Pour mémoire, le projet de plateforme logistique « Concerto » prévoit l’implantation d’un vaste entrepôt sur la zone d’activité de La Ronde, à Allonnes, près de Saumur, en Maine-et-Loire (relire nos articles). Porté par des acteurs privés, il représente un investissement annoncé de 70 millions d’euros et doit s’étendre sur près de 70 000 m² d’entrepôts, sur un terrain de 15,5 hectares. Selon ses promoteurs, cette infrastructure pourrait permettre la création d’environ 200 emplois. Toutefois une vive opposition locale. Des associations et des collectifs citoyens, dont « Préservons la Ronde », alertent sur ses conséquences environnementales, l’artificialisation des terres agricoles, les nuisances sonores et l’augmentation du trafic routier, estimée à plusieurs centaines de camions par jour. Après une enquête publique, le commissaire enquêteur a rendu un avis favorable en avril 2026, malgré des interrogations sur la circulation et le nombre d’emplois réellement créés. L’autorisation préfectorale a ensuite été publiée en juillet 2026, mais la contestation se poursuit. L’association France Nature Environnement Anjou (FNE Anjou) s’oppose depuis 2024 au projet de plateforme logistique Concerto à Allonnes, près de Saumur. Elle dénonce une consommation excessive de terres naturelles et agricoles, des retombées économiques incertaines et des atteintes potentielles à la biodiversité. L’association a décidé de contester l’autorisation préfectorale devant le tribunal administratif.
Plus de 15 hectares mobilisés pour des entrepôts
Pour FNE Anjou, le projet pose d’abord la question de l’artificialisation des sols. L’association rappelle que « la loi Climat et Résilience d’août 2021 a fixé l’objectif de zéro artificialisation nette (ZAN), afin de limiter progressivement la consommation des espaces naturels, agricoles et forestiers ». Dans un territoire saumurois « où le foncier est déjà sous tension, l’utilisation de plus de 15 hectares pour accueillir des entrepôts représente », selon l’association, « un choix difficilement justifiable ». Elle souligne que « l’artificialisation et la fragmentation des milieux naturels contribuent fortement au recul de la biodiversité. »
Un modèle économique jugé spéculatif
Au-delà de l’impact environnemental, FNE Anjou remet en cause la pertinence économique du projet. Lors de l’enquête publique consacrée à Concerto, l’association indique avoir recensé « 15 projets d’entrepôts logistiques dans un rayon de 100 kilomètres autour de Saumur, représentant près de 525 000 m² de surfaces supplémentaires ». À ces opérations s’ajouteraient, selon ses chiffres, 120 000 m² déjà construits et disponibles dans le même périmètre. L’association dénonce le développement d’entrepôts construits « en blanc », c’est-à-dire sans utilisateur identifié au moment de leur autorisation. Elle estime que « ces opérations répondent davantage à une logique de spéculation immobilière qu’à des besoins économiques clairement établis ». Pour étayer ses critiques, FNE Anjou cite deux projets situés à Angers et à Poitiers qui, selon elle, n’avaient toujours pas été construits trois ans après leur autorisation, faute de preneur. L’association met ainsi en doute la concrétisation des investissements et des créations d’emplois annoncés pour ce type d’opération. Elle souligne également : « les conséquences d’un modèle logistique reposant largement sur le transport routier, avec une circulation quotidienne de centaines de camions susceptible d’accroître les émissions de gaz à effet de serre et les nuisances pour les riverains. »
La dérogation relative aux espèces protégées contestée
L’autorisation préfectorale accordée au projet Concerto comporte également une dérogation permettant, sous certaines conditions, de porter atteinte à des espèces protégées. Or, « cette dérogation est encadrée par la réglementation environnementale : elle suppose notamment l’absence d’autre solution satisfaisante, le maintien des populations concernées dans leur aire de répartition naturelle et la justification du projet par un motif légal, tel qu’une raison impérative d’intérêt public majeur », souligne l’association. C’est précisément le respect de ces conditions que FNE Anjou entend contester devant le tribunal administratif. L’association remet en question la validité de la décision préfectorale et considère que les éléments justifiant la réalisation du projet ne sont pas suffisants au regard des exigences environnementales.
« Nous ne comprenons pas l’obstination aveugle des collectivités et de l’Etat »
FNE Anjou déplore enfin le soutien maintenu par les collectivités territoriales et l’État à cette opération, malgré les alertes formulées par l’association. Elle affirme que son recours judiciaire vise à faire respecter le droit de l’environnement, dans un contexte de dégradation continue de la biodiversité. Le président de l’agglomération Saumur Val de Loire, Lambert Creuxlebois, a assuré il y a quelques semaines au Kiosque que l’agglomération maintenait son engagement auprès du porteur de projet. Le président a rencontré les riverains et l’association durant l’été en présence des maires de Neuillé et Allonnes pour écouter leurs observations. « Nous n’avons pas la même définition de l’intérêt général. Toutefois, nous avons entendu leurs inquiétudes sur le bruit, les problématiques liées aux flux des camions. L’étude a indiqué qu’il n’y avait rien de rédhibitoire en la matière, toutefois, nous avons fait remonter ces inquiétudes au porteur de projet et l’Etat pour que l’environnement et les riverains soient les plus respectés possibles », a indiqué Lambert Creuxlebois. Et d’ajouter qu’il ne faut pas oublier qu’il s’agit « d’une zone économique, faite pour faire du développement économique ». Et de conclure : « Si le projet se fait, nous porterons une attention particulière, au moment du chantier et après, au respect de ces engagement quitte à apporter des mesures correctives ensuite s’il y avait des problématiques qui n’auraient pas été anticipées. S’il venait à y avoir des engorgements routiers, nous travaillerions avec le Département pour étudier de nouveaux aménagements », assure le président.
S'inscrire gratuitement à la newsletter
Nous contacter
Lettre d'infos
écrire
communiquer Copyright © IGNIS Communication Tous droits réservés
