C’est à Saumur que Lucien Gautier voit le jour le 27 juillet 1913 au sein d’une famille bourgeoise. Son oncle est le contre-amiral André Commentry qui ne sera maire de Saumur que deux mois au début des années 50. Le garçon fait des études dans les meilleurs établissements privés de la région : Institut Saint-Louis de Saumur et Saint-Gab’ à Saint-Laurent-sur-Sèvre. Il participe aux combats de 1940, ce qui lui vaut la Croix de guerre 1939-1945.
Après une carrière professionnelle dans le commerce en gros du fer et du charbon, il atteint la quarantaine en 1953 et se lance dans la politique. Il entre d’abord au Conseil municipal de Saumur puis devient premier adjoint du maire deux ans plus tard. Aux municipales de mars 1959, déjà conseiller général du canton Saumur-Sud, il est élu maire de Saumur.
Lucien Gauthier lance de nombreux projets : la piscine sur l’île d’Offard, la MJC place Verdun, la Bibliothèque municipale, l’Ecole de musique. Il accélère l’achèvement de l’hôpital de la Fuye destiné à accueillir les personnes âgées. Il obtient de l’administration la création d’une seconde ligne de ponts. Durant son mandat, il se bat pour que le Cadre Noir, porteur d’une part importante de l’identité historique de Saumur, s’y maintienne. Le gouvernement d’alors souhaite transférer l’école militaire au sein de l’Institut National d’Equitation. En 1971, Lucien Gautier obtient le regroupement des deux institutions à Saumur. Mais, en ces années d’après mai 68, l’ambiance est morose. Les industries traditionnelles sont frappées de plein fouet. Les Saumurois prennent conscience du déclin de leur ville et en rendent responsable leur maire.
Au premier tour des élections municipales de 1971, les électeurs peuvent encore rayer des noms et opérer des panachages, Lucien Gautier arrive 17e et dernier de sa liste ! Il n’est pas réélu. Il se consacre alors à ses fonctions de sénateur et au Conseil général dont il devient le président. Sur le plan politique, sa position est ambiguë : au Sénat, il est apparenté UDR (Union pour la Défense de la République), mouvement proche de De Gaulle, alors qu’il ne cache pas ses sympathies pour les RI (Républicains Indépendants). A partir de 1977, il siège au sein du RPR (Rassemblement Pour la République) de Jacques Chirac. A Saumur, il est en conflit avec le Groupement d’Action des Commerçants et Artisans qui critiquent son plan de réaménagement du centre-ville.
Lucien Gautier est un conservateur inflexible. Il refuse toutes les grandes réformes sociales qui marquent la seconde moitié du XXe siècle : en 1967, il vote contre la légalisation de l’usage de la pilule ; en 1975, il vote contre la loi Veil autorisant l’interruption volontaire de grossesse ; en 1981, il vote contre l’abolition de la peine de mort défendue par Robert Badinter.
A 70 ans, Lucien Gautier décide de se représenter aux élections sénatoriales, mais le contexte politique est délétère. Les relations entre l’UDF (Union pour la Démocratie Française) de Valéry Giscard-d’Estaing et le RPR sont très mauvaises. Il est battu par le candidat de l’UDF. Il aura été sénateur de 1965 à 1983.
Lucien Gautier se retire alors dans sa propriété de Chétigné toute proche de Saumur. Il meurt le 3 février 1992 à l’âge de 78 ans. Lucien Gautier était chevalier des Palmes académiques et du Mérite agricole. Aujourd’hui, les quais devant l’Hôtel de ville de Saumur portent le nom de Lucien Gautier.
Bibliographie : https://www.senat.fr/senateur/gautier_lucien000319.html / Archives municipales de Saumur
S'inscrire gratuitement à la newsletter
Nous contacter
Lettre d'infos
écrire
communiquer Copyright © IGNIS Communication Tous droits réservés
