330 fermes menacées en Anjou et dans l’Ouest : les parlementaires de Maine-et-Loire se mobilisent face à l’arrêt annoncé de la collecte par Savencia

Suite à l'annonce du groupe agro-industriel Savencia de mettre fin à la collecte de lait auprès de 330 éleveurs de l’Ouest, les parlementaires de Maine-et-Loire, réunis à l'initiative du sénateur Stéphane Piednoir, ont interpellé la ministre de l'Agriculture pour demander une reprise rapide du dialogue et le respect des équilibres économiques de la filière.

Le 6 octobre dernier, les éleveurs de l’Organisation de Producteurs (OP) « Les 3 Rivières » apprenaient la décision du groupe Savencia de résilier leurs relations commerciales sous un préavis de 18 mois. « Cette décision frappe directement 330 exploitations familiales réparties sur le Maine-et-Loire, la Mayenne et la Sarthe, déjà durement éprouvées par un été caniculaire et des épisodes répétés de sécheresse », selon le sénateur Stéphane Piednoir. À l’origine de ce désaccord : les modalités d’intégration, dans la formule du prix d’achat, des coûts réels de production et du prix de revient des exploitants. Pour les parlementaires signataires, « cette situation met en péril l’équilibre recherché par la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles du 18 août 2026, qui vise précisément à conforter le rôle des organisations de producteurs dans les négociations. » Dans leur courrier adressé à la ministre, Stéphane Piednoir et ses collègues alertent sur la vive inquiétude du monde agricole. Ils sollicitent une médiation des pouvoirs publics afin de rétablir les conditions d’un échange serein entre l’industriel et l’OP, et d’assurer une juste rémunération indispensable à la survie de nos élevages.

Les parlementaires signataires : Grégory Blanc, Sénateur de Maine-et-Loire ; Corinne Bourcier, Sénatrice de Maine-et-Loire, Emmanuel Capus, Sénateur de Maine-et-Loire, Stéphane Piednoir, Sénateur de Maine-et-Loire ; Nicole Dubré-Chirat, Députée de la 6e circonscription de Maine-et-Loire ; Stella Dupont, Députée de la 2e circonscription de Maine-et-Loire ; François Gernigon, Député de la 1ère circonscription de Maine-et-Loire ; Denis Masséglia, Député de la 5e circonscription de Maine-et-Loire ; Patricia Maussion, Députée de la 7e circonscription de Maine-et-Loire ; Laetitia Saint-Paul, Députée de la 7e circonscription de Maine-et-Loire.

La lettre adressée à la ministre

« Madame la Ministre,

Nous souhaitons attirer votre attention sur la situation particulièrement préoccupante que vivent actuellement les éleveurs laitiers adhérents de l’Organisation de Producteurs (OP) « Les 3 rivières ».

Ces derniers ont été informés, le 6 octobre dernier, que le groupe Savencia mettait fin à leurs relations commerciales, avec un arrêt de collecte au terme d’un préavis de 18 mois.

330 exploitations agricoles sont concernées, sur les départements du Maine-et- Loire, de la Mayenne et de la Sarthe. Déjà éprouvés par un été caniculaire et des sécheresses successives, les éleveurs ont vécu cette annonce comme une véritable onde de choc.

La décision du groupe industriel Savencia, 5ème fromager mondial, fait suite à un désaccord concernant la formule du prix du lait. Les négociations portaient sur la prise en compte, dans cette formule de prix, des coûts de production des éleveurs, et donc de leur prix de revient.

À cet égard, la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles du 18 août 2026 renforce la protection des organisations de producteurs en sanctionnant notamment leur contournement par les acheteurs. Cette disposition doit permettre de conforter le rôle des OP dans les négociations commerciales et de mieux défendre les intérêts des éleveurs.

Conscients de la vive inquiétude des agriculteurs, et de leur sentiment de vulnérabilité, nous sollicitons votre appui afin que le dialogue puisse reprendre entre les deux parties.

Tout comme vous, nous avons à cœur de défendre la souveraineté alimentaire française, et la juste rémunération des éleveurs.

Nous vous remercions pour votre bienveillante attention et vous prions de croire, Madame la Ministre, en l’expression de notre haute considération. »

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