« Mémoires d’ailleurs et d’outre-mer » retrace l’âge d’or d’un métier longtemps considéré comme un privilège : celui de voyager au cœur du monde pour en saisir la beauté comme les failles. Le texte évoque une profession jadis prestigieuse, portée par le désir de comprendre l’humain dans toute sa sensibilité et sa brutalité. En tant qu’ancien journaliste, Denis Herrmann en observe pourtant le déclin, emporté par la quête effrénée du scoop et les diktats du capitalisme. Les médias, soumis aux puissances économiques, semblent avoir perdu leur vocation d’informer. Entre influenceurs et réseaux sociaux, l’âme du journalisme pur et dur s’effrite. Ces pages deviennent alors les témoins lucides d’un temps révolu.
Résumé
Originaire de Bollwiller, un petit village Alsacien du bassin potassique, Denis Herrmann a travaillé comme photographe dans une maison d’édition avant de bifurquer vers le journalisme, profession qui l’a amené à parcourir le monde et à y faire des rencontres magnifiques tout en vivant des aventures extraordinaires. Quel rapport entre Marlon Brando, Ringo Starr, Buzz Aldrin, François Mitterrand, la première comète artificielle, les Moaï de l’Île de Pâques ? Ce récit est l’histoire vraie d’un fils de mineur qui ne voulait pas être mineur.
Extrait : « Le patron, Michel Mantellato, m’appela un matin dans son bureau pour m’annoncer que j’allais partir pour deux semaines. « Tu pars en tournée de souveraineté avec le Haut-commissaire à bord du Bory vous allez faire toutes les îles Australes. Tu embarques ce soir à 18 heures à la base marine. Autant dire que je me réjouissais de cette nouvelle mission, ayant déjà eu l’occasion d’embarquer sur la « Lorientaise » j’avais déjà acquis un peu le pied marin et du vocabulaire utilisé par les marins à bord. Deux semaines à bord d’un bateau de guerre à faire des escales dans toutes les îles des Australes que sont Tubuai, Rimatara, Raivavae, Rurutu et Rapa, ça m’allait parfaitement. La tournée de souveraineté du haut-commissaire consistait pour le représentant de l’État, d’aller à la rencontre des élus et des populations de tous les archipels et comme à l’époque toutes les îles ne disposaient pas d’un aéroport, il devait naviguer sur un navire de la Royale et le Bory étant un aviso escorteur « ça en jetait » quand même avec ses canons et autres armements dont les plateformes de tir de missiles Exocet parfaits « transats » pour prendre des coups de soleil comme ça m’est arrivé ! À 17 heures me voilà à la base marine avec mon sac et mon matériel photo. »
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