L’édito du Kiosque : le vent violent

La violence est partout. Nos cieux se déchaînent, engendrant des catastrophes naturelles récurrentes. Notre terre est brutalisée par les puissants prédateurs. Sur nos trottoirs coule parfois le sang de la haine.
AFP

De crues en crues, nos villes et nos campagnes se noient, s’emmitouflent dans le clapotis singulier d’ondes en liberté, affranchies de l’harmonie familière de leurs parcours. Pas un soupir. Depuis des jours et des semaines, il pleut, il neige, il vente, il fait du mauvais temps, du mauvais sort pour nos rivières et nos terres gorgées d’eaux ruisselantes et dévorantes. Désormais, un mal d’hiver afflige assidûment des populations contraintes, un jour ou l’autre, à changer d’horizon. Ici c’est l’eau, ailleurs le feu, les canicules, l’intensité et la fatalité des phénomènes climatiques présagent de bouleversements intenses et brutaux. Des migrations polyformes selon la précarité des populations et l’urgence de situations provoquées par ces dérèglements, bien entendu, mais aussi la prédation organisée des ressources naturelles par les plus forts, par la menace, voire la guerre. Dans le choix délibéré de la violence pour parvenir à leurs fins. Cette violence érigée en industrie comme aux États-Unis, par exemple, où Trump impose par la force son ordre injuste, et le fait passer pour juste. En dehors de toute civilisation, de la maîtrise recherchée et contrôlée de l’agressivité, la brutalité forge les relations d’un monde d’autrefois, sorti de notre imaginaire, auquel il faut pourtant se préparer pour s’adapter. La force est légitime et il est pertinent de lui obéir, sous la contrainte et dans la peur engendrant les ressentiments qui mèneront à la… violence. L’engrenage est huilé. Les Césars du monde aiguillonnent les comportements des nations, des individus, des apprentis sorciers en quête de reconnaissance, de pouvoirs et de richesses.

Les couards et les sauvages

Banalisée, la violence se répand sauvagement, comme le trop-plein de nos torrents, de nos gaves, les flammes dans nos forêts incandescentes. Elle exsude par tous les pores de l’information assoiffée de faits divers, de sensationnel qui indigne, révolte, clive et radicalise. La communauté des haines devient alors un ciment qui lie des amitiés opportunes, suspectes et obscures. Ainsi, dans une rue de Lyon, une rixe entre ultras, de gauche et de droite, a dégénéré. Un jeune homme de 23 ans, Quentin Deranque, est décédé. Dans la capitale des Gaules où ces affrontements violents sont institutionnalisés, le pire est donc arrivé, dans un déchaînement de violences meurtrières dont personne ne peut, ni ne doit, minimiser l’horreur. Indignement, le drame a été instrumentalisé à des fins politiques par d’ignominieux et spécieux propos laissant à penser que l’ultragauche avait l’apanage de la violence politique. Les données du ministère de l’Intérieur démontrent très largement le contraire pour rétablir une vérité qui n’absous aucunement la remise en cause de dirigeants ambigus et laxistes avec l’exigence démocratique. Notre nation se déchire dans des fractions déshonorantes conduisant à la plus basse éthique. Nuire et détruire son adversaire est tristement le monopole des couards et des sauvages.

Georges Chabrier

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