Journées du Livre et du Vin. Renaud Leblond et « le nageur de Auschwitz »

Suite aux Journées du Livre et du Vin qui ont tenu leur 30e édition le week-end dernier, retrouvez plusieurs portraits et rencontres avec des auteurs présents à ce salon. Ici, Renaud Leblond et « le nageur de Auschwitz ».

Renaud Leblond parle de son ouvrage avec conviction et retenue. Son héros est un de ces personnages qui a vécu dans sa chair les exactions de la seconde guerre mondiale et est revenu brisé mais pas vaincu. Alfred Nakache est juif à une époque où le dire est risqué. Son talent de nageur l’a emmené vers toutes les victoires et en 1938 protégé par Jean Borotra, il a remporté toutes les victoires s’est vu remettre toutes les médailles et pourtant… un jour, il est arrêté et déporté avec sa femme et sa fille. Arrivé à Auschwitz, il se raccroche à l’espoir de les revoir vivantes. « Il avait le don de l’empathie » ajoute Renaud Leblond décrivant Alfred Nakache comme un homme de résilience et de dépassement de soi. Faire revivre ce grand sportif et brosser un portrait tout en nuances et en sincérité, voilà la mission de l’écrivain qui fait renaître sous sa plume le héros d’une époque troublée. L’écrivain ajoute : « Aujourd’hui, on le redécouvre et une pièce de théâtre lui est consacrée ». Un dessin animé reconnu aux oscars vient parachever ces hommages posthumes pour celui qui, bien plus tard, découvrira que sa famille était morte gazée dès le premier jour. Aujourd’hui, il n’y a presque plus de témoins, écrivains et historiens sont là pour un devoir de mémoire.

Résumé

Jamais Alfred Nakache, enfant juif de Constantine, n’aurait imaginé défendre un jour les couleurs de la France aux Jeux olympiques de Berlin en 1936. Ni décrocher le record du monde du 200 mètres brasse papillon en 1941, sous le régime du maréchal Pétain. À force de volonté, armé d’un invincible sourire, il s’est hissé au sommet des podiums. Mais, lors des championnats de 1943, le voilà interdit de bassin. En décembre de la même année, « le poisson » est arrêté puis déporté à Auschwitz. Il y bravera ses gardiens en allant nager, au péril de sa vie, dans des réserves d’eau à l’autre bout du camp. Sans savoir s’il reverra un jour sa femme et sa fille, dont il a été séparé, sur le quai, à l’arrivée du convoi 66. Face à la folie des hommes, il traversera le pire, porté par une volonté indéfectible : nager envers et contre tout, dans l’espoir de retrouver sa famille.

Infos pratiques : « Le nageur de Auschwitz » Prix Antoine Blondin 2023 des Journées du Livre et du Vin. Dernier ouvrage de l’auteur : « Les âmes combattantes » aux éditions l’Archipel.

Cécile Bodeven

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