Allonnes. France Nature Environnement Anjou veut aller contre un projet de plateforme logistique « inutile » en Saumurois

L’association France Nature Environnement, Fédération des associations de protection de l'environnement et du patrimoine en Maine-et-Loire (précédemment dénommée Sauvegarde de l'Anjou), s’inscrit contre un projet de plateforme logistique sur la zone de la Ronde à Allonnes. Celui-ci, d’une surface de 7ha, ne serait qu’une coquille vide spéculative selon l’association qui invite les citoyens à déposer un avis défavorable sur l’enquête publique du projet. Le communiqué de FNE Anjou :
Image d'illustration

Alors que commence l’application du volet Zéro Artificialisation Nette (ZAN) de la loi climat et résilience, Saumur Val de Loire fait le choix du gaspillage du foncier économique pour l’implantation d’un entrepôt logistique purement spéculatif et totalement anachronique. L’artificialisation et la fragmentation des milieux constituent la première cause de disparition la biodiversité(1). Face à ce constat sans appel, le législateur a décidé, dans la loi Climat et Résilience d’août 2021, de stopper la consommation des espaces naturels et agricoles. C’est un bouleversement des habitudes qui débouche sur une inévitable rareté du foncier constructible et impose un important effort de rationalisation. Dès lors et sans attendre, chaque projet d’envergure doit être questionné au regard de cette rareté. Chaque surface inutilement consommée aujourd’hui hypothèque l’avenir en particulier sur un territoire déjà en tension foncière. Dans ce contexte exigeant, le projet d’entrepôt logistique proposé par l’entreprise Concerto sur la zone de la Ronde à Allonnes est caricatural de pratiques désormais dépassées. Très gourmands en espaces ces bâtiments qui fleurissent partout en France sont à plusieurs titres totalement en dehors des objectifs à atteindre.

« Des promesses qui masquent mal des réalités plus sournoises et inquiétantes »

Les dérives du développement de ces entrepôts XXL ont été analysées dans un récent rapport parlementaire(2) qui préconise, entre autres, un moratoire concernant « la construction d’entrepôts artificialisant plus de 40 000 mètres carrés qui n’est pas directement inféodé à un usage industriel prioritaire dans le cadre de la réindustrialisation ». Le projet proposé à Allonnes est de ceux-là et aligne, avec un bâtiment de 70 000 m² (7 ha), tous les défauts désormais connus et documentés :
– Un investissement purement spéculatif
– Un fonctionnement en millefeuille qui dilue la responsabilité
– Des promesses d’emplois qui n’engagent que ceux qui les croient
– Un contresens environnemental

« Un investissement purement spéculatif »

Aussi incroyable que cela puisse paraitre, alors qu’un permis de construire a été délivré il y a plus de 2 ans en novembre 2023, on ne sait toujours pas qui sera l’utilisateur de la plateforme. Ou l’utilisateur est connu mais difficile à assumer à ce stade… C’est ce que l’on appelle communément un « entrepôt en blanc ». Spéculant sur la rareté à venir du foncier des structures spécialisées en immobilier logistique comme Concerto tentent de construire partout où elles le peuvent des entrepôts de grande taille qu’elles loueront ou revendront au plus offrant. Ces investisseurs sont juste de passage et n’ont que faire de l’économie locale. Ils accaparent ces surfaces, peu importe si elles viennent à manquer pour des besoins plus stratégiques pour les territoires et leurs entreprises déjà implantées.

« Un fonctionnement en millefeuille qui dilue la responsabilité »

Généralement construit ou racheté par un promoteur, l’entrepôt est généralement loué par une enseigne qui elle-même sous-traite la gestion logistique à un prestataire. Cette superposition d’intervenants dilue la responsabilité sociétale des acteurs pour la plupart hors sol. Preuve de cette absence d’enracinement, moins de trois ans après son implantation près d’Angers, l’entreprise Action a déjà revendu son bâtiment à un fonds de pension allemand(3) et sous-traite ses activités à un prestataire, Kuehne + Nagel. Révélateur de cette volatilité organisée, après seulement 5 ans d’utilisation d’un entrepôt construit à blanc à Saint Léger de Linières (49), Leroy Merlin a déjà quitté le territoire et laissé à son prestataire GXO le soin de gérer la casse sociale…

« Des promesses d’emploi qui n’engagent que ceux qui les croient »

Sans aucune certitude sur l’utilisation du bâtiment, les promesses d’emplois sont elles aussi purement spéculatives. Le promoteur ne peut qu’avancer des statistiques, souvent surévaluées, liées aux surfaces de bâtiments. Ce qui est fort probable, c’est que, comme le révèle le rapport parlementaire, les emplois y seront précaires et soumis à de fortes contraintes physiques liées aux cadences imposées(4). Ils seront par ailleurs en concurrence frontale avec l’offre d’emploi agricole que les acteurs locaux peinent déjà à pourvoir. S’il en était besoin, les récents mouvements sociaux sur le site Action de Verrières en Anjou(5) en témoignent. Cette entreprise qui promettait plus de 500 emplois sur les 56 000 m² a bien artificialisé 14 hectares mais n’affiche aujourd’hui que 400 emplois dont la moitié sous statut d’intérimaires. Lors de la fermeture du site Leroy Merlin, qui ambitionnait la création de 150 emplois, on apprenait que ce chiffre n’a jamais été atteint(6). Un récent mouvement de manifestation révèle qu’ils ne sont plus que 39 début 2026(7).

« Un contresens environnemental »

Ces bâtiments gigantesques, générateurs d’importants flux routiers (capacité annoncée de 300 camions/jour) ne laissent aucune place à la nature. Les maigres mesures environnementales proposées sont repoussées en extrême limite de parcelle et, sous d’abondants flux de lumière et de polluants routiers, ne tiendront pas leurs promesses. Pire, aucun engagement précis n’est pris à ce stade quant à l’implantation de panneaux photovoltaïques sur les 7 ha de toiture, alors qu’à quelques kilomètres, un projet au sol, près de l’aérodrome, est étudié sur des espaces naturels à forte valeur écologique. Une aberration… Avec une hauteur annoncée de 14 m, ces infrastructures sont également malvenues dans le paysage, particulièrement au cœur du Parc Régional Loire Anjou Touraine et à quelques encablures de la vallée de la Loire classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

« Il est encore temps d’agir et de dire non à ce projet ! »

L’arrivée de cet investisseur et de son gigantesque projet sont une très mauvaise nouvelle à court terme pour l’environnement du territoire mais surtout à moyen terme en bloquant sa capacité à accueillir des activités à meilleure valeur ajoutée économique, sociale et environnementale. Après avoir installé de nombreux entrepôts logistiques, confrontés aux tristes réalités de cette activité et aux dizaines d’hectares accaparés, les élus d’Angers Loire Métropole expriment des regrets et ont renoncé à ce mirage économique. Les élus de Loire-Layon-Aubance font désormais le même constat et prennent courageusement acte des enjeux écologiques(8). C’est malheureusement bien tardif et pour ces territoires les surfaces gaspillées vont désormais cruellement manquer. A la lumière de cette expérience et des récents travaux parlementaires, il est encore possible pour Saumur Val de Loire d’éviter de faire les mêmes erreurs. FNE ANJOU invite tous les particuliers et organisations à se mobiliser pour s’opposer à ce gaspillage du foncier économique et au mirage des plateformes logistiques purement spéculatives. Elle les encourage à participer à l’enquête publique ouverte du 5 février au 10 mars 2026 en déposant un avis défavorable lors des permanences en mairie d’Allonnes ou par mail sur le site de la Préfecture : https://www.maine-et-loire.gouv.fr/Publications/Enquetes-publiques/Installation-Classee-pour-la-Protection-de-l-Environnement-ICPE/Annee-2026/ALLONNES-SAS-CONCERTO.

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