Cet été, les fortes chaleurs ont causé des brûlures sur les feuilles. Ainsi, l’arbre n’ayant plus les ressources pour les maintenir, les feuilles meurent et tombent. Certains arbres peuvent avoir aussi le tronc qui brûle et l’écorce qui se décolle, ce qui provoque des coups de soleil comme pour les êtres humains. Pour certaines espèces d’arbres, perdre ses feuilles est justement une manière de s’adapter aux fortes chaleurs et aux étés secs. Tout cela donne une impression d’automne très avancé dans le calendrier. L’Office National des Forêts des Pays de la Loire nous explique l’impact de la sécheresse sur les arbres et les manières de les aider à surmonter cette épreuve.
Qu’est-ce que le stress hydrique ?
« Un léger manque de pluie n’affecte pas les arbres », assure l’ONF. En effet, l’éponge que constitue le sol va leur permettre de bénéficier de l’eau emmagasinée lorsque la pluie a été plus abondante. Tant que la terre n’est pas trop asséchée, les arbres peuvent donc se développer sereinement. En revanche, « la situation se complique lorsque le manque de précipitations se prolonge et que le réservoir en eau du sol n’est plus rempli qu’à 40% et moins. À ce stade, les arbres souffrent du manque d’eau, on peut alors parler de stress hydrique », précise l’office. C’est ce que l’on constate quand les sécheresses se succèdent ou sont plus intenses. Les feuilles des arbres flétrissent, roussissent puis tombent. Un phénomène actuellement observable dans bien des massifs forestiers du territoire.
Le manque d’eau, un risque réel pour les arbres
Comme pour tous les végétaux, l’eau est un élément essentiel à leur épanouissement et à leur survie. « Si les sécheresses se répètent ou se prolongent, l’arbre se retrouve « sous-alimenté en carbone » car il ne peut plus faire de photosynthèse et doit puiser dans ses réserves. Affaibli, il est moins apte à se défendre contre les insectes et les maladies. Par ailleurs, quand le besoin en eau de l’arbre est trop élevé par rapport à l’eau disponible dans le sol et que les stomates ne sont pas totalement fermés, des bulles d’air se forment dans les vaisseaux de l’arbre et empêchent la conduction de l’eau, créant une embolie qu’on appelle cavitation. La sensibilité à la cavitation est très variable d’une espèce forestière à l’autre : certaines espèces comme les saules y sont très sensibles, d’autres comme les cyprès, adaptés à des climats chauds, sont plus résistantes », détaille l’ONF. Ainsi, la conjonction du manque de réserves, de la sensibilité face aux attaques diverses et du niveau de cavitation peut entraîner le dépérissement de l’arbre et à terme sa mort.
Les arbres ont toute une batterie de défense !
En réponse au manque d’eau, les arbres déploient différentes stratégies de défense : « En refermant les stomates de leurs feuilles, sortes de « pores » qui permettent les échanges gazeux, les arbres diminuent leur transpiration. Mais cela se fait au prix d’un ralentissement de la photosynthèse et donc, de leur croissance. En faisant sécher et tomber prématurément leurs feuilles. Cela réduit de fait les pertes en eau en limitant le phénomène d’évapotranspiration. Mais ce n’est valable que pour certaines espèces. En s’enracinant profondément, certaines essences disposent d’éléments conducteurs de la sève plus résistants à l’apparition de bulles d’air dans la colonne d’eau. Ces adaptations permettent à l’arbre de maintenir une certaine ouverture des stomates mais elles se font au détriment de la croissance. En éliminant les arbres les plus vulnérables au profit des plus résistants. Ce qui à long et très long terme permet aux nouvelles générations de développer des particularités (taille, forme, enracinement) adaptées à cet environnement plus sec. Cependant ces mécanismes sont à une échelle de temps qui risque de ne pas être compatible avec la vitesse d’évolution du climat et donc des sécheresses. »
Des recherches pour aider les végétaux
Face à l’amplification des phénomènes de sécheresse, l’ensemble de la communauté forestière et notamment les organismes de recherche-développement, se mobilisent pour comprendre plus en détail les interactions entre la forêt, le sol et l’eau. S’ajoute à cela l’impact des canicules, phénomènes de chaleurs extrêmes, qui sont de plus en plus courants. Le rôle de ces pics de chaleur dans certains dépérissements est assez mal connu et concentre l’attention actuelle des chercheurs. « Des recherches récentes suggèrent l’existence d’une « mémoire » des évènements de sécheresse subis par l’arbre au niveau de son génome. Il reste maintenant à comprendre si cette « mémoire » influencera les réponses de l’arbre. Trouver des réponses pour maintenir une forêt résiliente est une priorité absolue. C’est ce à quoi s’emploie l’ONF à travers sa « stratégie changement climatique » », conclut l’ONF.
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