En fin de semaine dernière, les lycéens se sont mobilisés pour faire entendre leurs revendications (remplacement des professeurs absents, Effectifs trop importants, meilleurs conditions d’accueil, réduction de l’amplitude horaires, révision du dispositif Parcoursup…). En marge de ces mobilisations, des violences et dégradations ont eu lieu dans plusieurs établissements de la Région. « La Région des Pays de la Loire condamne avec la plus grande fermeté les violences et dégradations commises ces derniers jours contre les lycées de la Région. Agressions contre les personnels, intrusions, incendies, tirs de mortier, dégradations de bâtiments et d’équipements : ces actes n’ont rien à voir avec l’expression de revendications légitimes et frappent directement les élèves, les personnels et les familles », souligne la collectivité, compétente en matière de lycée.
Au moins 3 millions d’euros de dégradations
Près de 40 établissements ont été concernés, à divers degrés, par ces violences sur l’ensemble du territoire régional selon la collectivité. À ce stade, 12 lycées ont subi des dégradations importantes. « Les premières estimations font état d’un coût global de remise en état d’au moins 3 millions d’euros, montant qui devra être confirmé par les expertises en cours et à venir », indique la Région Pays de la Loire. Elle détaille également les établissements les plus touchés et les dégâts recensés :
– Lycée Nelson Mandela (Nantes) : hall d’entrée incendié, accueil détruit, établissement fermé ;
– Lycée Paul-Émile Victor (Avrillé) : clôtures abattues, intrusion d’une centaine de casseurs, bâtiment administratif saccagé puis incendié, systèmes de sécurité hors service, matériel et mobilier détruits ;
– Lycée Carcouët (Nantes) : grilles et portes défoncées, nombreux vitrages détruits, ordinateurs et équipements de sécurité endommagés ;
– Lycée Jean Perrin-Goussier (Rezé) : tirs de mortier, vitres brisées, évacuation de l’établissement dans un climat qualifié d’insurrectionnel ;
– Lycée Michelet (Nantes) : intrusion, portails vandalisés, grille arrachée et véhicules régionaux dégradés ;
– Lycée La Colinière (Nantes) : portail, portillon et vitres fortement endommagés ;
– Lycée Albert Camus (Nantes) : portail, portillon et vitrages fortement endommagés ;
– Lycée Gaston Lesnard (Laval) : entrée de l’établissement détruite, barrière et système de contrôle d’accès endommagés ;
– Lycée Henri Dunant (Angers) : grillage arraché nécessitant une mise en sécurité immédiate du site ;
– Lycée Monge-La Chauvinière (Nantes) : portail défoncé, tentative d’intrusion et départ de feu ;
– Lycée André Malraux (Allonnes) : portails et clôtures endommagés par des feux de poubelles ;
– Lycée Aristide Briand (Saint-Nazaire) : intrusion dans l’établissement, départs de feu et dégradations des accès.
Les parents doivent payer pour les mineurs
La Région se dit mobilisée aux côtés des chefs d’établissement, des personnels et du Rectorat pour assurer la continuité du service public d’éducation, sécuriser les sites touchés et engager les réparations dans les meilleurs délais. Elle déposera systématiquement plainte lorsque des dégradations ou des violences seront constatées et accompagnera les agents victimes d’agressions dans l’exercice de leurs fonctions. « La Région attend que la justice, conformément aux demandes du Garde des Sceaux, engage la responsabilité civile des parents dont les enfants mineurs auront été reconnus coupables de dégradation. Il n’y a aucune raison que la collectivité, et à travers eux les contribuables, paient le prix du vandalisme », conclut la Région.
Guillaume Garot dénonce le « silence assourdissant de Christelle Morançais »
Guillaume Garot, Député de la Mayenne, conseiller régional et président du groupe d’opposition du Printemps des Pays de la Loire déplore le silence de la présidente de la Région Pays de la Loire, Christelle Morançais, sur les raisons de cette contestation lycéenne au-delà de la condamnation des actes de violences. « Ces derniers jours, les lycéens se mobilisent face à la dégradation de leurs conditions d’études. Classes surchargées, professeurs absents non remplacés, bâtiments vétustes où il fait trop froid l’hiver et trop chaud l’été : c’est la réalité vécue par de nombreux élèves de notre Région. Face à cette mobilisation, Christelle Morançais, présidente de la Région, s’est exprimée une seule fois pour dénoncer les violences. Depuis : silence radio. Pas un mot sur les causes de la colère. Pas un mot sur les revendications. Pas un mot sur l’état réel de nos lycées. Les violences qui émaillent cette mobilisation ont été condamnées par les lycéens eux-mêmes. Je les condamne avec eux, sans réserve. Mais ces débordements ne sauraient masquer les raisons de la mobilisation : des revendications justes, portées par une jeunesse qui demande simplement des conditions d’études dignes. Le silence de Christelle Morançais, présidente de notre Région, est incompréhensible et assourdissant. Elle ne peut fuir ses responsabilités : la Région est responsable de la construction et de l’entretien des lycées. Il ne suffit pas de condamner les violences, il faut aussi rendre compte de ses actions. Dix ans que Christelle Morançais est à la tête de cette Région. Dix ans qu’Emmanuel Macron, dont Édouard Philippe a été le Premier ministre, est au pouvoir. Dix ans, donc, de responsabilité partagée entre la droite et les macronistes. Pour quels résultats, avec un classement PISA où la France dégringole ? De nombreux lycées attendent d’être rénovés sans qu’on sache aujourd’hui comment seront utilisés les crédits de la Région, selon une programmation pluriannuelle. Les opérations sont annoncées année après année, sans vision d’ensemble jusqu’en 2030. Je demande à la présidente de Région de sortir de son silence et d’ouvrir le dialogue avec les élèves, les enseignants, les parents d’élèves, les agents et toute la communauté éducative, dans le cadre de la Stratégie d’Investissement dans les Lycées. Il est impératif de mener une véritable concertation pour définir les choix et les priorités à engager après l’été caniculaire 2026 : il s’agit de déterminer les rénovations urgentes et nécessaires et leur calendrier de mise en œuvre. C’est une question de transparence. Christelle Morançais ne peut se contenter d’un tweet : elle doit écouter et agir pour l’avenir de nos lycéens. »
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