métier d’archéologue. En amont de la séance publique du samedi 3 octobre prochain, il sera diffusé aux élèves de 5e au collège de Gennes le vendredi. « L’an dernier, nous avons présenté au 6e les fouilles archéologiques menées sur leur commune, et cette année, nous allons montrer ce fil à ces mêmes élèves », conclut Laure Déodat.
Infos pratiques : Projection le samedi 3 octobre 2026 à 20h à la salle André Courtiaud de Gennes. Entrée gratuite. Participation volontaire possible.
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