Christelle Morançais a confié à l’Inspection générale de la Région* la mission d’évaluer les conséquences de l’arrêt des subventions de fonctionnement dans le domaine culturel, en particulier dans le secteur du spectacle vivant, au profit des efforts d’investissement. « La mission a cherché à évaluer, en s’appuyant sur une méthodologie et des données objectives : Ce que représente la diminution du financement régional au regard du total des aides attribuées au secteur culturel par l’Etat, les communes ou les départements ; Et, en conséquence, les impacts de cet arrêt sur les emplois et la programmation culturels », indique la Région. Dans un souci de transparence à souligner, Christelle Morançais a décidé de publier la synthèse de ce rapport, et d’en communiquer l’intégralité à l’ensemble des élus du Conseil régional**. « En 2025, la diminution du financement régional à la culture s’est chiffrée à 4,88 millions d’euros, soit 0,8% du total de l’ensemble des subventions publiques versées au secteur culturel dans les Pays de la Loire (qui s’élevaient à plus de 611,36 millions d’euros en 2024). A terme, l’arrêt des subventions à la culture, qui s’échelonne sur 3 exercices budgétaires, atteindra 13,74 millions d’euros, soit 2,25% de l’ensemble des aides publiques perçues », précise la collectivité.
Quid du véritable « plan social dans la culture » évoqué et dénoncé par les oppositions et le monde la culture qui a indiqué souffrir directement de ces baisses de subvention qui ont pu nuire au modèle économique et à la pérennité de celui-ci ? « S’agissant de l’emploi culturel, avec les réserves qu’impose le faible recul dont nous disposons, on observe – de façon sans doute contre-intuitive – une augmentation de 3% du nombre d’intermittents en activité en mars 2026 par rapport à mars 2024 (contre une baisse de 2% à l’échelle nationale sur la même période, soit 439 intermittents supplémentaires sur la période en Pays de La Loire). Quant aux emplois en CDI ou en CDD dans le domaine du spectacle vivant et de l’audiovisuel, ils diminuent – 103 emplois en 2 ans –, mais à un rythme identique à celui observé à l’échelle nationale, soit une baisse de près de 3% sur deux ans. A ce stade, il est impossible d’établir un quelconque lien de cause à effet entre les choix budgétaires de la Région et les évolutions de l’emploi culturel dans les Pays de la Loire, et moins encore d’évoquer un « plan social dans la culture » », estime la présidente de Région.
Des baisses à relativiser selon la majorité régionale
Enfin, s’agissant des impacts observés sur la programmation culturelle, la Région tient à rappeler qu’elle subventionnait 442 porteurs de projets, soit 10% des 4400 employeurs du secteur culturel régional. « Sur ces 442 structures, 43 ont perdu une subvention qui représentait plus de 15% de leur budget, 120 ont perdu une aide qui représentait moins de 10% de leur budget et 243 ont perdu une subvention qui représentait moins de 5% de leur budget. A ce jour, seules 4 de ces structures ont cessé leurs activités – dont une pour des motifs d’ordre pénal –, soit légèrement moins que le taux moyen de renouvellement des structures culturelles observé d’une année sur l’autre (11%). A ce stade, il n’est pas non plus possible d’établir un lien de cause à effet entre les choix budgétaires de la Région et une baisse globale d’offre ou de fréquentation culturelle dans les Pays de la Loire. »
Un impact limité
In fine, pour la Région Pays de la Loire, il ressort de ce rapport d’évaluation que l’arrêt des subventions régionales au secteur de la culture ne pèse que de façon restreinte, sinon « marginale » : « à la fois sur la masse des subventions publiques versées au secteur culturel ; mais aussi sur le budget des structures jusqu’alors subventionnées par la Région, puisque 90% d’entre elles l’étaient à moins de 15%. Par conséquent, l’impact observé à ce jour sur les emplois et la programmation culturels ne peut qu’être très limité. Par ailleurs, grâce aux économies de fonctionnement réalisées, les investissements, parallèlement renforcés par la Région, produisent un effet de levier sur l’économie régionale qu’il faut également prendre en compte. »
* L’Inspection générale n’est pas soumise à l’autorité hiérarchique de l’administration régionale. Elle apporte, dans un cadre déontologique et méthodologique normé, une expertise neutre et indépendante aux élus de la Région sur les questions relatives à la maîtrise des risques, à l’éthique et à l’évaluation des politiques publiques.
S'inscrire gratuitement à la newsletter
Nous contacter
Lettre d'infos
écrire
communiquer Copyright © IGNIS Communication Tous droits réservés
