« Ces derniers jours, des lycéens se sont mobilisés dans notre département pour faire entendre leurs voix. De graves débordements ont eu lieu en marge de ces rassemblements, ils doivent être sanctionnés. Néanmoins, ces incidents ne doivent pas occulter l’essentiel. Parce que le soulèvement spontané des masses n’existe pas. Parce que la force de ces rassemblements repose toujours sur des réalités sous-jacentes. Depuis le milieu des années 1990, l’Éducation est l’un des postes de dépenses publiques dont le poids dans le PIB a le plus diminué. Pourtant, dans le même temps, pour d’autres budgets, ce poids augmente. C’est le cas du ministère de l’Intérieur et celui de la Défense. Nos enseignants sont moins payés que dans de nombreux pays européens. Certains lycées sont vieillissants et souvent inadaptés au dérèglement climatique. Tout cela démontre l’absence d’ambition pour l’avenir de la jeunesse. Elle le ressent chaque jour. La crise du Covid-19 a constitué un véritable tournant pour la santé mentale des jeunes, dont la dégradation s’est largement accentuée sous l’effet des bouleversements familiaux et sociaux.
L’ampleur du soulèvement populaire traduit également l’absence de canaux d’expression pourtant essentiels à cette jeunesse. Aujourd’hui elle nous fait part de sa détresse dans les rues faute d’alternatives satisfaisantes. En démocratie, les réponses autoritaires ne sont jamais une solution. À ce titre, des pratiques scandaleuses ont donné lieu à des violences policières d’une gravité éloquente, elles doivent être également sanctionnées. Il est urgent, dans cette période de tumultes, d’ouvrir le débat sur les priorités de notre pays : enseigner dans de bonnes conditions, accompagner les familles, offrir un avenir durable. Pour nous c’est clair : la jeunesse demeure notre priorité !
Nous le voyons bien cette semaine sur notre territoire, à travers les blocus qui ont lieu aux portes de l’Université d’Angers, la mobilisation dépasse les seuls lycéens. Cette jeunesse n’a que faire de notre mille-feuille administratif. Peu lui importe qui de l’État, de la Région, du Département est compétent pour son collège, son lycée ou son université. Elle attend de nous que nous soyons à la hauteur de ses enjeux. Nous devons construire un véritable continuum éducatif et du bien-être scolaire, de la maternelle au supérieur ! »
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