Beaufort-en-Anjou. Aux Marillères, les archéologues remontent le fil de l’histoire gauloise et romaine

Depuis 2022, des recherches archéologiques sont menées sur le site des Marillères, à Beaufort-en-Anjou. Près de 3 000 objets et fragments ont déjà été inventoriés. Sous la direction de Laure Déodat, archéologue au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), les investigations se poursuivent pour déterminer si le site accueillait autrefois une ferme, un village ou une véritable petite agglomération.
©Beaufort-en-Anjou

Aux Marillères, à Beaufort-en-Anjou, les vestiges du passé livrent peu à peu leurs secrets. Début octobre, une équipe d’archéologues est revenue sur le terrain afin de poursuivre les recherches engagées en 2022. L’objectif est de mieux comprendre l’histoire de ce site, marqué par une occupation à l’époque gauloise, puis romaine. Les découvertes réalisées jusqu’à présent sont nombreuses. Près de 3 000 objets et fragments ont été inventoriés, parmi lesquels des céramiques, des morceaux de verre, des objets métalliques et des monnaies gauloises. Des fragments d’amphores provenant d’Italie ont également été retrouvés. Ces vestiges témoignent notamment des échanges commerciaux qui existaient il y a plus de 2 000 ans. Mais quelle était précisément la fonction des Marillères ? Le site correspondait-il à une exploitation agricole, à un village ou à une petite agglomération structurée ? C’est l’une des principales questions auxquelles les archéologues tentent aujourd’hui de répondre.

Un site qui s’inscrit dans un réseau d’agglomérations anciennes

L’intérêt des Marillères dépasse la seule découverte d’objets anciens. Le site s’inscrit dans un secteur de la vallée de la Loire où les chercheurs ont identifié un réseau dense d’agglomérations gauloises ou de sites susceptibles d’en être. Selon les informations scientifiques diffusées par le laboratoire d’archéologie et d’architectures de Nantes Université, des indices d’occupation gauloise étaient déjà connus dans ce secteur en 2004. Un diagnostic archéologique réalisé cette année-là par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) avait notamment permis de repérer, à proximité, des vestiges funéraires et rituels datés de la fin de la période gauloise et du début de l’époque romaine. La présence de monnaies gauloises et de fragments d’amphores gréco-italiques constitue également un indice intéressant pour étudier les relations commerciales et la circulation des marchandises à cette époque. Ces éléments contribuent à replacer les Marillères dans le contexte plus large des échanges et de l’organisation du territoire ligérien durant l’Antiquité. Pour autant, la nature exacte du site et son étendue restent à préciser. Les recherches en cours doivent permettre de mieux déterminer son organisation et son rôle dans le paysage ancien.

Des investigations méthodiques pour faire parler le sol

Pour comprendre l’histoire des Marillères, les archéologues procèdent par étapes. Le terrain est prospecté de manière méthodique, selon un quadrillage précis, afin de repérer et d’étudier les vestiges présents en surface. Des carottages sont également réalisés pour analyser la composition des différentes couches du sol. Le croisement de ces observations avec l’étude des objets recueillis permet de reconstituer progressivement les différentes phases d’occupation du site. L’enjeu est notamment de comprendre comment les populations vivaient, comment leur habitat était organisé et quelles relations elles entretenaient avec les territoires voisins. Ces recherches s’inscrivent dans une démarche scientifique collective consacrée à l’étude des agglomérations anciennes. Elles contribuent à enrichir les connaissances sur le passé de Beaufort-en-Anjou et, plus largement, sur l’histoire du territoire le long de la Loire.

Un patrimoine à respecter et à préserver

La richesse de ces découvertes rappelle également l’importance de préserver le patrimoine archéologique. La commune de Beaufort-en-Anjou souligne que les fouilles sauvages et l’utilisation de détecteurs de métaux à des fins archéologiques sans autorisation sont interdites, y compris sur un terrain privé. Le prélèvement ou le vol d’objets archéologiques peut également entraîner des sanctions. Un objet archéologique ne se résume pas à sa valeur matérielle. Son emplacement, son association avec d’autres vestiges et son contexte de découverte fournissent des informations essentielles aux chercheurs. Un objet déplacé ou prélevé sans étude préalable peut ainsi entraîner la perte définitive de données précieuses sur la vie des populations anciennes. Aux Marillères, chaque fragment découvert participe donc à la reconstitution d’une histoire encore partiellement méconnue. Les recherches se poursuivent pour déterminer ce que ce site révèle de l’occupation gauloise et romaine de Beaufort-en-Anjou.

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