Les trois « gros » goûtent religieusement les menus plaisirs des spectacles pyrotechniques à la française. Donald, Xi et Vladimir s’en délectent de ces fééries urbaines incandescentes retransmises en Dolby Vision, dans le monde entier. La France brûle la chandelle, par tous les bouts, en dépenses excessives d’argent, de régression, de rébellions, de résistances, de doléances, de violences et de saccages. À défaut des siens, elle comble d’aise ces grands gloutons avides de se repaître de ses turpitudes, pour faire oublier les leurs. C’est la loi des trois puissants. De leurs empires nationalistes habiles à jeter de l’huile sur le feu pour affaiblir notre République, maillon essentiel de l’Europe, ultime continent aux vertus du ressort démocratique. Tous les coups sont permis et la désinformation bat son plein pour expliquer le « déclassement » de notre nation. « Ce qui se passe en France est lié à l’immigration. Pas aux écoles, ni à quoi que ce soit d’autre », explique Trump. “Fermez vos frontières. Vous n’aurez que des problèmes » a-t-il poursuivi pour intensifier sa rhétorique anti-immigration à l’approche d’élections de mi-mandat fort mal engagées. Et d’ajouter quelque gentillesse à l’endroit de Marine Le Pen, la « voix conservatrice » en France, trop maltraitée dans son propre royaume. Un petit coup de pouce à la candidate du RN, la protégée de l’administration Maga, de la Russie, discrètement de la Chine, comme tous les leaders d’une extrême droite verdissante sur le vieux continent.
Le loup devenu berger
Bien qu’ennemis, les trois rufians vont bientôt se rencontrer pour s’accorder dans un deal politico-économique frugifère, sans leurs alliés, sans leurs vassaux, sans les faibles. Juste pour s’entendre sur un nouveau monde oublieux du sort des peuples ukrainiens, iraniens ou palestiniens. L’ordre doit régner jusqu’en Europe avec l’avènement des idéologies nationalistes, le dogme anti-immigration, l’euroscepticisme radical et le conservatisme sociétal autour de la famille nucléaire et patriarcale (père, mère et enfants). Exit les minorités, même si, même si, elles offrent parfois des bonheurs interdits à ceux qui, historiquement et officiellement, les rejettent. Co-présidente de l’AFD (Alternative für Deutschland), petite fille de juge nazi, docteure en économie, Alice Weidel est pourtant homosexuelle, a deux enfants avec une femme d’origine sri-lankaise. Heureuse, transgressive, révisionniste et libertarienne, elle soutient les plus violents de son parti extrême porté au pouvoir en Saxe-Anhalt, en septembre dernier. En Italie, Melloni avait converti, en Allemagne Weidel assume, chez nous, Marine Le Pen ménage la chèvre et le chou. Tel le loup de La Fontaine déguisé en berger pour approcher et duper le troupeau.
Georges Chabrier
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