Mercredi, peu après 16h, une centaine d’agriculteurs de la Confédération paysanne étaient entrés dans une annexe du ministère, en déployant une banderole « L’agriculture, on veut en vivre, pas en mourir ». Selon une source policière, ils étaient munis de banderoles, bombes de peinture, fumigènes et d’un cutter. Un responsable du ministère de l’Agriculture a porté plainte, selon la même source. Cinquante-deux militants dont trois porte-parole nationaux et deux membres de l’antenne de Maine-et-Loire, avaient été placés en garde à vue dans différents commissariats parisiens. Ce jeudi en milieu de journée, les 52 agriculteurs de la Confédération paysanne sont sortis de garde à vue sans poursuite judiciaire jeudi. « Seuls des autocollants ont été constatés dans les locaux dans lesquels les personnes avaient pénétré. L’exploitation des vidéosurveillances a permis de voir un groupe de personnes munies de banderoles et cartons occuper l’entrée et le sas d’une annexe, sans commission de violences ni de dégradation », a relaté le parquet. En conséquence, le ministère public « a classé en raison de l’absence d’infraction suffisamment caractérisée, pour l’ensemble des personnes interpellées » pour dégradations d’un bien public en réunion et participation à un groupement en vue de commettre des dégradations.
Des mobilisations
« Un grand merci, et une grande fierté. Parce qu’on est là pour défendre les petits paysans, c’est pour ça qu’on est là », s’est écrié Jean-Michel Sauvage, agriculteur bio dans le Pas-de-Calais, en sortant du commissariat du 13e arrondissement sous les applaudissements de militants. Devant le commissariat, une centaine de militants et membres de la Confédération paysanne, de la CGT, de Solidaires et d’autres associations écologistes se sont rassemblés dans la matinée pour les soutenir. Des manifestations ont également eu lieu sur le territoire, notamment devant la préfecture d’Angers ou une cinquantaine de personnes était présente pour demander la libération des manifestants. « On dénonce clairement la répression démesurée que subit la Confédération paysanne », a expliqué Nina Lejeune, secrétaire nationale du syndicat agricole. Les élus syndicaux présents s’insurgent également contre ce qu’ils décrivent comme un « deux poids, deux mesures » entre la Confédération paysanne et la FNSEA, principal syndicat agricole, dont les 350 tracteurs ont défilé mardi dans Paris jusqu’à l’Assemblée nationale. « On était rassemblés pacifiquement, il n’y a eu aucun dialogue possible », a affirmé jeudi Nicolas Fortin, secrétaire national de la Confédération paysanne devant le commissariat du 13e arrondissement.
« Le responsable de la situation est Emmanuel Macron »
De son côté, la France insoumise du Maine-et-Loire s’est insurgé du maintien en garde à vue des agriculteurs, dont ceux de la Confédération paysanne du département. Le parti estime qu’il s’agit d’une « répression inadmissible contre celles et ceux qui manifestent pour préserver leur exploitation et vivre dignement de leur travail. » Pour LFI 49, « le responsable de la situation est Emmanuel Macron qui feint tardivement de s’opposer au traité du Mercosur après n’avoir rien fait pendant des années pour le bloquer ; Emmanuel Macron qui impose également l’abattage systématique des bovins en cas DNC jetant dans le désarroi les exploitants concernés ; Emmanuel Macron qui applique une politique agricole répondant aux exigences des dirigeants de la FNSEA partisans d’une agriculture productiviste au détriment des petites exploitations et de la protection de la santé des consommateurs par le refus de respecter les normes environnementales protectrices. » LFI 49 « exige » qu’Emmanuel Macron et le gouvernement répondent aux revendications paysannes, à savoir : « Un revenu décent du travail ; Le retrait du traité de libre-échange du Mercosur ; L’arrêt de l’abattage systématique en cas de DNC et la généralisation de la vaccination des bovins. »
Avec AFP
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