Depuis plusieurs semaines, un vent de contestation se fait sentir en France. Poussé dans un premiers temps par le mouvement lycéen, les revendications ont rapidement trouvé un écho dans d’autres franges de la population. Aussi, ce mois d’octobre 2026 a permis à divers collectifs (jeunes, syndicats, partis politiques, Gilets Jaunes) de se regrouper et de porter des revendications communes. A Saumur, le mouvement a été suivi. D’abord le 17 octobre dernier, rassemblant près de 500 personnes dans les rues de la ville. Puis ce samedi 24 octobre – où celui-ci avait perdu un peu de son souffle (il faut dire que les rassemblements avaient été interdits par le préfet de Maine-et-Loire) – avec un peu plus de 100 personnes réunies devant le théâtre du Dôme. Les Gilets Jaunes annoncent d’ores et déjà un acte III ce samedi 31 octobre. Rendez-vous est donné à 14h sur la place de la République. « Pour l’acte III, le samedi 31 octobre à 14h, nous appelons à un rassemblement et à des sit-in devant la Mairie de Saumur, pour la défense des libertés publiques. Ce jour-là, nous manifesterons pour la liberté de manifester, et pour toutes nos libertés », souligne le collectif.
Une colère que le pouvoir refuse d’entendre
« Il y a une colère dans ce pays. Elle monte dans les lycées et dans les facs, sur les ronds-points, dans les quartiers, dans les champs et sur les lieux de travail. Et cette colère n’est pas entendue. À la jeunesse, aux gilets jaunes, au mouvement climat, aux quartiers populaires, aux travailleuses et aux travailleurs, aux paysannes et aux paysans, aux retraitées et aux retraités, aux précaires, aux privés d’emploi, aux allocataires du RSA, aux personnes sans abri, aux malades que le budget de la Sécurité sociale veut faire payer davantage, aux pompiers qui manquent de moyens après un été d’incendies, le pouvoir répond par le mépris, le refus d’écouter, le mensonge et la répression », indiquent les Gilets Jaunes saumurois. Ils estiment que le président Emmanuel Macron et son gouvernement ont décidé de « franchir une étape de plus dans la dérive autoritaire ». « Ils interdisent nos manifestations. Pour Emmanuel Macron, seules les organisations syndicales seraient légitimes pour revendiquer. Cette décision est prise en dehors de tout droit. Elle va contre notre Constitution, qui garantit la liberté d’expression et la liberté de manifester. L’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui fait partie de notre Constitution, le proclame : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression » », rappellent-ils. Et d’ajouter : « Nous exigeons la levée immédiate de tous les couvre-feux, et l’amnistie des manifestantes et des manifestants arrêtés lors des mobilisations. Nous exigeons des enquêtes sur l’intégralité des violences commises par les forces dites de l’ordre. Ces enquêtes doivent remonter toute la chaîne de commandement, jusqu’au plus haut niveau. Nous nous associons aux actions en justice engagées par la Ligue des droits de l’Homme, par le Syndicat des avocats de France, et par le Syndicat de la magistrature, qui a saisi le Conseil d’État avec l’association Adelico contre les annonces du président. Défendre le droit et les libertés publiques, c’est indispensable pour sortir de l’escalade autoritaire. » Et de conclure : « Le gouvernement tente de nous diviser. Nous ne nous y trompons pas. En criminalisant notre mouvement, en dressant les uns contre les autres, il veut empêcher le front uni qui est en train de naître. Le président de la République et son gouvernement doivent recevoir, en états généraux, l’ensemble des secteurs mobilisés et leurs délégations, pour répondre à la totalité de leurs revendications. S’ils ne le font pas, alors nous le disons haut et fort : Emmanuel Macron et son gouvernement devront partir. »
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