Pierre-Paul-François-Joachim-Henri Le Mercier de la Rivière de Saint-Médard naît à Saumur le 11 mars 1719. Il est baptisé en l’église de Nantilly. Ses parents se sont mariés l’année précédente à Varrains et ils n’auront que ce fils unique. Son père, Paul-Philippe, est trésorier général à Tours et conseiller du roi. Possédant une propriété à Chouzé-sur-Loire, il se dit baron de Saint-Médard. Sa mère, originaire de Varrains, s’appelle Marie-Claude Le Bigot de la Chouanière. Elle meurt trois ans après la naissance de ce fils unique.
Cette famille appartient à la haute aristocratie française. Elle réside la majorité du temps à Versailles, près du roi. Pierre-Paul débute comme conseiller au Parlement de Paris. Maître des requêtes, il devient ensuite conseiller d’Etat. Madame de Pompadour et le cardinal de Bernis le tiennent en haute considération. C’est toujours à la cour que Pierre-Paul Lemercier rencontre François Quesnay, médecin de la reine et chef de file des Physiocrates. Ce groupement d’intellectuels compose la première école économique du pays. Ses membres préconisent la liberté des échanges et défendent l’idée selon laquelle l’agriculture est la seule activité véritablement productive dans une nation.
En 1759, notre homme est nommé gouverneur de la Martinique. A son retour en France, quelques années plus tard, il se lie avec les Encyclopédistes, et plus particulièrement avec Diderot. Il publie un ouvrage intitulé Ordre naturel et essentiel des sociétés politiques dans lequel il propose de poser les règles du droit constitutionnel sur un ordre naturel de la société qui s’appliquerait à tous. Il appelle de ses vœux la création d’une confédération générale des Etats de l’Europe.
L’impératrice de Russie, Catherine II, qui cherche à moderniser le fonctionnement de sa nation, le fait venir à Saint-Pétersbourg. Il y débarque avec son épouse et sa maîtresse, madame Baurans. Mais les réformes qu’il propose n’ont pas l’heur de plaire à la souveraine. Après son départ, elle fera parvenir à Voltaire une lettre (que celui-ci se fera un malin plaisir de diffuser) où elle se moque des préconisations de Lemercier.
Il rentre une nouvelle fois en France où Turgot le nomme ordonnateur au Cap à Saint-Domingue pour rédiger le code de cette île. De retour à Paris, il rejoint les Physiocrates et publie de nombreux ouvrages. Il traverse la Révolution sans trop d’ennuis apparemment. Mis à la retraite sous le Directoire, il régularise sa situation en épousant sa maîtresse. Il décédera peu de temps après à Grigny, dans la région parisienne, le 27 novembre 1801.
Dans son livre Le Capital, Karl Marx fait référence à Pierre-Paul Lemercier de la Rivière.
Bibliographie :
– HERENCIA Bernard, Les physiocrates (18e siècle) et l’Europe : Paul Lemercier de La Rivière (1719-1801), EHNE, Sorbonne Université. Encyclopédie d’histoire numérique de l’Europe.
– PORT Célestin, Dictionnaire historique, géographique et biographique de Maine & Loire, Editions Siraudeau, Angers, 1965.
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