Cette pétition a vu le jour après une rencontre en fin d’année dernière avec la Directrice académique des services de l’Éducation nationale (DASEN) durant laquelle plusieurs questions ont été posées sur le manque de places en Instituts Médico-Educatifs (IME), le manque de postes d’AESH et plus globalement sur le manque de moyens pour l’école inclusive. Autant d’interrogations qui n’ont pas trouvé de « réponses satisfaisantes », souligne Morgane Moureaux Secrétaire de l’Union Locale FO de Saumur. « On nous a notamment affirmé qu’il y a suffisamment de place dans les IME de Maine-et-Loire mais qu’il y a un embouteillage entre les jeunes qui sont censés en sortir et ceux qui doivent y rentrer avec également une explosion du nombre de notifications (ndlr : un courrier permettant d’accéder à une place dans un établissement adapté à l’enfant) », poursuit-elle.
Un manque criant d’AESH
Pour faire entendre et montrer aux yeux de tous, les difficultés rencontrées au quotidien par les personnels des écoles et les enseignants, la pétition a donc été lancée. Celle-ci a d’ores et déjà reçu plus d’une centaine de signatures sur la seule circonscription de Saumur (25 à 30 écoles). Plusieurs directrices et directeurs d’écoles saumuroises lancent aujourd’hui un véritable cri d’alerte. « Dans mon école, il nous manque depuis le début de l’année 51h hebdomadaires d’AESH », explique une directrice. « J’ai 50h notifiées, mais seulement 38h effectives », raconte une autre. « Le problème est que nous avons déjà des dotations en dessous de nos besoins effectifs à la rentrée de septembre, et toutes les nouvelles notifications qui arrivent en cours d’année ne peuvent être prises en compte car on nous dit que les enveloppes financières sont déjà fermées », soulignent les directrices. Les responsables d’établissement se retrouvent donc à devoir jongler avec les quelques heures disponibles en les répartissant bon an mal an sur les enfants qui en ont besoin sans pour autant couvrir l’essentiel des besoins. Une maman témoigne également : « Mon fils a besoin d’un AESH, mais il n’a pour le moment personne pour l’accompagner. En CP, il a pu bénéficier du dispositif Télémac à la réunion où il avait classe le matin avec seulement 5 élèves, et de la rééducation l’après-midi. Il a fait beaucoup de progrès, mais cela ne peut en revanche durer qu’un an. S’il n’a pas d’AESH pour réaliser son CE1 normalement, tous les efforts seront vains et il faudra reprendre à zéro. »
De l’inclusion par défaut
La pétition dénonce également la multiplication des inclusions par défaut, faute de places dans les établissements médico-sociaux. Les professeurs des écoles témoignent de situation très tendues et difficile à vivre au quotidien pour les élèves, les enseignants, les parents… « On se retrouve face à des enfants violents, qui nous insultent ou nous menace de mort, que nous sommes obligés de ceinturer pour éviter les coups… Et tout cela face aux autres enfants qui peuvent être choqués et plus grave encore qui peuvent finir par accepter ou intégrer cette violence. Cela a un impact très fort sur notre santé mentale. Beaucoup d’enseignants très compétents parlent aujourd’hui de réorientation, de départs à la retraite, sont en burn-out et ne peuvent plus subir cette pression. Par ailleurs, dire aux parents que leur enfant va être dans une scolarité « classique » alors même que ces besoins sont différents et qu’il nécessite un cadre adapté avec des équipes formées ce n’est que leurrer les familles et créer des déceptions et des ruptures chez les enfants », relatent-ils.
Ils ne veulent pas des PAS
Le syndicat et les professeurs des écoles craignent également le déploiement des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS). Le PAS est coordonné par un personnel de l’éducation nationale dédié, déchargé d’enseignement pour sa mission, placé sous l’autorité hiérarchique du directeur académique des services de l’éducation nationale (Dasen) (ou son représentant). Le Dasen assure un pilotage départemental de l’ensemble des PAS en lien avec l’agence régionale de santé (ARS). Le PAS bénéficie aussi d’un éducateur spécialisé à temps plein, posté au sein du PAS et déployé par une équipe médico-sociale support. « Cette mesure mise en place à la rentrée 2025 en France et qui tend encore à se développer à la prochaine rentrée (3 PAS en privé et public à l’heure actuelle et 10 annoncés sur le Maine-et-Loire pour septembre, soit un par circonscription), ne va absolument pas dans le bon sens. Une fois encore, alors même que 1891 postes sont prévus par le budget Lecornu, nous allons supprimer des postes de classe pour réaliser cette mission. On va demander à des enseignants, non formés, de faire un travail d’éducateur ou de soignant. Ce n’est pas notre rôle », alerte Morgane Moureaux.
Partir de la base pour se faire entendre au plus haut
Finalement, les pétitionnaires demandent « le recrutement immédiat d’AESH en nombre suffisant, pour couvrir toutes les notifications de la MDA », ainsi que « le respect strict des décisions de la MDA et que tout soit mis en œuvre pour que tous les élèves aient une place rapidement dans une classe ou structure spécialisée adaptées ». Ils conviennent que « ces demandes ne sauraient trouver de réponses localement, mais l’objectif est de faire entendre nos revendications, de mettre la lumière sur ces problématiques et de lancer des mobilisations qui partent de la base pour faire bouger les choses au plus haut. » Ils sont également conscients que cela passera également par « une revalorisation et la création d’un statut claire des AESH ».
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