Le mondial 2026 restera dans les annales du football. C’est une certitude, en regard de sa démesure financière, de ses aberrations et, pour le talentueux élu, par son résultat. Notre France, séduisante et unie, espère en une troisième étoile, glorieuse distinction dont pourrait s’enorgueillir le « Chêne » ou, plus familièrement, la « Dèche », Didier Deschamps, avant de tirer sa révérence. De bataille en bataille, nos bleus progressent et mobilisent, générant dans leur conquête l’enthousiasme et l’ivresse écornés par la morosité ambiante du début de l’été. Une véritable « pause fraîcheur » en ces temps chaotiques marqués par nos crises institutionnelles et l’incandescence de la planète. Qu’on aime ou pas, le foot, comme le sport en général, est un vecteur rare de cohésion et de rassemblement, d’accomplissement d’une promesse commune tenue. Réjouissons-nous de ces opportunités que procure plus assidûment la culture dans sa dimension universelle, sa capacité à stimuler le développement durable de la diversité, de la créativité et de la connaissance. Et, parfois, au détour de quelques servitudes imposées par les circonstances d’un événement exceptionnel, d’une canicule incommode, elle se révèle dans le froid doux et modéré d’une salle de cinéma. Comme dans ce diptyque historique consacré à celui qui sauva l’honneur de la France, refusa toute promotion pour garder son rang de général de brigade et ses deux étoiles. « La Bataille de Gaulle – l’âge de fer (1ᵉʳ volet) et j’écris ton nom (2ᵉ volet)» est une saga écrite par le réalisateur Antonin Baudry, ancien diplomate et « plume » de Dominique de Villepin, au ministère des Affaires étrangères.
Un homme d’État
Le film tarda à trouver un écho comme, en quelque sorte, le fameux appel à la résistance du 18 juin 1940 émis depuis l’Angleterre. La « France libre » était née, imposée aux alliés, à Churchill et Roosevelt, aux collaborateurs de Pétain soumis aux envahisseurs. Le destin de cet homme hors normes est magnifiquement porté par un récit épique et intime dont l’audience ne cesse de croître. Salué unanimement par la critique, boosté par le bouche-à-oreille, le film se découvre et se revoit en famille, entre amis, dans une résonance particulière. Très contemporaine, en ces temps où notre pays se cherche, se détache d’une classe politique à laquelle il n’accorde plus sa confiance, car trop éloignée des valeurs d’unité, de courage, dépourvue d’une ambition visionnaire. À l’unisson et au gré des conjonctures, elle se réfère pourtant régulièrement au leader audacieux et fédérateur. « Un homme politique, c’est un homme qui fait des discours. « Un homme d’État, c’est un homme qui écrit l’Histoire » disait le général de Gaulle. À moins d’un an des élections présidentielles, les candidats et les proclamations abondent, les bassesses et les trahisons mûrissent dans la fournaise d’affrontements dérisoires. Comme « Anne, ma sœur Anne », nous ne voyons rien venir pour éviter le pire et distinguer, dans les brumes de la chaleur, l’homme d’État taillé pour ajouter quelques nobles lignes à notre grande Histoire.
Georges Chabrier
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