Sur le terrain de l’entrepreneuriat des femmes, il y a des avancées indéniables mais qui ne doivent pas minimiser le fait qu’aujourd’hui encore, les femmes voient moins grand, demandent et obtiennent moins d’argent, moins d’accompagnement… Alors ce que les femmes ne demandent pas, à l’Adie, on le leur propose systématiquement. Dans ce contexte, pour lever la dimension systémique des inégalités qui pèsent sur l’entrepreneuriat des femmes, surtout quand elles viennent de milieux modestes ou élèvent seules leurs enfants, l’Adie organise du 1er au 5 juin une semaine de sensibilisation nationale dédiée à l’entrepreneuriat féminin, avec une dizaine de RDV et ateliers dans les Pays de la Loire. L’Adie est une association nationale reconnue d’utilité publique qui défend l’idée que chacun, même sans capital, même sans diplôme, peut devenir entrepreneur, s’il a accès à un crédit et à un accompagnement professionnel. Depuis plus de 35 ans, son réseau de spécialistes finance et accompagne les créateurs d’entreprise, pour une économie plus inclusive. Dans les Pays de la Loire, l’Adie s’appuie sur une équipe de 18 salariés et de 68 bénévoles répartis dans 6 agences et 15 permanences, dont l’engagement a permis de financer et d’accompagner 726 entrepreneurs dans la création et le développement de leur activité en 2025.
Créer son entreprise, les femmes avancent, les inégalités persistent
Aujourd’hui les femmes entreprennent presque autant que les hommes. La représentation des femmes dans la création d’entreprise a en effet connu, sur la dernière décennie, une croissance continue. En 2025, 44 % des entreprises individuelles ont été créées par des femmes qui représentent désormais 43 % des chefs d’entreprise. Si la dynamique est positive, elle ne doit pas masquer les écarts persistants dans le recours aux ressources et à l’accompagnement entrepreneurial. Sur le terrain, cette progression est déjà visible. Dans les Pays de la Loire, l’Adie accompagne une part importante d’entrepreneuses : elles représentent aujourd’hui 43 % des personnes financées par l’association dans la région – un chiffre stable ces dernières années. « Malgré tous les freins qu’elles doivent surmonter, à l’Adie, 9 entrepreneuses sur 10 se disent satisfaites d’avoir créé leur entreprise. C’est un puissant levier d’émancipation et une vraie source d’indépendance qui renforce leur estime personnelle. Encore faut-il qu’elles se l’autorisent pleinement. Mais pas simple de se projeter dans le rôle quand les entrepreneuses sont si invisibilisées qu’à peine 3 Français sur 10 sont capables d’en citer une » précise Fabienne Kerzerho, Directrice de l’Adie Grand Ouest.
Le principal frein : l’autocensure
Ce ne sont en effet ni l’envie, ni les idées, ni le talent d’entreprendre qui manquent aux femmes. Et les solutions ne sauraient se réduire à la simple injonction à oser se lancer. Bien souvent, c’est l’environnement qui les contraint, insidieusement, à l’intersection de diverses discriminations conscientes ou inconscientes, à limiter leurs ambitions. La première barrière à laquelle se heurtent les entrepreneuses reste la difficulté d’accès au financement*. Même si les institutions engagées dans la création d’entreprise ont pris la mesure de ce fossé et se sont mises en ordre de marche pour le réduire considérablement, la Banque de France souligne que l’écart de financement persistant entre les femmes et les hommes qui entreprennent tient surtout au fait que les entrepreneuses demandent moins souvent et de moindres montants que les hommes. En effet, les entrepreneuses ne se voient pas opposer davantage de refus de crédit. Le principal obstacle intervient bien plus tôt : au moment même de solliciter un financement. Aujourd’hui, seules 38 % des entrepreneuses ont sollicité et obtenu un financement externe, contre 43 % des entrepreneurs*. Et lorsqu’elles franchissent le pas, elles empruntent des montants plus modestes, souvent par prudence face au risque. Dans les Pays de la Loire, l’Adie observe la même tendance : « le montant moyen emprunté par une entrepreneuse s’élève à 4191 €, contre 5409 € pour un homme ». Pourtant, lorsque les entrepreneuses mobilisent un financement, elles le font fréquemment pour des projets de création ex nihilo : 15 % des financements accordés à des femmes par l’Adie dans les Pays de la Loire ont permis la création d’une entreprise, contre 14 % pour les hommes. Et le taux de pérennité à 5 ans des entreprises créées par les femmes est équivalent à celui des hommes (70 %) et même supérieur chez les micro-entrepreneuses (45 % contre 36 %)**.
L’accompagnement, un levier décisif pour passer de l’envie à l’entreprise
Les entrepreneuses restent moins nombreuses à solliciter un accompagnement : 54 % contre 62 % des hommes***. « Les femmes entreprennent, créent, structurent … mais sollicitent encore moins souvent les outils qui pourraient accélérer leur projet. Par manque d’information souvent, mais également par volonté de moins s’exposer aux risques, par manque de confiance ou tout simplement de culture de la gestion entrepreneuriale. C’est précisément sur ces problématiques que nous pouvons agir concrètement pour les accompagner » détaille Fabienne Kerzerho. « Alors, ce que les femmes ne demandent pas, à l’Adie on le leur propose systématiquement », ajoute-t-elle. Cette démarche volontariste porte ses fruits : « les femmes représentent les 2/3 des publics qui assistent aux formations. Au-delà des compétences purement techniques (comptabilité, digital, marketing…) elles y trouvent des ressources pour développer un nouveau rapport à l’argent, à la valeur de leur temps et de leur travail. » L’accompagnement constitue un levier décisif : accès à l’information, compréhension des solutions de financement, montée en compétences, confiance en soi, réseau… autant d’éléments qui permettent de transformer une envie d’entreprendre en projet viable.
Un événement dédié à l’entrepreneuriat féminin à Saumur
Le jeudi 4 juin de 10h à 11h30 le théâtre du Dôme de Saumur accueillera le « Forum pour entreprendre ». Inspirez-vous des parcours locaux et boostez votre confiance pour vous lancer à votre tour ! Un événement en partenariat avec l’Urssaf, la CCI, la Banque de France, la BGE, France Travail, Initiative France, BPGO, Le Dôme, et Saumur Agglomération. Inscription sur https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfO1zrNonsIePm4Td2DsH0X2f_XkdHoBMeEqn5zpWpwJBPzBg/viewform.
*L’indice entrepreneurial français 2025, volet femmes, Bpifrance Le Lab, mars 2026, p.20
**Baromètre sur l’entrepreneuriat des femmes en France – Bpifrance – Mars 2026
***L’indice entrepreneurial français 2025, volet femmes, Bpifrance Le Lab, mars 2026, p.20
S'inscrire gratuitement à la newsletter
Nous contacter
Lettre d'infos
écrire
communiquer Copyright © IGNIS Communication Tous droits réservés
