Du 15 janvier à la fin mars le recensement de la population se déroule dans 8000 communes, comme à Saumur ou Chinon par exemple. Si vous habitez un des lieux recensés, vous aurez à répondre au questionnaire. « Le recensement de la population fournit des informations essentielles aux politiques publiques. Y répondre est donc important », soulignent en préambule les organisations. Elles invitent par ailleurs à « répondre au recensement de la population, mais, ne répondez pas à la question 7 sur le pays de naissance de vos parents nés à l’étranger ». Cette question, ajoutée en 2025, est facultative et il n’est donc pas obligatoire d’y répondre. « En France, comme dans tous les pays du monde, les questions du bulletin individuel du recensement concernent notre situation personnelle : notre sexe, notre date de naissance, notre lieu de naissance, notre nationalité, mais aussi sur notre logement, notre profession… Depuis l’an dernier, il y a une nouvelle question qui ne porte pas sur nous, mais sur nos parents, pour savoir de quel pays ils viennent s’ils sont nés à l’étranger. Nos organisations refusent que, dans le recensement, chacune et chacun d’entre nous, soit défini par le lieu de naissance de ses parents », précisent-elles.
A quoi sert cette donnée ?
Elles estiment que cette nouvelle question ne débouche sur aucun politique précise : « On nous a dit que c’est pour avoir de meilleures politiques contre les discriminations. Or, les pouvoirs publics n’ont rien annoncé. » Et d’ajouter : « Au contraire, l’an dernier, pendant le recensement, le ministre de l’Intérieur a déclaré « je ne voudrais pas que cette statistique débouche sur la discrimination positive ». Il disait donc qu’il s’opposait à son utilisation contre les discriminations. Par contre, il a ajouté « On a besoin de connaître les mouvements migratoires, alors pourquoi cacher la réalité ? ». De quelle réalité parle-t-il ? Est-ce que les enfants de personnes migrantes seraient aussi des migrants ? A l’écouter on peine à croire à une question posée pour le bien des personnes concernées. Cette question renforce les préjugés de ceux qui ne voient l’autre que par son origine géographique, génération après génération. Et il n’y a aucune proposition concrète d’utiliser cette question pour améliorer quoi que ce soit. Elle ne changera rien aux manques des politiques concrètes contre les discriminations. » Enfin, pour les signataires de cet appel, il existe de nombreuses autres enquêtes et études statistiques qui visent à mesurer les inégalités et les discriminations. Elles veulent voir ces connaissances « développées, mais surtout utilisées ! » Elles estiment que ce ne sont pas les données qui manquent, ce sont les « politiques publiques qui agissent vraiment dans tous les domaines : l’emploi, le logement, l’accès aux loisirs… »
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