Fabien Roussel est le dernier candidat déclaré à l’élection présidentielle. Invité à la « grande confrontation » sur la chaîne LCI, le secrétaire national du Parti communiste a confirmé vouloir « aller jusqu’au bout » avant un éventuel rassemblement au second tour. C’est dit ! Il marchera seul, comme Bruno Retailleau et tant d’autres légitimes, obstinés dans le sillage et l’aspiration des favoris portés par les sondages. À gauche et à droite, Mélenchon et Philippe pédalent en tête et en solo. Ils appellent à l’union pour éviter l’écueil d’un premier tour aléatoire, en regard de la présence pléthorique de concurrents. À ce jour, en effet, seul le RN semble irrévocablement invité au défi final. Du haut de ses certitudes, il en oublie même de douter. De traiter les fissures menaçantes de sa structure sapée par la lente érosion d’un groupe impatient, hétérogène, balloté par sa direction bicéphale. Le Pen et Bardella ne parlent pas le même langage, les bourdes s’accumulent et les fantômes du passé resurgissent au détour régulier de faits divers entachant la dédiabolisation factice du parti. Un violent ressac pourrait rebattre les cartes et passer la main à des finalistes inattendus, déclarés ou pas, pour peu qu’une nouvelle donne vienne contrarier les campagnes surannées de ceux qui distribuent des frites, courent les bistrots, crient haro sur le voile et les immigrés.
Mentions très bien…
La règle du jeu n’est plus de ne rien faire ou de saupoudrer de charité et d’artifices de vagues promesses, la France attend une ambition pour affronter de cruciaux challenges, le changement climatique, l’intelligence artificielle et la remise en forme équitable et maîtrisée de ses services publics, pour le bien-être de sa population. Pour défier courageusement l’avenir et anticiper, sans tarder, des tensions sociales déclenchées par la crise actuelle, la disparition programmée de nombreux emplois et le déclassement induit de populations non préparées. La jeunesse, notamment, déconnectée d’exigences éducatives et en mal de savoirs fondamentaux, comme le révèle le dernier classement PISA (programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis). Le niveau des élèves français régresse, en compréhension, sciences et mathématiques, dans une proportion très marquée chez les familles défavorisées. Pour autant, le taux de réussite au baccalauréat 2026 était de 91,4 % et, comme s’en félicitent crânement les ministres successifs de l’Éducation, en deux décennies le nombre de mentions « très bien » a augmenté, jusqu’à atteindre plus de 1 000 %. C’est mieux que la dette tricolore accrue de 200 %, sur la même période ! Nos énarques ne savaient peut-être pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait. Au pays des lumières, ils ne font plus recette.
Georges Chabrier
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