La concomitance de deux actualités contribue souvent à l’élaboration de conjectures excessives. À l’évolution d’un phénomène ou d’un débat irrité par des émotions sincères et légitimes mais aussi, parfois, par des surréactions déterminées par de sourdes arrière-pensées. Ainsi l’émission de Julien Courbet, sur M6, au sujet de l’agression sauvage de Jimmy Le Pivert-Arnault, en juillet 2024, a-t-elle ravivé les passions autour d’un sujet prégnant : la sécurité. Plus de sûreté aurait-il permis d’éviter le drame vécu par ce jeune Saumurois ? Nul ne le sait et pourtant d’aucuns le laissent à penser en ces temps où la question s’impose surabondamment. Sans caméras, la scène n’a pas été enregistrée. Par nombre de témoins, elle a été mémorisée puis effacée du disque dur de bonnes consciences préoccupées par leur propre… sécurité. Souhaitons simplement que la lumière soit faite pour contribuer au rétablissement de la justice. « Appels à témoins » a relancé cette affaire enlisée et l’appétit sécuritaire des prétendants à la succession du maire de Saumur.
Garanties de sécurité
Les listes fratricides de Séverine Lécuyer et de Bertrand Chandouineau, celle du Rassemblement national de Jean Metzinger s’en donnent à cœur joie dans une surenchère audacieuse, opportuniste. Des caméras partout, plus de policiers municipaux et en armes, des maîtres-chiens et un nouveau label pour la Ville amie des enfants, amie des aînés, ludique et sportive, d’arts et d’histoire, de tourisme, fleurie : Saumur, ville des « voisins vigilants ». Comme dans nos villages balayés par le silence et l’obscurité, lointains, nichés dans des déserts ruraux. La sécurité, dans toutes ses déclinaisons, se vend bien, au point de justifier toujours plus la restriction de certaines libertés publiques ou privées, agressées de toute part. L’équilibre est précaire et la préservation des droits fondamentaux des individus se dilue sous la pression exercée pour l’avènement d’une société sans dangers, sous surveillance, sous contrôle, de nature à instituer la servitude des populations. Pour conjurer les risques, il conviendrait donc d’accroître, d’accumuler sans cesse les moyens de protection, de les infliger par la contrainte, voire la violence. Un peu comme dans les autocraties, les dictatures, chez tous ceux qui monnaient et menacent si vous n’acceptez de bon gré leurs garanties de sécurité. Outre-Atlantique, un adversaire des vraies libertés au désir excessif de sécurité veut vassaliser ses amis, son monde. Au nom de la sécurité nationale, il purge, ses services, tous ses ennemis de l’intérieur, dont les démocrates et leurs États gangrenés par les terroristes de l’immigration. Il traque et tue dans les « streets de Minneapolis », comme vient d’écrire et chanter le boss, Bruce Springsteen.
« Oh, notre Minneapolis, j’entends ta voix
Pleurant à travers le brouillard sanglant
Nous nous souviendrons des noms de ceux qui sont morts.
Dans les rues de Minneapolis
Maintenant, ils disent qu’ils sont là pour faire respecter la loi
Mais ils piétinent nos droits… »
Renoncer aux libertés essentielles pour acheter quelques crédits de sécurité éphémères est un authentique sujet de réflexion. Même, peut-être, pour des candidats aux prochaines élections municipales.
Georges Chabrier
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