Pays de la Loire. « En pleine crise lycéenne, la Région baisse les budgets des lycées publics », déplorent les élus écologistes

Alors que les lycéens, les enseignants, les chefs d’établissement et les parents d’élèves se mobilisent pour défendre des conditions d’enseignement dignes et équitables, la Région prévoit de réduire les crédits de fonctionnement des lycées publics en 2027. Le groupe L’Écologie Ensemble dénonce cette décision et demande au contraire 10 millions d’euros supplémentaires pour le fonctionnement et de prioriser les investissements dans les lycées publics.

Pour Lucie Etonno, présidente du groupe l’Écologie Ensemble (Les Écologistes), “Christelle Morançais agit en totale opposition avec les attentes exprimées par les élèves, professeurs et parents d’élèves. Elle qui est pourtant si prompte à annoncer partout faire de la jeunesse sa priorité démontre une fois encore que ce ne sont que des mots jetés en l’air. La réalité est toute autre. La Région Pays de la Loire est la troisième Région métropolitaine qui investit le moins dans ses lycées ! Pire, elle baisse les budgets de fonctionnement des lycées en pleine crise lycéenne et alors que les charges augmentent. Notre groupe demande donc que la Région mette sur la table 10 millions d’euros en plus sur le fonctionnement des lycées publics en 2027 et 1,5 millions supplémentaires pour la fin de l’année. ” En effet, pour l’année 2027, ce sont 400 000 € en moins qui seront inscrits pour accompagner les lycées publics à assurer leur entretien et le fonctionnement des locaux, mais également pour financer des projets pédagogiques. Cette baisse est un très mauvais signal envoyé d’autant que les EPLE sont déjà sur le fil du rasoir et confrontés, depuis l’introduction du principe de fongibilité, à choisir entre financer une sortie scolaire ou chauffer leur établissement. Franck Nicolon, (Les Écologistes), ajoute : “En ce qui concerne l’investissement dans les lycées publics, notre groupe a demandé dès la session de juin des budgets dédiés pour les travaux, la rénovation énergétique et le confort thermique. La majorité nous a ri au nez en parlant de “gadget”.  Les lycéen.nes et encadrant.e.s en payent les conséquences aujourd’hui. Pour accélérer les investissements urgents dans les lycées publics, nous demandons désormais qu’un principe de priorisation guide les financements publics. La majorité régionale doit réorienter les aides facultatives à l’investissement fléchées pour les travaux des lycées privés vers les travaux d’investissements pour les lycées publics qui, eux, sont obligatoires.” La Région ne peut pas tout. L’Etat doit également agir, écouter les revendications lycéens et y accéder selon les élus écologistes. C’est ce que le groupe l’Écologie Ensemble défendra dans un vœu au conseil régional : des moyens pour l’éducation nationale pour qu’elle puisse tenir sa promesse d’égalité républicaine.

« Les Ecologistes et LFI doivent cesser d’instrumentaliser notre jeunesse »

A ces accusations, André Martin, Vice-président de la Région des Pays de la Loire en charge des lycées et de la formation initiale rétorque : « Assez de contrevérités, assez de provocations, assez de leçons de morale. Alors que nos lycées traversent des semaines de violences et de saccages, les élus écologistes et LFI multiplient les chiffres tronqués et les discours anxiogènes. Ils attisent les tensions au lieu de protéger nos jeunes. Cette instrumentalisation est irresponsable. Les faits sont simples. Nous investissons près de 1 500 € par lycéen, soit 35% de plus que la moyenne des Régions. Nos investissements ont augmenté de 30 % en trois ans. Nous avons construit cinq nouveaux lycées et engagé 850 millions d’euros pour moderniser nos établissements d’ici 2030. Et
jeudi, nous proposons encore 10 millions d’euros supplémentaires pour accélérer les travaux. Avant de donner des leçons, Mme Etonno et M. Nicollon devraient se souvenir du bilan de l’ancienne majorité socialiste-écologiste : des opérations non financées, un retard considérable, et que nous avons dû combler avec 100 millions d’euros d’investissements supplémentaires. Voilà ce que signifie agir pour nos lycées. Quant aux 400 000 € de fonctionnement brandis pour crier au scandale, ils représentent 1 % d’une enveloppe de plus de 40 millions d’euros, notamment grâce à la baisse des dépenses d’énergie. Il
fallait oser : des écologistes qui nous reprochent… de payer moins cher nos factures d’énergie. Puisqu’ils veulent parler d’argent public, parlons-en. Qui va payer les millions d’euros de dégâts causés par les incendies et les saccages ? Qui va financer les plusieurs millions d’euros nécessaires pour remettre en état le lycée Nelson Mandela, incendié sous les yeux d’un élu LFI ? Ces millions, nous aurions préféré les consacrer à améliorer les conditions d’études, pas à réparer ce que des casseurs ont détruit. La jeunesse a le droit de manifester, mais aussi celui d’étudier en paix. La responsabilité des élus est de garantir ce droit, pas d’attiser les tensions. Les revendications doivent être entendues, mais elles ne justifient ni les violences, ni les discours alarmistes. Notre jeunesse n’a pas à servir de carburant aux affrontements politiques. Elle a un avenir à construire, pas le chaos à subir. Alors oui, nous le disons clairement : gardez vos leçons de morale. Pendant que vous multipliez les polémiques, nous investissons, nous construisons et nous rénovons. Notre jeunesse a besoin d’actes, pas de slogans. »

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