Cette mesure, qui complète l’arsenal législatif existant, est prise à la veille des vacances scolaires et de la période estivale riche en festivités. Elle s’inscrit dans une démarche de prévention visant à protéger les personnes et à réduire les nuisances liées à l’abandon de contenants dans l’espace public. Elle s’applique sur l’ensemble du département depuis le 20 juin 2026. « De nouvelles mesures sont en vigueur du 20 juin au 20 septembre pour protéger la santé, la sécurité et l’environnement en Maine-et-Loire », indique la préfecture qui encadre désormais l’usage du protoxyde d’azote sur la voie publique. En effet, selon le préfet, François Pesneau, « l’usage du protoxyde d’azote est en hausse. Il peut entraîner des pertes de connaissance, des troubles neurologiques, des risques d’asphyxie, des accidents de la circulation, des atteintes graves à la santé. » Il est donc, durant cette période estivale, interdit de consommer, de détenir ou transporter du protoxyde d’azote à des fins récréatives dans l’ensemble du département. Il est également interdit d’abandonner des cartouches, bouteilles ou bonbonnes dans l’espace public. « Les forces de l’ordre peuvent constater les infractions et saisir les contrevenants concernés », indique le préfet.
Protoxyde d’azote au volant : un nouveau baromètre confirme l’urgence d’un outil de dépistage
Un baromètre Ipsos réalisé pour la Macif, dévoilé vendredi 19 juin, confirme l’ampleur du phénomène : plus d’un jeune sur dix (12%) déclare avoir déjà consommé du protoxyde d’azote, et parmi les consommateurs réguliers, 43% ont déjà conduit après en avoir inhalé. Un quart d’entre eux rapportent avoir eu un accident de la route sous l’emprise de ce « gaz hilarant », en voiture, à vélo ou à trottinette. Ces chiffres viennent confirmer, à quelques semaines d’intervalle, le constat dressé par le gouvernement dans son projet de loi contre la délinquance et la criminalité organisée, qui prévoit de créer un délit spécifique de conduite sous emprise du protoxyde d’azote. Le baromètre, mené en ligne du 23 avril au 15 mai 2026 auprès de 3 500 jeunes de 16 à 30 ans, dresse un constat sans appel sur le lien entre consommation de protoxyde d’azote et prise de risque au volant. La moitié des consommateurs réguliers déclare avoir déjà eu au moins une perte de contrôle après en avoir consommé. Un quart rapporte un accident de la route sous emprise. Un constat qui rejoint les conclusions de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), qui pointait déjà 3 260 morts sur les routes en 2025, en hausse de 2,1% par rapport à 2024, et qui désigne le protoxyde d’azote comme l’un des facteurs aggravants de cette hausse. Une étude de l’association 40 millions d’automobilistes a par ailleurs montré que la consommation de protoxyde d’azote multiplie par trois le temps de réaction des conducteurs : vertiges, désorientation, perte de réflexes sont autant de facteurs qui augmentent considérablement le risque d’accident, sans laisser de trace détectable lors d’un contrôle classique. Le baromètre confirme également un paradoxe préoccupant : si 80% des jeunes savent que le protoxyde d’azote peut affecter leur capacité à conduire, 32% des consommateurs estiment qu’une consommation occasionnelle ne présente aucun danger. Face à ces constats, 85% des jeunes se disent favorables à un durcissement de la législation, un signal fort qui rejoint les annonces du gouvernement.
La vente du protoxyde d’azote interdite ?
La commission des lois de l’Assemblée nationale a commencé l’examen lundi en première lecture du projet de loi « Ripost » du gouvernement, rejetant de justesse ses deux premiers articles, dont celui très contesté visant à lutter contre les free parties et l’article premier du projet de loi, qui vise à prévenir l’utilisation détournée des produits explosifs et articles pyrotechniques, notamment lors de violences urbaines. Les débats de la commission des lois doivent se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine, avec plus de 700 amendements déposés sur ce texte éclectique, qui propose un arsenal de mesures pour lutter contre les rodéos motorisés, les violences dans les stades ou les ravages du protoxyde d’azote. Comme au Sénat, où le texte a été adopté sans encombre le 26 mai, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a défendu devant les députés un « choc d’autorité » et « d’efficacité » face aux troubles à l’ordre public. La gauche a elle promis de batailler pied à pied. Le député PS Roger Vicot a fustigé un texte qui « pose un certain nombre de bonnes questions« , mais apporte de « mauvaises » solutions. Il a regretté notamment que le gouvernement « généralise » les « amendes forfaitaires délictuelles » (AFD), qui permettent de sanctionner d’une amende des délits. Le RN a lui déposé de nombreux amendements destinés à durcir encore le texte. Se félicitant d’une « victoire idéologique du Rassemblement national », avec des « mesures copiées dans le programme de Marine Le Pen », le député Michaël Taverne a promis de continuer à « améliorer » la copie gouvernementale, laissant augurer un vote pour. Le gouvernement a déposé plusieurs amendements, dont l’un prévoit la création d’une peine complémentaire de suspension du permis de conduire en cas d’usage illicite de stupéfiants, et un autre de sanctionner éventuellement par une AFD le non-respect d’une interdiction administrative de stade. Lors de son audition devant les députés, M. Nuñez s’est par ailleurs dit favorable au fait d’interdire la vente de protoxyde d’azote aux particuliers, tout en souhaitant qu’elle ne s’applique qu’à compter du 1er février 2027, « date à laquelle une telle mesure sera conforme au droit de l’Union européenne ».
Avec AFP
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