Saumur. Exposition « De l’ombre à la lumière » : Georges Grellet, une vie d’artiste

 Du 16 octobre au 16 décembre 2026, la saison culturelle de la Communauté d'Agglomération Saumur Val de Loire, consacre une exposition inédite à Georges Grellet (1869-1959), peintre et illustrateur d'origine saumuroise (*notre article par ailleurs). L’occasion de se replonger dans la vie de cet artiste.

Né à Tours le 9 octobre 1869 dans une famille saumuroise, Georges Grellet grandit à Saumur où il se révèle, dès l’école primaire, un élève brillant, couronné d’un prix de dessin. Formé aux Beaux-Arts de Paris à partir de 1893, il s’installe dans le Quartier latin et débute une carrière de dessinateur de presse : ses illustrations paraissent dans Le Rire, La Caricature, Gil Blas illustré ou encore Fin de siècle. Dès 1891, la presse parisienne le qualifie déjà de « jeune peintre de talent ». Tout au long des années 1900, il reste fidèle à Saumur : il illustre pour l’éditeur saumurois Camille Charier plus de soixante-dix protège-cahiers scolaires, ainsi que des cartes postales de la ville. Cet engagement pour l’illustration au service de l’enfance et de l’école lui vaut d’être nommé Officier d’Académie en 1903, puis Officier de l’Instruction publique en 1910.

Le Docteur Valda et l’affiche publicitaire

Illustrateur reconnu, Georges Grellet met aussi son trait au service de la publicité naissante. À partir de 1917 et jusqu’au milieu des années 1930, il crée pour les pastilles Valda le personnage emblématique du « Docteur Valda », qui deviendra l’un des visages les plus populaires de la réclame française. Il illustre par ailleurs livres, contes et calendriers publicitaires, du solitaire de la Pierre-Clouïse aux Pilules Pink.

L’âge d’or de l’estampe « boudoir »

À partir du milieu des années 1920, Georges Grellet se consacre à l’estampe — pointes sèches et aquatintes — dans un style « boudoir » qui lui vaut une renommée parisienne puis internationale. Ses élégantes, pleines de charme et de féminité, plus sages que celles de son confrère Louis Icart, sont conçues et éditées en pendants ou en séries : Premières chaleurs et Premiers froids (1927), Les ongles roses et Les lèvres rouges (1928), Les saisons (1926)… Il expose régulièrement au Salon des humoristes français, notamment à la galerie La Boétie, où la presse salue à plusieurs reprises la grâce de ses compositions.

Le livre illustré et les dernières années

Georges Grellet illustre également de nombreux ouvrages, du Petit Don Quichotte à La grotte lumineuse, en passant par des classiques comme Le Colonel Chabert d’Honoré de Balzac, dont les rééditions successives — jusqu’en 1963 — perpétueront son trait bien après sa disparition. Il s’éteint à Paris le 30 mars 1959, après une fin de vie marquée par le dénuement, loin de la notoriété qu’il avait pourtant connue de son vivant. Longtemps oublié, son œuvre renaît aujourd’hui grâce au travail de redécouverte mené par le collectionneur Bertrand Ménard — c’est cette renaissance que Le Dôme propose de partager avec le public saumurois.

*Sur le même sujet :
– 16 octobre au 16 décembre à Saumur. « De l’ombre à la lumière », une exposition consacrée à l’illustrateur et peintre Georges Grellet
– Saumur. Bertrand Menard fait revivre la mémoire d’un peintre oublié dans un nouveau livre dédié à Georges Grellet

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