L’édito du Kiosque : PME cherche repreneur

À ce jour, 30 candidats aspirent à la plus haute responsabilité de l’État. La quantité, souvent, s’oppose à la qualité recherchée pour sortir noblement le pays de la crise.

Notre Ségolène Royal a perdu en deux sets au tournoi qualificatif de l’Open de France dont on consacrera le champion le 2 mai 2027. Elle ne figurera donc pas à l’ouverture du tableau final pour disputer la compétition féminine à sa vieille rivale et n° 1 nationale, Marine Le Pen. Dépitée, elle a, du bout des lèvres, consenti à apporter son soutien au « stagiaire », futur « rassembleur de la gauche ». Autant lire à un fédérateur plus à même que… Raphaël Glucksman, porte-drapeau de sa délégation. Aujourd’hui, pourtant, le favori, c’est lui, habilement désigné par ses fans dans une primaire mortifère pour Faure et son PS expirant. Feue candidate, Ségolène nous reviendra sûrement pour planter quelques banderilles dans le garrot du combattant désormais challengé par Natacha Polony, jeune novillera sur le sable mouvant d’une arène politique survoltée. « La situation m’oblige (…) je ne peux pas continuer à regarder mon pays s’effondrer », a déclaré l’ancienne directrice de la rédaction de Marianne, journaliste et essayiste engagée pour « rassembler les orphelins de la politique ». Une mauvaise nouvelle pour le représentant de Place publique, contraint de partager un espace déjà restreint par l’omnipotence de la France insoumise et de ses alliés.

Noblesse et vertu

Quelques points de moins dans les sondages taquineraient par ailleurs les appétits de gloutons non encore rassasiés et toujours à l’affût. Les non déclarés, tels François Hollande ou Dominique de Villepin, les « anges gardiens » de notre République cabossée, dégradée et malmenée par l’exercice d’un pouvoir totalement défaillant. Désormais, l’argent manque pour panser artificiellement les plaies profondes de notre État et la rue, justement, gronde de plaintes accumulées, de menaces convergentes. Malgré tout, ils se bousculent au portillon pour postuler à la reprise de cette PME (Post-Macronienne Entreprise) mal gérée, en banqueroute aggravée par les tourments d’une conjoncture géopolitique et économique défavorable. À ce jour, ils sont 30 à batailler sur l’accessoire, en regard de leurs clientèles, de fonds de commerce spécialisés et étriqués. 30 voix discordantes et incohérentes avec l’unité et le cap auxquels aspirent les citoyens français. Les ambitions sont plurielles mais trop souvent dépourvues des vertus et de la noblesse qu’exigerait la situation du pays, de la hauteur et de la grandeur qui échappent aux petites âmes, pas aux figures de proue.

Georges Chabrier

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