Nos hommes politiques sont beaux. Point commun qui les rassemble sous le bronzage éphémère de leurs villégiatures estivales, en mer, montagne ou campagne universitaire d’été, en terres chauffées par le brûlis politique. Ils étaient en vacances selon notre Premier ministre contrit de n’avoir pu les joindre pour les inviter, les écouter et les convaincre de s’aligner dans l’épreuve de la dernière chance, pour sauver la nation. Tous étaient préparés, conditionnés, pour atteindre leur pic de forme. Mais, seulement, le 23 septembre, à l’occasion de l’ouverture de la session parlementaire ordinaire soumise au risque d’approbation d’une motion de censure contre leur gouvernement. La chose allait bon train, chacun s’accordant à sceller le sort du porte-drapeau de la délégation française engagé dans un slalom périlleux, vers une sortie de piste inéluctable. Peu nombreux étaient-ils donc à se bousculer au portillon, derrière le grand économe. Le promoteur d’un parcours sinueux, délimité par des portes entrouvertes sur une dynamique de pente abyssale. Vers l’abîme. Le gouffre du déficit, de la dette, du désespoir, tonitrué à bon escient pour décourager ou discipliner les risque-tout. En vain.
Le premier qui dit la vérité !
Bien au contraire, la pathétique mobilisation du Palois est demeurée sans effets, jusque dans l’écho étouffé de ses supporters, ceux-là même qui ont damé et entretenu la piste glaçante de la dégringolade. Acculé, le madré montagnard a surpris son monde en devançant l’appel pour solliciter la confiance des parlementaires, dès le 8 septembre prochain. Une volte-face inattendue et spécieuse de marionnettiste trahi par une ficelle un peu grosse. La situation financière de la France est dramatique. Tout le monde en convient mais, pour autant, n’accordera pas grâce à celui qui «dit la vérité». Il n’est pas le premier et pourtant devrait être exécuté, précipité dans le vide sidéral d’une crise politique probable. Le couloir était trop étroit, dans lequel François Bayrou s’est engouffré pour survivre aux probabilités d’une chute prophétisée, à l’unisson des observateurs. Un nouveau Premier ministre, une dissolution, voire le départ du Président, sont évoqués pour imaginer une nouvelle ligne, dans la neige fraîche et les jours blancs figés par un épais brouillard.
Georges Chabrier
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