Georges Théophile Legagneux naît le 24 décembre 1882 à Puteaux dans la banlieue parisienne. A l’âge de 21 ans, il travaille comme mécanicien dans une entreprise de tramways électriques. Il est alors recruté par la toute nouvelle entreprise Levavasseur, laquelle, après avoir échoué dans la fabrication d’un aéroplane, s’est lancée dans la conception de moteurs. Elle rencontre le succès dans ce domaine et fonde la firme Antoinette.
L’intention de voler titille beaucoup d’hommes intrépides à cette époque. Alors qu’il effectue son service militaire, Legagneux est détaché auprès du capitaine Ferber, un militaire qui s’est juré de voler comme un oiseau. En 1908, après neuf expériences malheureuses, l’opiniâtre officier parvient enfin à concevoir une machine qui décolle ! Il cède parfois les manettes de son biplan à son jeune mécano. L’élève ne tarde pas à dépasser son maître.
En 1909, Georges Legagneux remporte le prix de l’Aéro-Club de France. Il parvient à effectuer un vol de 256 mètres ! Avec l’argent du prix, il s’achète un monoplan Blériot. Son rêve s’est concrétisé : il quitte la société Levavasseur pour présenter ses services auprès d’autres sociétés aéronautiques. Maintenant, il aligne les heures de vol.
Le 29 juillet 1909, c’est la gloire : il effectue le premier vol d’un aéroplane à moteur en Suède ! Dans ce domaine de l’aviation naissante, on cherche à établir des records. Ainsi, en décembre 1910, Legagneux porte le record du monde d’altitude à 3180 mètres. La même année, il vole sur la distance de 516 kilomètres. Notre pilote cumule les succès.
Dès lors, les meetings aériens deviennent l’attraction phare partout en Europe. Ils sont dotés de primes très élevées, ce qui permet aux intrépides aviateurs de se payer de nouveaux aéroplanes de plus en plus performants. On invente alors les courses de ville à ville. En juin 1912, Legagneux participe au circuit d’Anjou, un triangle qui va d’Angers à Saumur puis à Cholet et revient à Angers. Il faut effectuer 7 fois la boucle, ce qui représente 1100 kilomètres. Le prix est doté de 50 000 francs pour le vainqueur. La météo perturbe l’épreuve qui est remportée par Roland Garros. Legagneux a abandonné.
En janvier 1912, Georges Legagneux devient chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur. L’année suivante, à Saint-Raphaël, il bat le record en montant à 6120 m. Il reste le seul pionnier de l’histoire de l’aviation à avoir battu à quatre reprises le record d’altitude. Parallèlement à ses exploits sportifs, il travaille à la réalisation de nouveaux moteurs pour la société Morane-Saunier. Avec son coéquipier Robert Martinet, il fonde l’aérodrome de Corbelieu près de Compiègne ainsi qu’une école de pilotage sur des appareils Farman. Il continue à être pilote instructeur chez Voisin et devient chef pilote chez Breguet.
Le 6 juillet 1914, à Saumur, lors d’un vol exhibition, il effectue un piqué qui sollicite son avion au-delà de ses capacités. Le pilote perd le contrôle de son appareil qui termine sa course dans la Loire. On ne saura jamais si c’est l’hélice ou le moteur de son appareil qui n’a pas supporté l’épreuve. Le meeting aérien se termine en drame. « L’homme oiseau » se tue ainsi à l’âge de 31 ans. Il était marié et père d’un enfant. Pour l’anecdote, il était descendu à l’hôtel de Londres qui existe toujours. Dans les jours qui suivent l’accident, une cérémonie religieuse en grande pompe est célébrée à l’église Saint-Pierre puis le cortège ne se dirige pas vers le cimetière mais vers la gare d’où partira le cercueil pour Puteaux.
Huit jours avant l’accident, l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche avait été assassiné à Sarajevo. Le début de la première guerre mondiale n’était plus qu’une question de jours…
Bibliographie : HARTMANN Gérard, Georges Lagegneux, l’homme oiseau – http://www.hydroretro.net/etudegh/georgeslegagneux.pdf
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