Si vis pacem, para bellum. Si, donc, tu veux la paix, prépare la guerre, dit le vieil adage. Trump, lui, ambitionne le prix Nobel de la paix en faisant la guerre. En lançant l’opération « fureur épique » contre le régime d’Iran, le président des États-Unis a fait un choix contraire à tous ses engagements de campagne en matière d’interventionnisme militaire hors des frontières de son pays. Une option irréversible dont il devra assumer les conséquences en cas de faillite de l’entreprise. Transcendé par les versions élogieuses de ses succès à l’estorgue, ses chicanes douanières, résolutions de conflits, enlèvement de Maduro, le général Maga ne rêvait-il pas en secret d’une épopée héroïque ? D’une victoire d’empire, en Perse, pour l’exemple, chez les mollahs sanguinaires. De l’ampleur d’illustres faits d’armes accrochés à la gloire des immortels de la grande Histoire. Aujourd’hui, le Moyen-Orient est en feu sous les salves concentrées et précises de l’hyperpuissante coalition américano-israélienne et des ripostes tactiquement réparties des survivants du régime décapité. Le symbole est fort, le guide suprême est tombé, mais, pour autant, la partie est loin d’être gagnée jusqu’à la victoire proclamée par l’un ou l’autre des camps enclins, pourquoi pas, à se satisfaire d’une réussite adaptée à de moins vénérables ambitions. Même exsangue, le régime pourrait survivre, voire s’accommoder pour revenir en négociations sur les questions clés du nucléaire et des missiles. Et, appât non négligeable, concéder à Trump un « deal » avantageux sur l’exploitation de ses ressources énergétiques. De quoi calmer les ardeurs du Maga mais, à moindre intérêt, celles de Netanyahou hanté par l’anéantissement définitif de cette menace existentielle.
L’onde de choc
En ce sens, « Bibi » est préparé pour une guerre longue dont les effets pourraient être dévastateurs pour un pays en danger de balkanisation, dans un conflit régional entre milices armées, kurdes, azéries ou baloutches, voire d’invités « bienveillants » et opportunistes tels le Pakistan ou l’Azerbaïdjan, grand complice de la Turquie. Bien loin des idéaux d’un peuple inspiré par la paix, épris de cette liberté qui lui échappe depuis l’avènement de la République islamique de Rouhollah Khomeini, en 1979. Nul ne peut prédire son sort, tant les intérêts des belligérants fluctuent et s’adaptent aux éclats des récits, des bombes, des effets collatéraux sur l’économie de l’or noir, du business mondial secoué par l’onde de choc. Sous le manteau, la Chine tend la main préoccupée par sa dépendance au pétrole iranien. De loin, la Russie observe. Elle perd ses amis, les Assad, Maduro, Khamenei, bientôt Cuba et d’autres encore dans le viseur américain. Malgré tout, elle se réjouit d’une crise annoncée pour vendre ses hydrocarbures plus chers et alimenter son économie de guerre. Ce nouveau temps favorable se fait au détriment d’une Ukraine appauvrie, qui est sous la menace prégnante de coupes encore plus drastiques dans l’aide matérielle et financière accordée par le gouvernement américain. Voire, pire encore, si d’aventure Trump sortait électrisé de son odyssée orientale pour porter une ultime estocade, un infâme assaut pour faire capituler Volodymyr Zelensky et soulager son ami Poutine.
Georges Chabrier
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