L’édito du Kiosque : Allô mamans, bébés !

En France, la natalité est en baisse. Plus doucement qu’ailleurs, mais surement, la crise progresse. Le « réarmement démographique » est en marche sur des pistes rebattues, aux effets infertiles. Les solutions sont ailleurs.
©AFP

La France ne fait plus de bébés. Enfin plus assez, même si elle résiste plutôt bien à la désescalade des ressources humaines constatée un peu partout sur la planète. Hormis dans les pays les plus pauvres, où vivent ceux qui n’ont guère connu d’horizon autre que la prairie ou la misère. Notre État protecteur et visionnaire a donc décidé d’agiter les consciences dans les strates concernées, en panne d’ambitions procréatrices. D’autant, d’ailleurs, que le « désir d’enfant » resterait élevé en France, sa réalisation étant de plus en plus entravée par les « obstacles économiques, professionnels et symboliques ».  Ainsi, le « réarmement démographique » cher à Emmanuel Macron s’impose. Il est en marche, proposant de lutter contre l’infertilité, la mortalité enfantine, d’adapter les congés parentaux et d’améliorer la prise en charge et l’accueil de nos bouts de chou. Les choses devraient aller à bien, agrémentées d’une alléchante cerise sur la charlotte aux fraises, un chèque, un de plus, de 250 € mensuels, versés universellement pour les 3 premiers enfants, de 0 à 20 ans.

Œuvrer sur le fond

En principe, d’ailleurs, car l’offre se diluera dans la fusion d’aides existantes dans le cadre de maints dispositifs inhérents aux politiques sociales et familiales. Attendons donc de voir avant d’espérer la régénération d’un désir en bleu, blanc, rouge, en contradiction avec les nombreuses nations dont les efforts de même nature sont restés vains, infertiles. Les solutions seraient donc ailleurs, là où ne cherchent pas vraiment nos gouvernants, inféconds et déficients pour œuvrer sur le fond en affrontant, sans calculs, les racines profondes du mal qui circonscrit les ardeurs de nos jeunesses. Les programmes électoraux ne répondent plus aux impératifs d’une communauté en quête de repères, de projets et, surtout, de résultats arrimés au réel, en matière de pouvoir d’achat, de logement, de bien-être dans un environnement apaisé et harmonieux. Une société peut être moins égalitaire, mais plus juste et équitable pour toutes les personnes desservies ou contraintes de surmonter des écueils majeurs. Une société d’avenir et d’espoir, sans pénitence entrevue ou annoncée pour ses futurs enfants.

Georges Chabrier

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