Dossier. Les médecins libéraux débutent une grève de dix jours

Les médecins libéraux de ville et des cliniques, mécontents de choix "politiques qui les piétinent", ont débuté ce lundi dans toute la France une grève de dix jours qu'ils prédisent très suivie, prévue pour monter progressivement en puissance et aller vers une "fermeture totale" des blocs opératoires ce week-end.

Le mouvement, lancé par les organisations professionnelles représentatives, des syndicats étudiants et de la jeune génération de médecins, a commencé ce lundi 5 septembre par la fermeture des cabinets de certains praticiens, une réduction d’activité ou une « grève administrative » pour d’autres. Il doit s’intensifier au fil des jours et mener à une « grève dure », « l’arrêt des blocs opératoires » des cliniques du 10 au 14 janvier. « Le mouvement sera excessivement suivi », affirme le syndicat CSMF. Les grévistes dénoncent entre autres un budget de la Sécurité Sociale insuffisant face à des besoins croissants, des mesures permettant aux autorités de baisser « de façon autoritaire » les tarifs de certains actes médicaux, en « contournant » le dialogue social, ou encore une limitation des prescriptions d’arrêt de travail. Ils fustigent diverses « attaques politiques » contre leurs dépassements d’honoraires – en forte augmentation selon plusieurs rapports – et craignent encore la restriction de leur liberté d’installation, objet de textes en cours d’examen au Parlement. La fédération de l’hospitalisation privée (FHP), qui regroupe l’ensemble des cliniques françaises, soutient le mouvement. Les cliniques assureront la « continuité des soins » pour les patients déjà hospitalisés, mais les entrées se réduiront pour arriver à un « arrêt total » samedi, assure le président de la FHP, Lamine Gharbi. « Les anesthésistes seront en grève de manière assez puissante. Sans eux, pas d’opérations », donc « je pense que 80% des blocs opératoires seront fermés ce week-end », estime-t-il. En Anjou, la COMELI 49, Coordination des Médecins Libres et Indépendants du Maine-et-Loire a également appelé à rejoindre ce mouvement de grève. Elle indique dans un communiqué que « les décisions prises aujourd’hui menacent directement l’accès de la population à une prise en charge médicale de qualité et sécurisée ». Selon la coordination, le projet de loi de financement de la sécurité sociale 2026 « s’inscrit dans la continuité des dernières décennies : toujours plus de restrictions budgétaires, sans vision ambitieuse pour répondre aux besoins réels du système de santé ». Elle déplore par ailleurs la situation des établissement de santé et la tension dans les services avec un manque de personnel criant : « L’état de nos hôpitaux, publics comme privés, et de la médecine de ville n’a jamais été aussi préoccupant », estime la coordination qui dénonce un système « profondément malade ». Enfin, la COMELI 49 regrette une bureaucratisation du secteur de la santé avec « toujours plus de contraintes, de contrôles, de contreparties et de pénalités ». Elle appelle à l’écriture d’un projet de loi en lien avec les professionnels de santé. La grève pourrait mettre sous tension l’hôpital public, déjà éprouvé par un pic d’épidémies hivernales.

Avec AFP

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