À première vue, cette journée peut surprendre. Dans une société où les messages autour de la minceur sont omniprésents, parler de “sans régime” peut parfois être interprété comme un encouragement au laisser-aller. Pourtant, sur le terrain, la réalité est souvent bien différente. Dans mon cabinet de diététicienne, je reçois régulièrement des personnes épuisées par des années de régimes, de contrôle alimentaire et de culpabilité. Beaucoup ont essayé plusieurs méthodes, parfois très strictes, avec souvent le même scénario : perte de poids, reprise, découragement… puis nouveau régime. Et au fil des consultations, un constat revient souvent : ces patients ne manquent généralement pas de volonté. Ils manquent surtout de confiance dans leur alimentation et dans leur capacité à s’écouter. Car aujourd’hui, beaucoup de personnes connaissent parfaitement les règles nutritionnelles. Elles savent ce qu’il “faudrait” manger, quels aliments éviter, quelles applications utiliser ou quels programmes suivre. Pourtant, malgré toutes ces connaissances, les difficultés persistent souvent.
Pourquoi ? Parce que le comportement alimentaire ne se résume pas à une question de discipline. Le poids et l’alimentation sont influencés par une multitude de facteurs : le stress, les émotions, le sommeil, la fatigue mentale, l’histoire personnelle, les habitudes familiales, l’environnement, le rythme de vie, les changements professionnels ou personnels, l’image corporelle ou encore les habitudes construites parfois depuis l’enfance. Et c’est précisément là que certaines approches très commerciales de la perte de poids montrent leurs limites. Derrière des promesses séduisantes — perte rapide, méthode simple, suivi hebdomadaire, substituts, compléments ou aliments spécifiques — se cache parfois une véritable logique de dépendance au programme. Car un patient qui retrouve une relation stable et autonome avec son alimentation devient rarement un client fidèle à long terme. À l’inverse, l’effet yoyo entretient souvent le système depuis des années. Quand l’alimentation devient trop restrictive, trop contrôlée ou trop culpabilisante, le corps finit généralement par réagir. La faim augmente, les pensées alimentaires prennent davantage de place, la frustration s’installe… puis viennent souvent les craquages, la perte de contrôle et la culpabilité. Et bien souvent, le poids remonte. Ce n’est pas simplement une question de motivation. C’est aussi une réponse physiologique et psychologique normale face à la restriction.
Aujourd’hui, ma pratique de diététicienne s’appuie largement sur l’accompagnement du comportement alimentaire. Mes formations, mon expérience de terrain et les nombreux patients accompagnés au fil des années m’ont amenée à développer une approche différente de la prise en charge du poids. Car dans beaucoup de situations, les difficultés ne viennent pas uniquement de l’alimentation elle-même. Elles sont souvent liées à un ensemble de facteurs qui s’entremêlent : la relation au corps, les émotions, le stress, la fatigue mentale, l’environnement familial, les habitudes de vie, certaines périodes de transition ou de fragilité, ou encore les multiples règles alimentaires accumulées au fil des régimes.
L’alimentation ne se construit jamais en dehors de la vie réelle. Dans cette approche, il me semble essentiel de travailler davantage sur l’observation et la compréhension des mécanismes alimentaires plutôt que sur le contrôle permanent. Comprendre pourquoi certaines émotions déclenchent des prises alimentaires. Pourquoi le stress, la fatigue ou certains contextes de vie modifient l’appétit. Pourquoi les périodes de restriction favorisent souvent les compulsions ou les pertes de contrôle. Pourquoi certaines personnes alternent depuis des années entre contrôle strict, culpabilité et découragement. L’objectif n’est pas d’ajouter un nouveau cadre rigide à suivre parfaitement. Il s’agit plutôt d’aider les personnes à retrouver progressivement une forme d’autonomie alimentaire, à refaire confiance à leurs sensations et à construire des habitudes plus stables, plus conscientes et plus durables. Cela passe souvent par des éléments simples mais fondamentaux : réapprendre à manger plus lentement, retrouver la satiété, identifier certains automatismes, diminuer la culpabilité alimentaire, remettre du plaisir dans les repas et sortir du schéma permanent “je contrôle puis je craque”. Car on ne construit pas une relation sereine avec l’alimentation dans la lutte permanente contre soi-même. Faire la paix avec son assiette ne signifie pas ne plus prendre soin de sa santé. Cela signifie apprendre à construire une alimentation plus consciente, plus stable, plus adaptée à soi… et surtout plus durable. Et paradoxalement, c’est souvent lorsque cette guerre intérieure commence à s’apaiser que les habitudes évoluent réellement sur le long terme. Le véritable objectif, c’est de retrouver une alimentation suffisamment équilibrée, dans tous les sens du terme, pour prendre soin de sa santé… sans que cela envahisse toute la vie. C’est-à-dire remettre du sens dans l’assiette, le plaisir de manger en prenant soin de sa santé
La recette de la semaine : Poêlée de steak haché, patate douce et champignons
Ingrédients 4 personnes : 450 g de bœuf haché – 2 gousses d’ail – 1 oignon – 1 poivron -250 g de champignons de Paris – 2 patates douces – 1 petite boîte de maïs – 1 c. à soupe de moutarde -125 g de sauce tomate – 1 c. à café d’herbes de Provence – 1 c. à soupe d’huile d’olive -Sel Poivre
Épluchez et coupez les patates douces en cubes. Lavez le poivron, enlevez ses pépins et coupez-le en lanières. Lavez les champignons et coupez-les en deux. Épluchez et découpez l’oignon et les gousses d’ail.
Faites chauffer l’huile dans une poêle à feu moyen-vif. Ajoutez la viande hachée et faites dorer environ 5 minutes en remuant et en émiettant la viande avec une cuillère en bois. Une fois dorée, transvasez sur une assiette.
Dans la même poêle, ajoutez l’oignon, l’ail, les champignons et les patates douces et faites revenir à feu vif 3 minutes. Versez 15 cl d’eau (ou 4 cl d’eau par personne), la sauce tomate, la moutarde, les herbes de Provence, du sel et du poivre. Couvrez et laissez mijoter pendant environ 15 min ou jusqu’à ce que les patates soient tendres.
Remettez la viande dans la poêle et ajoutez le maïs égoutté. Mélangez sur feu vif encore 2 minutes pour faire réduire la sauce. Servez.
Et cette semaine, je vous invite à tester également le Pain perdu aux fruits d’été.
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