Cet épisode survient quelques jours après une canicule historique qui a oppressé des centaines de millions d’habitants en Europe, de l’Espagne à la République Tchèque, en passant par la France, l’Allemagne, le Danemark et la Pologne. Elle s’annonce toutefois moins intense. Fin mai, la France a connu un épisode de chaleur inédit pour cette période de l’année, avec de nombreuses maximales locales historiques pour ce mois. Et le mois dernier a été le mois de juin le plus chaud jamais connu en France, avec des températures qui ont largement dépassé 40°C dans de nombreuses régions. Seize départements ont été placés en vigilance orange canicule lundi dans le Sud et l’ouest, a indiqué dimanche Météo-France soit davantage que dimanche, entrevoyant une « très probable » extension à d’autres. Au nord, les températures seront souvent proches des 31 à 35°C, la capitale ayant été placée en vigilance jaune à partir de lundi midi, comme 42 autres départements.
Motion de censure
Plusieurs dizaines de scientifiques français, rejoints par des économistes et des personnalités, réclament « une loi d’urgence climatique » dans une tribune, face à ce qu’ils qualifient d' »emprise de l’industrie fossile« , responsable du réchauffement climatique à l’origine de la multiplication des vagues de chaleur. « Nous sommes collectivement traumatisés par les dix jours de canicule dont nous sortons », écrivent les auteurs de cette tribune publiée dans le journal Le Monde, et signée notamment par les climatologues Christophe Cassou, Valérie Masson-Delmotte et le paléoclimatologue Jean Jouzel. Comme lors de la précédente vague de chaleur, cette hausse des températures devrait faire monter la fièvre sur le plan politique, d’autant qu’une motion de censure déposée par le groupe écologistes à l’Assemblée nationale est examinée lundi. Elle vise le gouvernement de Sébastien Lecornu, à qui les députés écologistes reprochent d’avoir « aggravé » les « vulnérabilités du pays » face au changement climatique et aux épisodes caniculaires. Dimanche, le Premier ministre a répondu à une partie des demandes des socialistes, en annonçant l’inscription au Sénat d’une proposition de loi sur l’adaptation au changement climatique, mais sans accéder à leur demande de hausse du Fonds vert, selon un courrier consulté par l’AFP. Des critiques virulentes avaient émergé de la part de l’opposition durant la canicule de juin, accusant le gouvernement d’avoir été trop lent à déployer les investissements nécessaires à l’adaptation, notamment à l’école ou dans les hôpitaux, des lieux qui ont fortement souffert. Le gouvernement a de son côté mis en avant son bilan, à travers notamment la création du fonds vert en 2023 pour financer les projets des collectivités territoriales destinés à accélérer la transition écologique, mais dont les dotations ont été lentement réduites.
Préparation
Les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, ont montré les climatologues. Ces vagues de chaleur sont appelées à se multiplier, s’allonger et s’intensifier. Du côté des secteurs vulnérables, la préparation est de mise pour cette troisième alerte en moins de six semaines. La situation justifie « de rester en alerte » a dit Nicolas Revel, le directeur général des hôpitaux publics parisiens (AP-HP) au journal Le Monde, d’autant que « nous entrons dans la période des vacances des soignants », ce qui conduit l’hôpital à réduire le nombre de lits ouverts, a-t-il ajouté. Bien qu’elle paraisse moins intense que l’épisode précédent, cette hausse des températures est aggravée par l’arrivée d’incendies, notamment dans les Pyrénées-Orientales où 10.000 habitants devaient évacuer dimanche soir. Les évacuations portent sur la ville d’Ille-sur-Têt et le massif des Aspres, face à un incendie qui a parcouru plus de 1.650 hectares en 24 heures, et blessé un habitant et un sapeur-pompier. Prévue de Granollers, en Espagne, aux Angles, dans les Pyrénées-Orientales, la troisième étape du Tour de France se déroulera « sans public » dans sa partie française, en raison de la mobilisation des secours, a annoncé le préfet dimanche. L’incendie qui s’est déclaré dimanche en milieu de journée dans le Gard et semblait fixé dimanche soir a parcouru lui plus de 540 hectares autour de Lédenon et de l’autoroute A9 dimanche soir, et blessé un pompier.
Avec AFP
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